Le Centre culturel irlandais à Paris a accueilli, à l’occasion du lancement de sa saison culturelle, un projet artistique inédit associant la chorégraphe portugaise Rita Marcalo à quatre danseurs originaires de Gaza. Une initiative présentée comme un pont entre la Palestine et l’Irlande, à l’heure où l’Irlande s’apprête à assurer la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne pour le second semestre 2026, selon Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Rita Marcalo, chorégraphe portugaise installée en Irlande, collabore avec quatre danseurs gazaouis pour un projet artistique hybride
- Ce projet est accueilli par le Centre culturel irlandais à Paris, dans le cadre du lancement de sa saison culturelle
- L’Irlande prendra la présidence du Conseil de l’UE au second semestre 2026, un contexte qui a motivé ce rapprochement culturel
- L’objectif affiché est de « répandre les danses de Gaza » à travers des villes européennes, via une résidence artistique et des représentations
- Libération souligne l’aspect « étonnant » de cette initiative, mêlant urgence humanitaire et création artistique
Un projet artistique né d’un engagement humanitaire et culturel
Rita Marcalo, connue pour son travail autour des mouvements et des corps dans des contextes de conflit, a choisi de s’appuyer sur l’art chorégraphique pour donner la parole à des artistes palestiniens. Quatre danseurs gazaouis, dont les identités n’ont pas été dévoilées par Libération, ont été sélectionnés pour participer à cette résidence. « Nous voulons montrer que la culture peut survivre, même dans les contextes les plus difficiles », a expliqué la chorégraphe, citée par le quotidien. Le projet s’inscrit dans une démarche de résistance culturelle, loin des clichés souvent associés à la bande de Gaza.
Le choix du Centre culturel irlandais à Paris n’est pas anodin. Installé dans l’hôtel de Marigny, ce lieu est un symbole de la diplomatie culturelle française. Il accueille régulièrement des événements visant à promouvoir les échanges entre l’Europe et le reste du monde. « Cette résidence s’inscrit dans une volonté de créer des ponts entre les peuples, à travers l’art », précise-t-on du côté du centre culturel.
L’Irlande à l’honneur : un contexte politique et culturel chargé
L’Irlande prendra officiellement la présidence du Conseil de l’Union européenne le 1er juillet 2026, succédant à la Hongrie. Ce rôle lui conférera une tribune pour mettre en avant des enjeux sociétaux et culturels, dont la question palestinienne fait partie des priorités pour plusieurs États membres. D’après Libération, cette présidence pourrait être l’occasion de renforcer les initiatives culturelles comme celle portée par Rita Marcalo, afin de « humaniser » des conflits souvent réduits à des rapports de force géopolitiques.
Le projet bénéficie également du soutien d’associations locales et d’artistes engagés pour la cause palestinienne. « On espère que cette initiative ouvrira la voie à d’autres collaborations similaires en Europe », confie un membre de l’équipe organisatrice, sous couvert d’anonymat. Le spectacle, encore en phase de création, devrait être présenté à Paris avant une tournée européenne prévue pour l’automne 2026.
Un langage universel : la danse comme outil de résilience
Pour les quatre danseurs gazaouis, cette résidence représente bien plus qu’une simple opportunité professionnelle. « Danser à Gaza, c’est un acte de résistance », témoigne l’un d’eux. « Ici, en Europe, nous voulons montrer une autre facette de notre culture, bien loin des images de guerre qui nous collent à la peau. » Les répétitions, qui mêlent techniques contemporaines et danses traditionnelles palestiniennes, sont rythmées par des récits personnels et collectifs. « On ne parle pas seulement de la guerre, mais de la vie, de l’amour, de la joie aussi », ajoute un autre participant.
Rita Marcalo, qui a déjà collaboré avec des artistes issus de zones de conflit, insiste sur la dimension thérapeutique de l’art. « La danse permet de transformer la souffrance en quelque chose de beau, de partagé. C’est une façon de reprendre le contrôle sur son histoire », explique-t-elle. Le projet, soutenu par des mécènes privés, a été rendu possible grâce à des financements mixtes, publics et associatifs.
Quoi qu’il en soit, cette expérience pose une question de fond : dans un monde marqué par les divisions, l’art peut-il encore jouer un rôle de médiateur ? À suivre, donc, à partir de l’automne prochain.
Les organisateurs prévoient une tournée européenne à l’automne 2026, avec des dates déjà envisagées à Berlin et Dublin. Une partie des fonds sera également consacrée à la création d’un documentaire retraçant le processus de création, prévu pour diffusion en 2027.
