« Face aux États-Unis et à la Chine, qui disposent de capacités d'investissement sans commune mesure, la position française dans la course à l'ordinateur quantique demeure fragile », alerte la Cour des comptes, selon Le Figaro. La Cour des comptes estime que rester dans la course sur cette technologie de pointe est un « enjeu majeur de souveraineté ».
La France doit « mobiliser davantage de capitaux privés » et « développer des partenariats européens » pour rester dans la course sur la technologie quantique, estime la Cour des comptes. « La mobilisation de capitaux français et européens devient indispensable pour assurer la montée en puissance » des entreprises et de la recherche dans ce secteur, jugent les Sages de la rue Cambon.
Ce qu'il faut retenir
- La position française dans la course à l'ordinateur quantique est fragile face aux États-Unis et à la Chine.
- La France doit mobiliser davantage de capitaux privés et développer des partenariats européens.
- La mobilisation de capitaux français et européens est indispensable pour assurer la montée en puissance des entreprises et de la recherche dans ce secteur.
La stratégie nationale quantique
La France a démarré dès 2021 une stratégie nationale quantique, dotée de 1,8 milliard d'euros, dont 1,5 milliard de fonds publics, pour la période 2021-2025. Si la Cour estime que ce plan « a permis de conforter les atouts scientifiques de la France » et fait « émerger un écosystème industriel prometteur », il « n'est plus adapté à l'accélération de la concurrence internationale et aux besoins de passage à l'échelle du secteur ».
D'autant que l'enveloppe supplémentaire d'un milliard d'euros d'ici 2030 pour le quantique, annoncée par le président Emmanuel Macron fin mai, reste inférieure à l'investissement consenti sur la période précédente, même si son périmètre exact reste à préciser. C'est pourquoi la Cour des comptes appelle le gouvernement à soutenir la filière de façon « durable », notamment en renforçant l'effet de levier sur les financements privés ou via la commande publique.
Les enjeux économiques
« Parmi les 11 entreprises d'informatique quantique cotées en Bourse, aucune n'est européenne », souligne également le rapport, illustrant « la faiblesse des marchés de capitaux européens », alors que le marché mondial de l'informatique quantique, estimé à 1,1 milliard d'euros début 2025, pourrait atteindre entre 8,7 et 13 milliards d'euros d'ici 2035. Une meilleure coordination européenne, notamment via des partenariats ciblés, pourrait permettre à la France de devenir « un pilier européen du calcul quantique », estime la Cour.
Les conséquences de ne pas agir pourraient être importantes, avec un risque de retard dans la course à l'ordinateur quantique et des pertes économiques potentielles. Cependant, avec une stratégie nationale quantique adaptée et un soutien gouvernemental durable, la France pourrait rester un acteur majeur dans ce secteur.