La carcasse de la baleine à bosse Timmy, dont le périple tragique a marqué l’actualité ces dernières semaines, a été acheminée vers une usine de traitement au Danemark, comme l’a confirmé un porte-parole de l’entreprise Daka Denmark à plusieurs médias. Selon Euronews FR, la dépouille de l’animal, morte après plusieurs échouages successifs dans la mer Baltique, est désormais prise en charge dans l’usine de Randers, où elle fera l’objet d’une valorisation intégrale.
Ce qu'il faut retenir
- La carcasse de Timmy a été transportée vers l’usine Daka Denmark à Randers pour traitement.
- Trois produits seront issus de sa valorisation : de l’eau purifiée, du biodiesel et de la biomasse.
- Certains os de la baleine rejoindront la collection scientifique du Musée d’histoire naturelle de Copenhague.
- L’autopsie a révélé la présence d’un morceau de filet de pêche dans son intestin, mais la cause exacte de sa mort reste indéterminée.
- L’odyssée de Timmy, ponctuée de cinq échouages, a duré plusieurs semaines avant son décès le 18 mai au large d’Anholt.
Une valorisation complète et méthodique de la carcasse
Dès son arrivée dans l’usine de Randers, la carcasse de Timmy va subir un processus de valorisation en trois étapes, comme l’a détaillé Daka Denmark à la presse. L’eau contenue dans les tissus de l’animal sera d’abord purifiée, puis rejetée dans un fjord voisin, conformément aux normes environnementales danoises. La graisse, extraite de la couche de lard du cétacé, sera transformée en biodiesel, une alternative énergétique qui sera ensuite commercialisée. Enfin, les restes solides – os, tendons et peau – seront broyés en une fine farine, utilisée comme biomasse dans une cimenterie, réduisant ainsi l’empreinte carbone du processus industriel.
Cette approche s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où aucun déchet n’est laissé de côté. « C’est une méthode éprouvée pour gérer les carcasses de grands mammifères marins, surtout lorsqu’elles présentent des risques sanitaires ou environnementaux », a expliqué un porte-parole de l’entreprise. Toutefois, une partie de la baleine échappera à ce traitement industriel. Dès vendredi dernier, avant le transfert de la dépouille hors de l’île d’Anholt, certains os – nageoires et bassin – ont été prélevés et confiés au Musée d’histoire naturelle de Copenhague, où ils intégreront la collection scientifique pour des études futures.
L’autopsie livre des réponses partielles, mais pas définitives
L’examen post-mortem, mené sur la plage d’Anholt pendant plusieurs heures, a permis d’écarter certaines hypothèses tout en en soulevant de nouvelles. Les biologistes ont d’abord confirmé un détail surprenant : Timmy était en réalité une femelle, contrairement à ce que laissait penser son prénom masculin. L’examen de son utérus a révélé qu’elle n’était pas gestante ces derniers mois, écartant ainsi une cause de décès liée à la reproduction. Autre découverte : un morceau de filet de pêche a été retrouvé dans son intestin. « Ce filet a pu contribuer à son état de détresse, en limitant ses mouvements ou en obstruant son système digestif », a indiqué la biologiste danoise Charlotte Bie Thøstesen lors d’une conférence de presse.
Cependant, l’autopsie n’a pas permis d’établir une cause de mort définitive. Les experts ont détecté la présence de parasites dans ses organes, mais ces derniers ne seraient pas responsables de son décès, selon les spécialistes cités par dpa. Le chercheur Peter Teglberg Madsen, spécialiste des cétacés, avait d’ailleurs mis en garde avant l’examen : la décomposition avancée du corps pourrait avoir masqué des signes d’hémorragie interne ou d’infiltration d’eau dans les poumons. Les résultats complets des analyses en laboratoire ne sont pas attendus avant plusieurs mois, laissant planer un doute sur les circonstances exactes de sa mort.
Une agonie de plusieurs semaines, marquée par cinq échouages
Le parcours de Timmy, débuté le 23 mars 2026 lorsque l’animal a été repéré en détresse sur un banc de sable au large des côtes allemandes, illustre les difficultés rencontrées par les cétacés dans une mer Baltique de plus en plus fréquentée par l’homme. Libérée de filets de pêche à cette occasion, la baleine, affaiblie, s’est échouée à cinq reprises sur les côtes allemandes, notamment dans la baie de Lübeck et au large de l’île de Poel. Son état de santé s’est rapidement dégradé, au point que des critiques avaient été formulées à l’encontre des opérations de sauvetage, jugées trop précoces.
Une initiative privée, financée par les entrepreneures Karin Walter-Mommert et Walter Gunz (fondateur de MediaMarkt), est intervenue fin avril. Grâce à un navire spécialisé, Timmy a été transportée vers la mer du Nord, puis relâchée le 2 mai 2026. Treize jours plus tard, le 15 mai, son corps était retrouvé flottant au large d’Anholt, une île danoise. « Il faut regarder l’ensemble de la situation, a déclaré le biologiste marin Fabian Ritter dans les colonnes de t-online. La cause de la mort, c’est une odyssée qui a duré de nombreuses semaines, ponctuée de cinq échouages successifs. Lors du premier échouage, son agonie avait déjà commencé. »
Des données de suivi encore en cours d’analyse
Pour tenter d’éclairer les derniers jours de Timmy, une balise GPS avait été posée sur elle par l’initiative de sauvetage. Le traceur a été retrouvé lors de l’autopsie, mais son analyse n’est pas encore aboutie. L’intégralité des données est entre les mains des organisateurs de l’opération, tandis que le ministère de l’Environnement du Mecklembourg-Poméranie occidentale n’a reçu, à ce stade, qu’une partie des informations. « Les données doivent être analysées de manière exhaustive dans les plus brefs délais, a déclaré une porte-parole du ministère à dpa. Dès que ce sera fait, le public sera informé des conclusions qui en découlent. »
Ces données pourraient notamment révéler les mouvements précis de la baleine après son relâchement, ainsi que les zones où elle s’est échouée. Leur publication est attendue avec attention, car elles pourraient apporter des éléments cruciaux pour comprendre les raisons de sa mort, alors que les causes officielles ne seront pas connues avant plusieurs mois.
En attendant, la valorisation de la carcasse de Timmy par Daka Denmark servira d’exemple pour les prochaines interventions similaires. Une méthode qui, si elle ne rendra pas justice à l’animal, permettra au moins de limiter l’impact écologique de sa disparition.
Le prénom Timmy avait été donné à l’animal lors de sa découverte en détresse, sans que son sexe ne soit immédiatement déterminé. Ce n’est qu’à l’occasion de l’autopsie, plusieurs semaines plus tard, que les biologistes ont confirmé qu’il s’agissait d’une femelle, comme l’a expliqué la biologiste Charlotte Bie Thøstesen.
Selon Daka Denmark, le processus limite au maximum l’impact écologique. L’eau purifiée est rejetée dans un fjord voisin après traitement, la graisse est transformée en biodiesel, et les résidus solides sont utilisés comme biomasse, évitant ainsi leur mise en décharge ou leur incinération classique. Une approche présentée comme exemplaire en matière d’économie circulaire.