Un acide aminé au goût sucré, produit naturellement par l’organisme, fait actuellement l’objet d’une attention particulière sur les réseaux sociaux. D’après Top Santé, la glycine, souvent présentée comme un édulcorant « miracle », suscite autant d’enthousiasme que de scepticisme parmi les experts en nutrition. Entre les promesses des influenceurs et les nuances de la science, la réalité reste à préciser.

Ce qu'il faut retenir

  • La glycine est un acide aminé naturellement produit par le corps humain, doté d’un goût sucré.
  • Sur la plateforme TikTok, elle est actuellement mise en avant comme un édulcorant potentiellement plus sain que les alternatives industrielles.
  • Les propriétés de la glycine restent cependant moins documentées que celles d’autres édulcorants, comme l’aspartame ou la stévia.
  • Les nutritionnistes invitent à la prudence, soulignant que son efficacité et sa sécurité à long terme nécessitent des études complémentaires.

Qu’est-ce que la glycine et pourquoi fait-elle parler d’elle ?

La glycine est un acide aminé non essentiel, c’est-à-dire que l’organisme peut le synthétiser lui-même. Contrairement à d’autres acides aminés, elle possède une particularité : un goût sucré, bien que moins intense que celui du sucre raffiné. Selon Top Santé, cette caractéristique en fait un candidat intéressant dans le débat sur les édulcorants, ces substances utilisées pour remplacer le sucre dans les aliments et boissons allégés. Sur TikTok, des milliers de vidéos et de témoignages vantent ses mérites, la présentant comme une solution naturelle et sans danger pour les régimes ou les personnes diabétiques.

Pourtant, si la glycine est effectivement produite par le corps — notamment lors de la dégradation du collagène ou de la synthèse de la créatine —, son utilisation comme édulcorant soulève des questions. Top Santé rappelle que les édulcorants industriels, qu’ils soient artificiels ou naturels, font l’objet de débats scientifiques récurrents quant à leurs effets sur la santé. La glycine, elle, n’échappe pas à cette règle : son innocuité à haute dose ou sur le long terme n’a pas été aussi étudiée que celle d’autres alternatives.

Un buzz alimenté par les réseaux sociaux, mais étayé par la science ?

Le phénomène TikTok a accéléré la popularité de la glycine. Des créateurs de contenu, souvent sans formation médicale ou nutritionnelle, mettent en avant son absence de calories, son origine naturelle et son potentiel pour réduire les fringales. Pourtant, Pablo Ojeda, nutritionniste cité par Top Santé, tempère ces affirmations. « La glycine est intéressante sur le papier, mais son utilisation comme édulcorant relève davantage du marketing que d’une solution validée scientifiquement », a-t-il déclaré. Selon lui, les preuves manquent pour affirmer qu’elle est plus saine que les édulcorants classiques, comme l’érythritol ou le xylitol, dont les effets ont été étudiés de manière plus approfondie.

Les experts rappellent également que la glycine, bien que produite naturellement, n’est pas un nutriment essentiel à consommer en excès. Une consommation excessive pourrait même entraîner des effets indésirables, comme des troubles digestifs. Top Santé souligne que les doses recommandées en tant qu’édulcorant ne sont pas clairement définies, contrairement à celles des édulcorants autorisés par les autorités sanitaires, comme l’EFSA en Europe ou la FDA aux États-Unis.

Les limites des édulcorants naturels et les alternatives existantes

La glycine n’est pas le seul édulcorant naturel à gagner en popularité. La stévia, extraite d’une plante, ou le monk fruit (luo han guo), sont souvent cités comme des alternatives plus saines au sucre. Pourtant, leur adoption massive se heurte à des obstacles, notamment leur coût élevé et leur goût parfois amer résiduel. Dans ce paysage, la glycine se distingue par son accessibilité et son origine endogène, mais cela suffit-il à en faire un choix optimal ?

D’autres acides aminés, comme la phénylalanine (composant de l’aspartame), sont déjà utilisés dans l’industrie agroalimentaire. Cependant, leur innocuité a été longuement débattue, notamment pour les personnes souffrant de phénylcétonurie. La glycine, elle, ne présente pas ce risque, mais son utilisation en tant qu’édulcorant reste marginale. Top Santé indique que les études disponibles se concentrent davantage sur ses rôles métaboliques — comme la synthèse du glutathion ou la détoxification du foie — que sur ses propriétés édulcorantes.

Et maintenant ?

Alors que le débat sur les édulcorants continue de diviser, les recherches sur la glycine pourraient s’intensifier dans les années à venir. Des équipes scientifiques étudient son potentiel dans la gestion du diabète ou la prévention de certaines maladies métaboliques. En attendant, les consommateurs devront se faire leur propre avis : faut-il privilégier un édulcorant naturel comme la glycine, malgré le manque de recul, ou se tourner vers des alternatives mieux documentées ? La réponse dépendra des prochaines publications scientifiques et des recommandations des autorités sanitaires.

Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : la glycine ne remplacera pas du jour au lendemain les édulcorants industriels, dont l’efficacité et la sécurité sont étayées par des décennies de recherches. Comme le rappelle Pablo Ojeda dans ses interventions, « l’équilibre alimentaire reste la clé, et aucun édulcorant ne doit être considéré comme une solution miracle ».