L’un de ces deux condiments emblématiques l’emporterait clairement sur l’autre en termes de bénéfices pour la santé cardiovasculaire, selon une nutritionniste interrogée par Top Santé. Alors que le ketchup, souvent associé à une image saine grâce à sa base de tomates, cache une composition plus complexe qu’il n’y paraît, la mayonnaise, fréquemment pointée du doigt pour sa teneur en graisses, pourrait finalement présenter certains atouts. Les experts en nutrition s’appuient sur des données précises pour éclairer les consommateurs dans leur choix quotidien.
Ce qu'il faut retenir
- Le ketchup, bien que riche en lycopène (un antioxydant bénéfique), contient souvent des sucres ajoutés et du sel en quantité non négligeable.
- La mayonnaise, souvent critiquée pour son apport en graisses saturées, peut être préparée avec des huiles végétales de meilleure qualité, limitant ainsi ses inconvénients.
- Une nutritionniste de Top Santé souligne que l’impact cardiovasculaire dépend avant tout de la composition globale du produit, et non de l’ingrédient principal.
- Les deux condiments peuvent être consommés avec modération, mais leur choix doit s’inscrire dans une alimentation équilibrée.
Le ketchup, un condiment aux atouts trompeurs
Avec une base de tomates, le ketchup bénéficie d’une réputation de produit sain, notamment grâce à la présence de lycopène, un pigment naturel doté de propriétés antioxydantes. Pourtant, comme le précise Top Santé, sa composition réelle est bien plus nuancée. «
Le ketchup industriel contient généralement des sucres ajoutés, parfois en quantité équivalente à celle d’un dessert, et une teneur en sel qui peut dépasser 1 gramme pour 100 grammes de produit», explique une nutritionniste interrogée par le média. Autant dire que son image de condiment diététique s’effrite dès lors qu’on examine son étiquette de près.
Les recommandations des autorités sanitaires limitent la consommation de sucres ajoutés à moins de 50 grammes par jour pour un adulte. Or, une portion de 30 grammes de ketchup peut en contenir jusqu’à 6 grammes, soit plus de 10 % de l’apport journalier maximal recommandé. Côté sel, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise de ne pas dépasser 5 grammes par jour. Un simple sachet de ketchup servi dans les fast-foods en contient déjà près de 0,3 gramme, ce qui peut rapidement s’accumuler dans une journée.
La mayonnaise, un produit à double tranchant
Longtemps diabolisée pour sa teneur en graisses saturées, la mayonnaise pourrait, dans certaines versions, s’avérer moins nocive qu’on ne le pense. Selon Top Santé, tout dépend de la qualité des ingrédients utilisés. «
Une mayonnaise fabriquée avec de l’huile de colza ou de tournesol, riche en acides gras polyinsaturés, aura un impact cardiovasculaire bien moindre qu’une version industrielle à base d’huile de palme ou de tournesol raffiné», précise l’experte. Les graisses saturées, présentes en excès dans certaines mayonnaises, sont effectivement pointées du doigt pour leur rôle dans l’élévation du mauvais cholestérol (LDL).
Cependant, une mayonnaise « maison » ou issue de circuits de production soucieux de la qualité nutritionnelle peut contenir des huiles végétales de meilleure qualité. D’ailleurs, les données de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) indiquent que les acides gras mono-insaturés, présents dans certaines huiles utilisées en mayonnaise, pourraient avoir un effet neutre, voire bénéfique, sur le profil lipidique sanguin. Reste à savoir si les consommateurs ont les moyens de vérifier systématiquement la composition des produits qu’ils achètent.
Un choix qui dépend de l’équilibre alimentaire global
Pour trancher entre ketchup et mayonnaise, les nutritionnistes insistent sur un point fondamental : la modération et la fréquence de consommation. «
Ni l’un ni l’autre n’est à bannir, mais leur usage doit rester occasionnel dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée», souligne l’experte interrogée par Top Santé. Une portion de frites accompagnée de ketchup deux fois par semaine n’aura pas le même impact qu’une consommation quotidienne, surtout si le reste du régime alimentaire est déjà riche en graisses saturées ou en sucres.
Les recommandations officielles encouragent à privilégier les versions allégées ou maison des deux condiments. Par exemple, réduire la quantité de sel et de sucre dans une préparation maison permet de limiter les risques cardiovasculaires. De plus, associer ces condiments à des aliments riches en fibres, comme les légumes ou les céréales complètes, peut atténuer leur impact négatif sur la glycémie et le cholestérol.
En conclusion, le débat entre ketchup et mayonnaise ne se résume pas à une question de santé cardiovasculaire, mais à celle d’un équilibre alimentaire global. Les deux condiments ont leurs forces et leurs faiblesses, et leur impact réel dépend bien plus de la manière dont on les consomme que du produit lui-même.
Oui, des alternatives comme la moutarde, le yaourt grec nature ou la sauce au yaourt maison peuvent offrir des options plus légères, avec un apport réduit en graisses saturées et en sucres. La moutarde, par exemple, ne contient ni sucre ajouté ni graisse, et apporte une saveur relevée sans calories superflues.