Ce mardi 9 juin 2026, la chronique internationale de BFM Business, présentée par Mathieu Jolivet, se penche sur deux sujets majeurs : l’évaluation du coût humain du conflit en Ukraine, désormais entré dans sa troisième année, et les signes d’un essoufflement progressif du soutien européen à Kiev. Selon la source, cette analyse intervient dans un contexte où les opinions publiques, après des mois de mobilisation, montrent des signes de fatigue face à une guerre dont les contours politiques et humanitaires semblent toujours aussi flous.
Ce qu'il faut retenir
- Un bilan humain de la guerre en Ukraine encore difficile à établir avec précision, mais estimé à plus de 100 000 morts côté ukrainien et 70 000 côté russe selon les dernières projections disponibles.
- Une lassitude croissante dans l’opinion publique européenne, marquée par une baisse de 12 points en moyenne dans les pays de l’UE du soutien à l’aide militaire et financière à l’Ukraine depuis janvier 2026.
- Une analyse des conséquences économiques du conflit, notamment sur les chaînes d’approvisionnement et les prix de l’énergie en Europe.
- Le rôle des drones dans la transformation des équilibres militaires, un thème abordé dans les éditions précédentes de la chronique.
- La visite récente de Xi Jinping en Corée du Nord, perçue comme un renforcement de l’axe Pékin-Pyongyang et un défi à l’ordre géopolitique occidental.
Un conflit qui s’éternise et ses conséquences humaines
Trois ans après le début de l’invasion russe, la guerre en Ukraine continue de peser lourdement sur la population civile et les forces en présence. Selon les dernières estimations rapportées par BFM Business, les pertes humaines du côté ukrainien s’élèveraient à plus de 100 000 morts, tandis que les chiffres russes, bien que difficiles à vérifier, atteindraient environ 70 000 victimes. Ces chiffres, publiés par des sources ouvertes et des ONG, restent sujets à caution en raison de l’opacité des deux camps, mais ils donnent une mesure de l’ampleur du conflit.
Côté ukrainien, les combats intenses autour de villes comme Avdiivka ou Bakhmut ont laissé des traces profondes. Les rapports des Nations unies et de l’ONG Human Rights Watch évoquent des destructions massives d’infrastructures civiles, avec plus de 30 % des logements endommagés ou détruits dans certaines régions. Les déplacements de population se comptent par millions, avec plus de 6 millions de réfugiés recensés à l’étranger et plus de 3 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays.
L’Europe face à l’érosion du soutien à l’Ukraine
La chronique internationale souligne également un phénomène préoccupant pour Kiev : la baisse progressive du soutien de l’opinion publique européenne. D’après les données de Eurobaromètre, relayées par BFM Business, le pourcentage de citoyens européens favorables à une aide militaire et financière à l’Ukraine a chuté de 12 points en moyenne depuis le début de l’année. En Allemagne, ce recul atteint 15 points, tandis qu’en France, il est de 10 points. Cette désaffection s’explique en partie par l’usure des opinions publiques, confrontées à des crises économiques et sociales persistantes.
Les gouvernements européens, conscients de ce risque, tentent de maintenir leur engagement. Lors du dernier sommet de l’OTAN à Stockholm fin mai 2026, Donald Trump avait surpris en annonçant l’envoi de 5 000 soldats supplémentaires en Pologne, une mesure perçue comme un signal fort de solidarité transatlantique. Cependant, les divisions persistent au sein de l’Union européenne, certains pays comme la Hongrie ou la Slovaquie appelant à une renégociation des aides à l’Ukraine.
Les drones, nouvelle donne du champ de bataille
Dans ses éditions précédentes, la chronique internationale de BFM Business avait déjà mis en lumière l’importance croissante des drones dans le conflit ukrainien. Ce mardi 9 juin, le sujet est rappelé comme un élément central de la transformation des équilibres militaires. Les drones de surveillance, comme le Bayraktar TB2 turc, et les drones kamikazes, comme le Shahed iranien, ont radicalement changé la donne sur le front.
Selon des analystes militaires cités par Mathieu Jolivet, ces engins permettent désormais des frappes précises à moindre coût, réduisant la nécessité d’engager des troupes au sol. Leur utilisation massive a aussi entraîné une course aux contre-mesures, avec le déploiement de systèmes de brouillage et de défense anti-aérienne plus sophistiqués. En Roumanie, un incident survenu fin mai 2026, où un drone russe s’est écrasé sur un immeuble résidentiel, a rappelé les risques collatéraux de cette guerre technologique.
Pékin et Pyongyang resserrent leurs liens
La visite officielle de Xi Jinping en Corée du Nord, début juin 2026, a été analysée par BFM Business comme un renforcement de l’axe Pékin-Pyongyang. Selon les observateurs, cette rencontre, la première depuis la pandémie, marque un rapprochement stratégique entre les deux régimes, dans un contexte de tensions avec les États-Unis et leurs alliés.
Les discussions entre Xi Jinping et Kim Jong-un ont porté sur plusieurs points : le renforcement de la coopération économique, notamment dans les domaines minier et énergétique, ainsi que la coordination politique face à l’influence occidentale en Asie. Pour la Chine, ce partenariat permet de consolider sa position en Asie du Nord-Est, tandis que la Corée du Nord y voit une opportunité de sortir de son isolement diplomatique. Cette alliance, bien que encore fragile, pourrait redessiner les équilibres géopolitiques dans la région, selon les analystes interrogés par Mathieu Jolivet.
Un défi pour l’ordre économique occidental
Dans sa chronique du 5 juin 2026, BFM Business avait déjà souligné le défi posé par Vladimir Poutine à l’ordre économique occidental. Trois mois plus tard, ce thème reste d’actualité, alors que la Russie poursuit sa stratégie de contournement des sanctions. Le fonds souverain russe, autrefois considéré comme un pilier de la stabilité financière du pays, montre des signes d’épuisement, selon des sources citées par l’émission.
Les réserves en devises étrangères de la Russie ont diminué de plus de 40 % depuis le début de la guerre, en raison des sanctions occidentales et de la chute des exportations d’hydrocarbures. Moscou tente de contourner ces mesures en développant des circuits parallèles, notamment via des pays comme la Chine, l’Inde ou la Turquie. Cependant, ces alternatives restent limitées et exposent l’économie russe à des risques accrus de crise monétaire et d’inflation galopante.
La chronique internationale de BFM Business s’inscrit dans la continuité de ses précédentes éditions, qui avaient abordé des thèmes variés comme la crise sanitaire à Cuba, exacerbée par le blocus pétrolier américain, ou encore l’évolution de la Maison Blanche sous l’influence de l’administration Trump. Ces sujets, loin d’être anecdotiques, reflètent les mutations profondes du monde contemporain, où les crises locales s’entremêlent avec les enjeux globaux.
Pour écouter l’intégralité de la chronique internationale de ce mardi 9 juin 2026, ainsi que les émissions précédentes de BFM Business, il est possible de se rendre sur le site de la chaîne ou de télécharger le podcast dédié. L’émission, diffusée du lundi au jeudi à 19 heures, reste un rendez-vous incontournable pour décrypter l’actualité internationale sous un angle économique et géopolitique.
Plusieurs facteurs expliquent cette lassitude. D’abord, l’usure des opinions publiques, confrontées à des crises économiques et sociales persistantes, rend le soutien à l’Ukraine moins prioritaire. Ensuite, la durée du conflit, désormais entré dans sa troisième année, crée un sentiment de fatalité. Enfin, les divisions politiques au sein de l’Union européenne, avec des pays comme la Hongrie ou la Slovaquie qui remettent en cause les aides à Kiev, renforcent cette tendance.
Les sanctions occidentales ont provoqué une chute de 40 % des réserves en devises étrangères de la Russie depuis le début de la guerre. L’économie russe est exposée à des risques accrus de crise monétaire et d’inflation galopante. Moscou tente de contourner ces mesures en développant des circuits parallèles, notamment via la Chine ou l’Inde, mais ces alternatives restent limitées et risquées.