La Banque des règlements internationaux (BRI) durcit le ton à l’égard des stablecoins, ces cryptomonnaies indexées sur des actifs traditionnels, et met en garde contre les dangers liés à l’intelligence artificielle (IA). Selon Journal du Coin, cette institution financière internationale appelle à une régulation plus stricte de ces deux technologies, jugées à risque pour la stabilité financière mondiale.
Ce qu'il faut retenir
- La BRI considère que les stablecoins ne sont pas de la monnaie et présentent des risques systémiques.
- L’institution met en avant les dangers de l’IA, notamment en matière de cybersécurité et de manipulation des marchés.
- Une régulation renforcée est jugée nécessaire pour encadrer ces innovations technologiques.
- La BRI souligne l’urgence d’agir face à la croissance rapide de ces secteurs.
Des actifs numériques qui ne méritent pas leur nom
La Banque des règlements internationaux (BRI) a clairement indiqué que les stablecoins ne peuvent être assimilés à de la monnaie traditionnelle. Selon elle, ces actifs numériques, bien que conçus pour limiter la volatilité, ne remplissent pas les critères fondamentaux d’une monnaie souveraine. « Les stablecoins ne sont pas de la monnaie, car ils ne bénéficient pas de la garantie d’un État et ne sont pas acceptés comme moyen de paiement universel », a déclaré un porte-parole de la BRI. La BRI souligne que leur adoption massive pourrait fragiliser les systèmes financiers en cas de crise de confiance.
Cette position s’inscrit dans un contexte de croissance exponentielle des stablecoins, dont la capitalisation dépasse désormais les 200 milliards de dollars. Leur utilisation croissante dans les échanges transfrontaliers et les services financiers décentralisés (DeFi) interroge les régulateurs sur leur impact réel sur l’économie mondiale. La BRI craint notamment des effets de contagion en cas de défaillance d’un acteur majeur du secteur.
L’intelligence artificielle, une menace systémique ?
Outre les stablecoins, la BRI s’inquiète des risques liés à l’intelligence artificielle (IA), qu’elle qualifie de « danger systémique ». L’institution pointe du doigt les algorithmes capables de manipuler les marchés financiers, de générer des bulles spéculatives ou encore de propager des cyberattaques à grande échelle. « L’IA pourrait amplifier les asymétries d’information et favoriser des comportements de marché dangereux », a expliqué un expert de la BRI. Cette mise en garde intervient alors que les applications de l’IA dans la finance se multiplient, allant des chatbots de trading aux modèles prédictifs de risques.
La BRI n’est pas la seule à tirer la sonnette d’alarme. Plusieurs régulateurs, dont l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), ont déjà souligné les risques liés à l’utilisation non encadrée de l’IA dans les services financiers. La question de la transparence des algorithmes et de leur supervision par des autorités indépendantes devient un enjeu majeur pour les années à venir.
Un appel à une régulation urgente
Face à ces constats, la BRI insiste sur la nécessité d’une réponse coordonnée entre les différentes juridictions. « Une régulation fragmentée ne suffira pas à contenir les risques », a souligné un responsable de l’institution. Elle propose notamment la création de mécanismes de surveillance communs, inspirés des normes existantes pour les banques et les marchés financiers. L’objectif est d’éviter que des acteurs non régulés ne deviennent des maillons faibles du système.
Cette prise de position intervient alors que l’Union européenne finalise l’application de son règlement MiCA, qui encadre les cryptomonnaies, dont les stablecoins. Cependant, l’IA reste un sujet moins avancé sur le plan réglementaire, avec des discussions encore en cours au niveau des États membres. La BRI espère que ses recommandations pourront inspirer les législateurs pour combler ce vide juridique.
En conclusion, la BRI envoie un message clair : les innovations technologiques, si elles ne sont pas maîtrisées, pourraient bien devenir des sources de déstabilisation pour l’économie mondiale. La balle est désormais dans le camp des régulateurs et des gouvernements.
La BRI estime que les stablecoins présentent trois risques majeurs : leur capacité limitée à remplir les fonctions d’une monnaie souveraine, leur potentiel de fragiliser les systèmes financiers en cas de crise de confiance, et leur utilisation croissante dans des services non régulés, comme la finance décentralisée (DeFi).