« À partir d’aujourd’hui, le mythique mont Olympe devient une montagne de toute l’humanité », s’est félicité le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis sur son compte Facebook, après l’inscription officielle du site au patrimoine mondial de l’UNESCO. Selon Le Figaro, cette décision, annoncée lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial, qui s’est tenue du 19 au 29 juillet 2026 à Busan en Corée du Sud, consacre à la fois le caractère naturel exceptionnel et la dimension culturelle inestimable de ce massif montagneux.
Ce qu'il faut retenir
- Un sommet symbolique : Le mont Olympe, point culminant de Grèce à 2 914 mètres d’altitude, sépare les régions de Thessalie et de Macédoine dans le nord du pays.
- Un héritage universel : Considéré comme la « demeure » des dieux de la mythologie grecque dans l’*Iliade* et l’*Odyssée* d’Homère, il incarne l’un des berceaux de la civilisation hellénique.
- Une biodiversité unique : Zone naturelle protégée abritant plus de 2 000 espèces végétales, dont de nombreuses endémiques, ainsi qu’une faune rare, selon les experts de l’UNESCO.
- Un succès national : Kyriakos Mitsotakis a qualifié cette inscription de « succès national important », ajoutant une troisième distinction grecque à la liste du patrimoine mondial après les villages de Zagoria (2023) et les palais minoens de Crète (2025).
- Une reconnaissance à l’unanimité : L’inscription a été adoptée sans opposition lors des travaux du Comité de l’UNESCO, réunissant les 195 États membres.
Pour la ministre grecque de la Culture, Lina Mendoni, cette décision confirme « l’engagement constant de la Grèce en faveur de la protection, de la mise en valeur et de la gestion durable de son patrimoine ». « L’Olympe est la montagne qui, à travers les épopées homériques et la littérature grecque antique, a porté la mythologie et la civilisation grecques dans le monde entier », a-t-elle rappelé. D’autres sites ont été inscrits simultanément, comme les Forteresses royales du Languedoc et les plages du débarquement en Normandie en France, ou encore les savanes de Boma-Badingilo au Soudan.
Un massif entre mythes et biodiversité
Le mont Olympe ne se résume pas à son rôle dans la mythologie grecque. Ce massif, classé parmi les zones de biodiversité les plus riches d’Europe, abrite des écosystèmes variés, des forêts de hêtres aux prairies d’altitude. Selon les données de l’UNESCO, plus de 10 % des espèces végétales recensées en Grèce y sont présentes, dont certaines, comme l’edelweiss de l’Olympe (*Leontopodium alpinum*), sont endémiques à la région. Les experts soulignent également la présence d’espèces animales protégées, telles que le chamois des Balkans ou l’aigle royal.
Son statut de parc national, créé en 1938, a permis de préserver ces richesses malgré les pressions touristiques. Chaque année, des milliers de visiteurs viennent y randonner ou admirer les paysages qui ont inspiré les récits homériques. « Ce lieu est un carrefour entre nature et culture, où chaque sentier raconte une légende », explique un guide local, cité par Le Figaro.
L’UNESCO salue un modèle de gestion patrimoniale
L’inscription du mont Olympe sur la liste du patrimoine mondial repose sur deux critères principaux : sa valeur culturelle exceptionnelle, liée à son rôle central dans la mythologie et la littérature antiques, et sa valeur naturelle remarquable, due à sa biodiversité. Dans son rapport, l’UNESCO souligne que « ce site illustre de manière exceptionnelle l’interaction entre l’homme et son environnement sur plus de trois millénaires ».
La Grèce a mis en avant les mesures de protection renforcées mises en place ces dernières années, comme la limitation des constructions dans la zone périphérique du parc ou la promotion d’un tourisme durable. « Cette reconnaissance récompense les efforts de conservation menés depuis des décennies », a déclaré un responsable du ministère de l’Environnement grec. Autant dire que l’inscription agit comme un levier pour attirer des financements internationaux destinés à préserver ce joyau naturel et culturel.
Un nouveau souffle pour le tourisme grec
Les autorités grecques espèrent que cette distinction donnera un coup de projecteur supplémentaire sur le mont Olympe, déjà l’une des destinations phares du pays. « Le tourisme culturel et naturel est une priorité pour notre économie », a indiqué un porte-parole du ministère du Tourisme. En 2025, plus de 500 000 visiteurs ont foulé les sentiers de la montagne, générant des revenus estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros pour les communes locales.
Cette inscription pourrait aussi renforcer la collaboration entre la Grèce et d’autres pays partageant des enjeux similaires de préservation. « Nous échangeons déjà avec l’Italie sur la gestion des parcs naturels transfrontaliers », a précisé Lina Mendoni. Pour autant, les défis restent nombreux : dégradation des sentiers, pression immobilière en périphérie, ou encore changement climatique, qui menace les écosystèmes d’altitude. « La gestion doit être à la fois rigoureuse et flexible pour s’adapter aux nouvelles réalités », reconnaît un écologiste grec.
Cette reconnaissance intervient dans un contexte où l’UNESCO cherche à équilibrer la promotion du patrimoine et la préservation face aux défis globaux. Alors que certains sites historiques, comme ceux situés en Crimée occupée, subissent des dégradations liées aux conflits, l’inscription du mont Olympe rappelle l’importance de la coopération internationale pour sauvegarder des trésors communs à l’humanité.
Pour Kyriakos Mitsotakis, cette décision doit aussi servir d’exemple : « La Grèce prouve qu’un pays peut concilier développement économique et respect de son héritage. » Une affirmation qui résonne comme un appel à d’autres nations engagées dans la même voie.
Selon l’UNESCO, le mont Olympe a été inscrit pour son critère (i) – « chef-d’œuvre du génie créateur humain » – en raison de son rôle central dans la mythologie grecque, et pour son critère (x) – « habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique » – grâce à sa biodiversité exceptionnelle et ses écosystèmes uniques en Europe.
Non, l’inscription ne modifie pas l’accès au site, mais elle impose à la Grèce de mettre en place un plan de gestion strict pour limiter les impacts négatifs du tourisme. Les autorités locales ont déjà annoncé le renforcement des contrôles sur les sentiers et la création de zones tampons autour du parc national.