La ferveur autour de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 a transformé les marchés de prédiction en véritables machines à volume. Selon Cryptoast, les plateformes Kalshi et Polymarket ont enregistré en juin une hausse spectaculaire de leur activité, portée par les paris sur les résultats du tournoi.

Ce qu'il faut retenir

  • Volume record : Les deux plateformes ont cumulé 44,8 milliards de dollars de transactions en juin, soit une progression de 75 % par rapport à mai (25,66 milliards).
  • Kalshi domine : La plateforme américaine a vu son volume bondir de 87,4 %, atteignant 31,5 milliards de dollars contre 16,81 milliards en mai.
  • Polymarket en progression : Hors États-Unis, Polymarket a enregistré 10,26 milliards de dollars de volume (+45 %), tandis que sa branche régulée aux États-Unis a doublé, passant à 3,04 milliards.
  • Paris sportifs en tête : Les contrats liés aux compétitions sportives représentent désormais 80 % de l'activité de Kalshi, contre 39 % pour Polymarket.

Un effet Coupe du Monde sans précédent

Le coup d’envoi du tournoi, donné le 11 juin 2026, a marqué un tournant pour les marchés de prédiction. Selon Cryptoast, le marché de Kalshi dédié au vainqueur de la Coupe du Monde a attiré à lui seul plus de 832 millions de dollars de paris. La France y figurait comme favorite avec environ 35 % de chances de victoire, devant d’autres favoris comme l’Argentine ou le Brésil.

Sur Polymarket, chaque match de la compétition génère entre 500 000 et 2 millions de dollars de volume. Cette dynamique a propulsé les paris sportifs au rang d’activité phare, représentant désormais la majorité des échanges sur ces plateformes.

Des volumes supérieurs aux paris sportifs traditionnels aux États-Unis

Cette explosion des volumes place désormais les marchés de prédiction devant les paris sportifs classiques aux États-Unis. Une performance remarquable pour des acteurs encore en butte à des défis réglementaires. En effet, plus de dix États américains ont engagé des poursuites contre Kalshi et Polymarket pour avoir proposé des paris sportifs non autorisés.

La situation est encore plus contrastée en Europe, où ces plateformes sont largement interdites. Pourtant, leur popularité auprès des utilisateurs américains ne faiblit pas, portées par des volumes records et une adoption croissante des actifs numériques.

Une activité concentrée sur le sport, mais pas seulement

Si les paris sportifs dominent désormais l’activité des deux plateformes, Kalshi se distingue par une diversification plus poussée. Environ 80 % de son volume provient de contrats liés au sport, contre seulement 39 % pour Polymarket. Cette dernière reste plus diversifiée, avec des marchés couvrant une large gamme d’actifs, allant des cryptomonnaies aux actions, en passant par l’or ou le pétrole.

Pour Kalshi, la Coupe du Monde a agi comme un accélérateur de croissance, confirmant l’appétit des investisseurs pour les marchés prédictifs décentralisés. Une tendance qui pourrait bien se poursuivre au-delà du tournoi, selon les observateurs du secteur.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient révéler si cette dynamique se maintient après l’engouement initial de la Coupe du Monde. Les régulateurs américains devraient prochainement rendre des décisions sur la légalité des paris sportifs proposés par Kalshi et Polymarket. Une issue qui pourrait redéfinir le paysage des marchés prédictifs dans le pays. Par ailleurs, l’évolution des volumes en juillet et août donnera des indications sur la pérennité de cette tendance.

Alors que les marchés de prédiction continuent de gagner en popularité, la question de leur régulation et de leur intégration dans le paysage financier traditionnel reste entière. Une chose est sûre : leur impact sur les habitudes de paris et d’investissement est désormais impossible à ignorer.

Un marché de prédiction décentralisé, ou prediction market, est une plateforme permettant aux utilisateurs de parier sur des événements futurs (sportifs, politiques, économiques, etc.). Contrairement aux bookmakers traditionnels, ces marchés fonctionnent souvent via des smart contracts sur une blockchain, offrant une transparence et une décentralisation accrues.