La Corée du Sud copréside le Sommet Lumière, un événement consacré à l'avenir du cinéma et des images animées, selon Franceinfo - Culture. Ce sommet est une occasion de mettre en lumière le cinéma sud-coréen, qui a conquis les écrans occidentaux depuis un quart de siècle. Les films d'Im Kwon-taek, Park Chan-wook, Hong Sang-soo, Bong Joon-ho, Lee Chang-dong ou encore Na Hong-jin sont devenus incontournables pour les cinéphiles en France et en Europe.
Ce sommet intervient alors que les deux pays célèbrent le 140e anniversaire de leurs relations diplomatiques. La France a invité la Corée du Sud à présider avec elle ce sommet, qui se tient à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence. L'ambition affichée de ce rendez-vous international est de penser une nouvelle forme de coopération pour l'image animée, avec le même sérieux que celui dont on a fait preuve dans les domaines du commerce, du climat et de la sécurité, a plaidé Emmanuel Macron.
Ce qu'il faut retenir
- La Corée du Sud copréside le Sommet Lumière avec la France.
- Le cinéma sud-coréen a conquis les écrans occidentaux depuis un quart de siècle.
- Les films d'Im Kwon-taek, Park Chan-wook, Hong Sang-soo, Bong Joon-ho, Lee Chang-dong ou encore Na Hong-jin sont devenus incontournables pour les cinéphiles en France et en Europe.
Un cinéma façonné par l'histoire
Le cinéma sud-coréen a connu des bouleversements qui en font un exemple de résilience. L'industrie cinématographique coréenne a dû survivre à de nombreuses menaces externes et internes, ainsi qu'à des moments de crise, rappelle Kim Mee-hyun, directrice en charge de la recherche au Conseil coréen du film (Kofic). L'abolition de la censure en 2001 a constitué une étape importante pour le cinéma coréen, permettant une plus grande liberté d'expression.
C'est sous la présidence de Kim Dae-jung, élu en 1997, que la censure a été abolie. Le leitmotiv de son gouvernement était que les politiques culturelles doivent soutenir, pas interférer. La liberté d'expression est indispensable à la créativité. Entre le début des années 1990 et celui des années 2000, la production des films coréens a été multipliée par quatre, passant de 15,9% en 1993 à 60% en 2004.
Un secteur financé par les grandes entreprises
Le 7e art coréen attire les puissants conglomérats industriels, les fameux « chaebols ». À la fin des années 1980, les vendeurs d'appareils vidéocassettes comme Samsung et Daewoo investissent dans la filière audiovisuelle pour produire des contenus nécessaires au fonctionnement de leurs produits. Leur arrivée dans l'industrie cinématographique va revitaliser le secteur.
Ces grandes entreprises vont continuer leur percée dans le cinéma et s'impliquent directement dans la distribution et l'exploitation, en ouvrant notamment des multiplexes dans la capitale Seoul et à Busan, la deuxième ville du pays. Le marché est dominé par trois circuits : CGV Cinemas, Megabox et Lotte. Les deux derniers ont récemment tenté de fusionner, mais l'opération n'a pas pu aboutir, après plus d'un an de négociations pour cause de difficultés financières du groupe propriétaire de Megabox.
Un cinéma influencé par les films français et allemands
La Strada de Fellini est le film préféré d'Im Kwon-taek. Bong Joon-ho évoque également souvent son goût pour le cinéma français. Ce tropisme européen s'apparente presque à une tradition documentée dans une thèse par l'universitaire Sora Hong. Entre 1977 et 1984, une génération d'intellectuels sud-coréens fréquente régulièrement les centres culturels européens à Séoul, notamment français et allemand, pour nourrir leur cinéphilie et échapper à la censure imposée par la dictature militaire.
Ils découvrent notamment les films « de la Nouvelle Vague, de l'école impressionniste française et du cinéma expressionniste allemand » et donnent naissance à une communauté baptisée la « Munhwawon sedae » (littéralement « la génération des centres culturels »). Le cinéma comme expression artistique devient palpable pour ces jeunes étudiants. Plus tard, ils « diffusent leur cinéphilie en tant que réalisateurs, producteurs, critiques et professeurs de cinéma ».
En conclusion, le cinéma sud-coréen a connu une ascension remarquable ces dernières décennies, malgré les défis qu'il a dû affronter. Avec le Sommet Lumière, la Corée du Sud et la France vont renforcer leur coopération dans le domaine du cinéma, ce qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour les cinéastes et les spectateurs.