Cette semaine, le public dispose d’un choix varié entre trois longs-métrages aux registres distincts : La Bataille de Gaulle, un film historique américain qui retrace les débuts de l’aventure de la France libre ; The Plague, un thriller psychologique centré sur les dynamiques d’un camp de vacances ; et L’Affaire Zanetti, un drame carcéral où se mêlent tension et quête de rédemption. Ces trois réalisations, saluées par la critique, offrent des perspectives cinématographiques contrastées, selon Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- La Bataille de Gaulle (2h40), premier volet du diptyque d’Antonin Baudry, couvre la période de 1940 à 1942 et met en scène un de Gaulle méconnu, incarné par un casting qui se distingue par son intensité.
- The Plague (1h35), thriller psychologique de Charlie Polinger, s’inspire du water-polo pour explorer les mécanismes de l’intimidation et de l’exclusion sociale, avec une réalisation saluée par les jurys de Deauville.
- L’Affaire Zanetti (1h45), réalisé par Leonardo Di Costanzo, plonge dans les abîmes d’une prison de haute sécurité où un professeur dialogue avec une détenue accusée de meurtre.
- Parmi les autres sorties notables, le documentaire Toutes mes sœurs (1h18), de Massoud Bakhshi, retrace dix-huit ans de vie familiale en Iran à travers le prisme des trois nièces du réalisateur.
- Enfin, Backrooms, long-métrage d’horreur à petit budget, affiche un succès record aux États-Unis avec 80 millions de dollars de recettes dès son premier week-end.
Un général inconnu à Londres, l’épopée d’un homme seul
La Bataille de Gaulle, premier volet du diptyque d’Antonin Baudry, plonge le spectateur dans une période charnière de l’Histoire française. Le film s’ouvre en 1940, alors que Charles de Gaulle, général encore inconnu du grand public, débarque à Londres sans armée ni soutien institutionnel. Seule une poignée de Britanniques, dont Winston Churchill, voient en lui l’espoir d’une France libre, malgré les réticences des pétainistes présents à l’ambassade de France. Ce récit d’une « chimère qui devient réalité », comme le souligne Le Figaro, restitue avec justesse les tensions politiques et humaines de cette époque.
La réalisation d’Antonin Baudry se distingue par son rythme soutenu et une reconstitution historique soignée, tant dans les dialogues que dans les décors. Le film évite les écueils du biopic classique en privilégiant une approche intimiste, où les choix individuels pèsent autant que les enjeux collectifs. « Charles de Gaulle m’a immédiatement fait penser à Don Quichotte », avait d’ailleurs déclaré le réalisateur dans un entretien accordé au Figaro. Une comparaison qui éclaire la dimension à la fois idéaliste et solitaire du personnage.
Water-polo et manipulation : l’horreur psychologique de The Plague
The Plague, premier long-métrage de Charlie Polinger, s’éloigne des habituels récits sportifs pour s’aventurer sur le terrain glissant du thriller psychologique. L’intrigue se déroule en 2003, dans un camp de vacances californien où un groupe d’adolescents, mené par un leader charismatique mais cruel, fait régner une loi de la terreur. Le water-polo, sport de l’intégration par excellence, devient ici un prétexte à l’humiliation et à la violence.
Le réalisateur s’inspire de références cinématographiques majeures, de Stanley Kubrick à Brian De Palma, pour construire une atmosphère oppressante où chaque plan respire la tension. La performance des jeunes acteurs, notamment celle du jeune Ben, est saluée pour sa justesse et son absence de fard. Ce premier film a d’ailleurs été récompensé par le Grand Prix et le Prix de la critique au festival de Deauville en 2025, confirmant son statut de révélation.
Prison et parole : le duel silencieux de L’Affaire Zanetti
L’Affaire Zanetti, réalisé par Leonardo Di Costanzo, propose une plongée dans les méandres de la culpabilité et de la rédemption. L’histoire suit un professeur d’université, interprété par Roschdy Zem, qui rend visite à Elisa Zanetti (Barbara Ronchi), détenue depuis une décennie pour le meurtre de sa sœur. Leur dialogue, à la fois tendu et subtil, oscille entre confrontation et tentative de compréhension, rappelant par moments le classicisme de Le Silence des agneaux.
Le film se distingue par sa retenue, évitant tout effet spectaculaire au profit d’une exploration fine des non-dits et des pulsions humaines. La mise en scène sobre met en lumière les silences lourds de sens, où chaque réplique devient une arme ou un bouclier. « L’incommunicabilité du mal » est au cœur de cette œuvre, selon Le Figaro, qui souligne la performance des deux acteurs principaux.
Iran : le quotidien sous surveillance dans Toutes mes sœurs
Toutes mes sœurs, documentaire de Massoud Bakhshi, offre une perspective intime sur la société iranienne à travers le prisme de trois générations de femmes. Réalisé entre 2007 et 2025, le film suit Zahra et Mahya, deux nièces du cinéaste, dont les parcours sont marqués par les contraintes sociales et religieuses. Les images, tournées sur près de deux décennies, révèlent les petits riens du quotidien – anniversaires, jeux, premiers pas à l’école – mais aussi les moments de résistance, comme l’adoption du voile ou l’utilisation du premier smartphone.
Si le documentaire séduit par son authenticité, certains critiques regrettent que les protagonistes n’aient pas davantage commenté les images a posteriori. Leur participation au mouvement Femme, vie, liberté aurait pu enrichir l’analyse. Malgré ces limites, Toutes mes sœurs offre un témoignage précieux sur les mutations d’une société en proie à des tensions entre tradition et modernité.
Backrooms : quand l’horreur low-cost séduit les salles
À l’international, Backrooms, film d’horreur signé Kane Parsons, confirme le succès des productions indépendantes à petit budget. Sorti aux États-Unis, le long-métrage a engrangé 80 millions de dollars dès son premier week-end, un score exceptionnel pour une réalisation autoproduite. Le public français pourra le découvrir à partir du 17 juin 2026, alors que le film continue de battre des records de fréquentation outre-Atlantique.
Cette performance soulève la question de l’attractivité des récits minimalistes et des formats originaux, capables de capter l’attention d’un public mondial malgré des moyens limités. Une tendance que les distributeurs français pourraient suivre dans les mois à venir.
Cette semaine au cinéma illustre la vitalité d’une production française et internationale qui, malgré les défis économiques, continue de proposer des récits ambitieux et variés. Entre Histoire, thriller et drame carcéral, le choix est large pour les spectateurs en quête de découvertes cinématographiques.
The Plague explore les mécanismes de l’intimidation et de l’exclusion sociale au sein d’un camp de vacances, à travers le prisme du water-polo. Le film, réalisé par Charlie Polinger, s’inspire de situations réelles pour dépeindre une atmosphère de terreur psychologique, où un groupe d’adolescents impose sa loi par la violence et la manipulation.
Le réalisateur Antonin Baudry a confirmé que le deuxième volet de La Bataille de Gaulle est prévu pour 2027. Ce film devrait prolonger le récit commencé en 1940, en couvrant la période jusqu’à la Libération de la France.