Comme le rapporte Franceinfo - Culture, l'adoption croissante et intensive de l'intelligence artificielle suscite une tendance à la préservation d'activités, notamment artistiques ou intellectuelles, réalisées sans recours à l'IA. Cette tendance émerge dans différents domaines, allant de la création littéraire à la production cinématographique, avec pour objectif de préserver les capacités et les qualités très humaines.

Ceci est particulièrement visible dans le domaine du cinéma, où l'Académie des arts et des sciences du cinéma, qui remet chaque année les Oscars à Hollywood, a officiellement établi que « dans les catégories réservées aux acteurs, seuls les rôles crédités au générique officiel du film et dont il peut être démontré qu'ils ont été joués par des êtres humains avec leur consentement seront considérés comme éligibles ».

Ce qu'il faut retenir

  • L'Académie des arts et des sciences du cinéma exclut les performances générées par l'IA des catégories d'acteurs aux Oscars.
  • Une mention se systématise en ouverture de nombreux ouvrages pour interdire leur reproduction ou utilisation à des fins d'entraînement de systèmes d'intelligence artificielle.
  • Des auteurs et des professionnels du secteur plaident pour une indispensable préservation de ce qui fait notre humanité dans les rapports sociaux et dans les activités de création.

Les raisons d'une telle tendance

D'après Nicolas Arpagian, auteur de l'article sur Franceinfo - Culture, cette tendance s'explique par la crainte de voir nos capacités cognitives altérées ou diminuées par un recours généralisé aux IA génératives. Les personnes inquiètes de cette évolution ne sont pas nécessairement technophobes, mais elles souhaitent préserver l'essence de la création humaine et la pensée autonome.

Comme le souligne l'avocat pénaliste Abel Quentin dans son livre Sanctuaires, paru aux Éditions de l'Observatoire, « un auteur doit être un forgeron et non un contremaître pilotant des esclaves ». Pour lui, seul le travail de la matière, c'est-à-dire les mots, les concepts, le raisonnement et la réflexion, permet l'élaboration d'une pensée autonome.

Les implications pour l'avenir

Cette démarche concerne chacun, dans les différentes phases de son existence, que l'on soit élève, étudiant ou professionnel exerçant des tâches rémunérées. La question de l'expertise et de la maîtrise de la connaissance exige de ne pas renoncer à faire fonctionner et progresser nos ressources et capacités intellectuelles, comme le rappelle le poète Horace : « Il faut de la mesure en toutes choses ».

Il est important de noter que la délégation à des algorithmes peut permettre de véritables avancées, mais elle doit être équilibrée par une prise en compte de la nécessité de préserver nos capacités humaines. C'est pourquoi des auteurs comme Yves Maître, dans son essai Arrêtez de dire bonjour à votre IA, plaident pour une indispensable préservation de ce qui fait notre humanité dans les rapports sociaux et dans les activités de création.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir l'émergence de nouvelles initiatives visant à préserver les activités humaines sans recours à l'IA. Il sera intéressant de suivre les développements dans ce domaine et de voir comment les différentes parties prenantes, des auteurs aux professionnels du cinéma, vont aborder cette question.

Pour l'instant, il est clair que la tendance à créer des « réserves naturelles » sans intelligence artificielle est en plein essor, et qu'elle suscite un débat important sur l'avenir de la création humaine et de la pensée autonome.

En conclusion, la création de « réserves naturelles » sans intelligence artificielle constitue un mouvement important qui vise à préserver les capacités et les qualités très humaines dans un monde où l'IA est de plus en plus présente. Il est essentiel de suivre les développements dans ce domaine et de réfléchir aux implications pour l'avenir de la création humaine.