La maladie d'Alzheimer, une dégénérescence cérébrale qui affecte des millions de personnes à travers le monde, pourrait avoir une origine inattendue : la bouche. Selon Futura Sciences, des chercheurs ont identifié une bactérie présente dans la cavité buccale, Porphyromonas gingivalis, comme responsable des maladies gingivales, et qui pourrait également jouer un rôle dans l'apparition de la maladie d'Alzheimer.

Ce qu'il faut retenir

  • La bactérie Porphyromonas gingivalis a été identifiée dans le cerveau de patients atteints d'Alzheimer.
  • Les chercheurs ont observé une augmentation significative de la production de protéines bêta-amyloïdes, substances collantes caractéristiques de la maladie d'Alzheimer, après avoir infecté des souris avec P. gingivalis.
  • Les enzymes toxiques appelées « gingipaïnes » sécrétées par P. gingivalis ont été corrélées à deux marqueurs distincts de la maladie : la protéine tau et une protéine marqueur nommée ubiquitine.

La découverte

Une étude publiée en 2019 dans Science Advances a dévoilé des résultats particulièrement intrigants, pointant vers une source inattendue : notre cavité buccale. L'équipe dirigée par Jan Potempa, microbiologiste à l'université de Louisville, a identifié la présence de Porphyromonas gingivalis dans le cerveau de personnes décédées d'Alzheimer.

Cette bactérie, principalement connue comme l'agent pathogène responsable des maladies parodontales chroniques, semble capable de franchir la barrière hémato-encéphalique pour coloniser notre cerveau. Les expériences complémentaires menées sur des souris ont renforcé cette hypothèse, montrant une colonisation bactérienne du cerveau accompagnée d'une augmentation significative de la production de protéines bêta-amyloïdes.

Les implications

Cette découverte pourrait transformer notre approche de la prévention et du traitement de la maladie d'Alzheimer, en plaçant l'hygiène bucco-dentaire au premier plan des stratégies préventives. Elle rappelle également l'importance des soins dentaires réguliers, non seulement pour notre santé buccale, mais potentiellement aussi pour la protection de notre cerveau contre cette maladie dévastatrice.

David Reynolds, directeur scientifique d'Alzheimer's Research, a souligné l'importance d'examiner toutes les approches possibles face à l'absence de nouveaux traitements depuis plus de quinze ans. Cette piste infectieuse pourrait bien constituer le chaînon manquant dans notre compréhension de l'Alzheimer.

Et maintenant ?

La route vers un traitement efficace reste longue, mais cette piste infectieuse pourrait bien ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques. Les chercheurs ont déjà testé un composé appelé COR388, développé par Cortexyme, qui a montré des résultats encourageants chez les souris. Il reste à voir si ces résultats pourront être reproduits chez l'homme et si cette piste pourra conduire à un traitement efficace contre la maladie d'Alzheimer.

En attendant, il est essentiel de continuer à explorer toutes les pistes possibles pour comprendre et combattre cette maladie dévastatrice. L'hygiène bucco-dentaire, souvent négligée, pourrait jouer un rôle clé dans la prévention de la maladie d'Alzheimer, et il est crucial de prendre des mesures pour protéger notre santé buccale et cérébrale.