La Marine nationale a annoncé, le 1er avril 2026, la prolongation d’un avion radar E-2C Hawkeye jusqu’en 2032. Cette décision s’inscrit dans une phase de transition vers l’arrivée des nouveaux E-2D Advanced Hawkeye, selon Capital.

Ce qu'il faut retenir

  • Un avion radar E-2C Hawkeye, baptisé FR3, sera maintenu en service jusqu’en 2032, soit deux ans de plus que prévu initialement.
  • Ce prolongement vise à assurer la continuité opérationnelle du porte-avions Charles-de-Gaulle jusqu’à l’entrée en service du futur porte-avions « France libre », prévue en 2038.
  • Les trois E-2C Hawkeye en service seront progressivement remplacés par trois E-2D Advanced Hawkeye, commandés auprès de l’américain Northrop Grumman.
  • Le Charles-de-Gaulle subira un troisième et dernier arrêt technique majeur (ATM) en 2027, pour une durée de dix mois, afin d’accueillir les nouveaux équipements.
  • L’investissement total pour le futur porte-avions « France libre » dépasse les 12 milliards d’euros.

Un prolongement stratégique pour assurer la transition

La Marine nationale a confirmé, via un communiqué, que l’opération de maintenance majeure de l’E-2C Hawkeye FR3 se poursuivra jusqu’à la fin de l’année 2027. Cette intervention permettra de prolonger la carrière opérationnelle de l’appareil, dont le retrait était initialement prévu avant 2030. « Cette phase de transition est essentielle pour préparer l’arrivée de la nouvelle génération d’avion de guet aérien embarqué », a indiqué la Marine nationale, selon Capital.

Parmi les trois E-2C Hawkeye actuellement en service, deux, livrés en 1998 et 1999, seront retirés à l’horizon 2030. Le troisième, datant de 2004, bénéficiera donc d’une prolongation jusqu’en 2032. Cette décision permet au Charles-de-Gaulle de disposer, d’ici là, de trois E-2D Advanced Hawkeye et d’un E-2C, assurant ainsi une couverture radar optimale.

Un avion radar doté de technologies avancées

L’E-2C Hawkeye FR3, équipé d’un radar AN/APY-9, est capable de suivre simultanément, à 360 degrés, un grand nombre de pistes aériennes ou navales. Ce système, combiné à un dispositif d’Identification amis/ennemis (IFF) et à la Liaison 16, en fait un outil clé pour la surveillance des espaces maritimes. « La version française sera également dotée d’un calculateur multifonction MLS Gateway, développé par Eviden », précise Capital.

Côté modernisation du porte-avions Charles-de-Gaulle, les travaux prévus en 2027 incluent l’installation des radars à quatre panneaux fixes SeaFire de Thales et du système de gestion du combat SETIS 3.0. Ces équipements, couplés aux nouveaux avions de guet aérien, renforceront significativement les capacités opérationnelles du navire jusqu’à l’arrivée du « France libre ».

Le Charles-de-Gaulle en pleine modernisation avant 2038

Le porte-avions Charles-de-Gaulle, fleuron de la Marine nationale, a été déployé en Méditerranée dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient. Son troisième et dernier arrêt technique majeur, prévu en 2027, durera dix mois. Ces travaux permettront de maintenir le navire opérationnel jusqu’en 2038, date à laquelle le « France libre » prendra le relais. Avec une longueur de 310 mètres et un déplacement de 78 000 tonnes, ce nouveau porte-avions nucléaire sera le plus grand jamais construit par Naval Group.

L’investissement colossal de plus de 12 milliards d’euros pour ce projet souligne l’ambition de la France de conserver une marine de premier rang. Le « France libre » intégrera des technologies de pointe, comme des catapultes électromagnétiques, pour assurer sa supériorité opérationnelle. « Ce nouveau bâtiment marquera une nouvelle ère pour la dissuasion française », a souligné un responsable du ministère des Armées, cité par Capital.

Et maintenant ?

D’ici 2027, la Marine nationale devra finaliser les préparatifs du troisième ATM du Charles-de-Gaulle tout en assurant la formation des équipages aux nouveaux systèmes. La livraison des trois E-2D Advanced Hawkeye, attendue avant 2030, constituera une étape clé. Enfin, la mise en service du « France libre » en 2038, si elle est respectée, redéfinira les capacités de projection de puissance de la France en mer.

Cette stratégie de transition progressive vise à éviter toute rupture capacitaire. Reste à voir si les délais annoncés seront tenus, dans un contexte où les tensions internationales pourraient accélérer les besoins en équipements militaires.

La Marine nationale justifie cette prolongation par la nécessité d’assurer une couverture radar continue jusqu’à l’arrivée des E-2D Advanced Hawkeye. Retirer prématurément l’E-2C FR3 créerait une période de faible capacité opérationnelle, ce qui est inenvisageable dans un contexte géopolitique instable. Cette décision permet également d’étaler les coûts de transition sur plusieurs années.