Alors que les frappes russes sur la capitale ukrainienne se multiplient depuis plus de deux ans, la ville de Kiev dispose officiellement de **4 300 abris** censés protéger ses habitants en cas d’alerte aérienne. Pourtant, comme le rapporte Ouest France, ces infrastructures sont dans leur grande majorité soit insalubres, soit inaccessibles, voire les deux à la fois.
Ce qu'il faut retenir
- 4 300 abris sont recensés à Kiev pour se protéger des bombardements russes.
- La majorité de ces structures sont jugées insalubres ou inaccessibles par les habitants.
- Les problèmes incluent des portes bloquées, des espaces non entretenus ou des accès obstrués.
- Les autorités locales reconnaissent l’existence de ces difficultés, mais les solutions tardent à venir.
Des abris théoriquement nombreux, mais souvent inutilisables
Sur le papier, Kiev dispose donc d’un réseau dense de refuges potentiels. Pourtant, sur le terrain, la réalité est tout autre. « On nous dit qu’il y a des abris partout, mais quand on essaie d’y accéder, on se heurte à des portes rouillées, des escaliers en mauvais état, ou des pièces remplies d’ordures », témoigne une habitante de 35 ans sous couvert d’anonymat. Selon nos confrères de Ouest France, ces problèmes ne concernent pas quelques cas isolés, mais une large majorité des sites recensés.
Parmi les difficultés les plus fréquemment rapportées, on retrouve des accès bloqués par des gravats, des systèmes de ventilation hors service, ou encore des locaux squattés par des sans-abri. Dans certains quartiers, des abris situés en sous-sol des immeubles sont même condamnés par des travaux de rénovation non finalisés. « On a l’impression d’être abandonnés, alors que chaque sirène nous rappelle que la menace est bien réelle », ajoute un autre habitant.
Un manque d’entretien et des budgets insuffisants
Les responsables municipaux reconnaissent l’ampleur du problème, mais évoquent des contraintes budgétaires et logistiques pour expliquer ces défaillances. « Nous faisons de notre mieux avec les moyens dont nous disposons, mais l’entretien de 4 300 abris représente un défi colossal », a déclaré à Ouest France un porte-parole de la mairie de Kiev. Celui-ci a précisé que des travaux de rénovation avaient été engagés dans certains secteurs, mais que les retards s’accumulaient en raison de la priorité donnée à la reconstruction des infrastructures civiles endommagées par la guerre.
Autre obstacle majeur : la répartition inégale des abris. Les zones les plus densément peuplées, comme le centre-ville ou les quartiers résidentiels du nord, bénéficient d’une couverture relativement meilleure que les banlieues périphériques. Dans ces dernières, certains habitants doivent parcourir plusieurs kilomètres à pied pour atteindre un abri fonctionnel, un trajet risqué en cas d’urgence. « Quand la sirène retentit, on n’a pas le temps de chercher un endroit sûr. On se réfugie où on peut, souvent dans des caves privées ou des parkings souterrains mal sécurisés », confie une mère de famille.
Face à cette situation, certains habitants réclament une implication plus forte de l’État central. « La capitale est une cible privilégiée pour les Russes. Si les abris ne sont pas sûrs, c’est toute la stratégie de protection civile qui est remise en cause », a souligné un membre d’une association locale d’aide aux déplacés. De son côté, le gouvernement ukrainien n’a pas encore communiqué de mesures supplémentaires, se contentant de rappeler que la sécurité des civils restait une priorité absolue.
Selon Ouest France, les principaux problèmes sont liés à un manque d’entretien chronique, des accès obstrués, des locaux squattés ou en ruine, ainsi qu’une répartition inégale des structures entre les différents quartiers de la ville. Les contraintes budgétaires et la priorité donnée à la reconstruction d’autres infrastructures aggravent également la situation.