Avec une hausse mensuelle de plus de 247 milliards de dollars, l’agrégat M2 américain a atteint un nouveau sommet à 23 052 milliards de dollars en mai 2026. Selon Cryptoast, cette explosion de la liquidité pourrait, à terme, favoriser les actifs rares comme le Bitcoin, déjà en hausse de plus de 1 300 milliards de dollars depuis mars 2022. Alors que la masse monétaire progresse en moyenne de 6,3 % par an depuis 2000, les investisseurs s’interrogent sur l’effet à venir pour les marchés financiers.

Ce qu'il faut retenir

  • Record historique : la masse monétaire M2 américaine atteint 23 052,3 milliards de dollars en mai 2026, soit une hausse de 247,8 milliards (+1,09 %) en un mois.
  • Plus forte progression mensuelle depuis mai 2021, confirmant une accélération de la création monétaire.
  • Corrélation Bitcoin-M2 : les phases d’expansion de la liquidité mondiale tendent, avec un décalage de plusieurs mois, à soutenir les actifs à offre limitée comme le Bitcoin.
  • Dollar sous pression : le Dollar Index s’érode autour de 100,9 points, tandis que la dette américaine dépasse 39 000 milliards de dollars.
  • Cours du Bitcoin : à 61 185,3 dollars début juillet 2026, le BTC reste en retrait de 52 % par rapport à son pic d’octobre 2025 (126 000 dollars).

Une liquidité record qui interroge

Les chiffres publiés par la Réserve fédérale au mois de mai confirment une accélération sans précédent de la création monétaire aux États-Unis. L’agrégat M2, qui mesure la monnaie en circulation et les dépôts liquides, affiche une progression de 247,8 milliards de dollars en un mois, soit la plus forte hausse mensuelle depuis mai 2021. « Ce rythme inédit depuis cinq ans reflète une politique monétaire toujours accommodante », analyse Cryptoast, alors que la masse monétaire dépasse désormais de 1 300 milliards de dollars son précédent pic de mars 2022.

Depuis l’an 2000, M2 progresse en moyenne de 6,3 % par an. Mais depuis 2021, la dynamique s’est accélérée, avec une création monétaire qui s’emballe. « Les États-Unis impriment toujours plus de dollars », souligne Anthony Pompliano, dirigeant de ProCap Financial, cité par CNBC. Cette situation alimente les craintes d’un affaiblissement du pouvoir d’achat du billet vert et pousse les investisseurs vers des actifs considérés comme des valeurs refuges.

Bitcoin et or : des actifs en quête de protection

Historiquement, les phases d’expansion rapide de la masse monétaire M2 ont été suivies, avec un décalage de plusieurs mois, par une hausse des cours des actifs à offre limitée, comme l’or ou le Bitcoin. « Plus il y a de dollars en circulation, plus les investisseurs cherchent à se protéger contre la dépréciation monétaire », explique Cryptoast. L’or a ainsi doublé en deux ans, tandis que les analystes de JPMorgan estiment que ce mouvement pourrait progressivement basculer vers le Bitcoin, porté par les flux entrants sur les ETF spot.

Pour l’heure, le Bitcoin s’échange autour de 61 185 dollars, en baisse de près de 14 % sur les trente derniers jours. Le BTC reste donc loin de son sommet historique de 126 000 dollars atteint en octobre 2025. « Le gouvernement va imprimer une quantité insensée de monnaie », prédit Pompliano, évoquant un scénario théorique où le Bitcoin pourrait atteindre 1 million de dollars à long terme. Reste que cette corrélation n’est ni immédiate ni mécanique, et dépendra de l’inflation, des taux directeurs et des décisions de la Réserve fédérale.

Dollar affaibli, actions en hausse : les marchés réagissent

Cette dynamique de création monétaire ne concerne pas uniquement les cryptomonnaies. Le S&P 500 évolue à 7 483 points, proche de ses plus hauts historiques, tandis que le Dollar Index cède du terrain autour de 100,9 points, dans le bas de sa fourchette annuelle. « Les détenteurs d’actifs voient leur patrimoine se revaloriser, alors que le pouvoir d’achat des liquidités s’érode », résume Cryptoast. Une situation qui illustre le « debasement trade », ou rotation vers des actifs rares pour se prémunir contre la dépréciation du dollar.

Le contexte macroéconomique reste marqué par une dette américaine dépassant 39 000 milliards de dollars et un bilan de la Fed avoisinant 6 300 milliards de dollars. « Le cocktail est explosif », estime Cryptoast, alors que le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, devra arbitrer entre lutte contre l’inflation et soutien à la croissance. Les prochaines décisions de la banque centrale, attendues d’ici la fin de l’été, pourraient redessiner les équilibres sur les marchés.

Et maintenant ?

La hausse de la masse monétaire M2 pourrait, dans les mois à venir, alimenter la demande pour des actifs comme le Bitcoin, mais le décalage historique entre liquidité et cours des cryptomonnaies rend toute prévision incertaine. Les investisseurs devront surveiller l’évolution de l’inflation, des taux directeurs et les annonces de la Fed sous la direction de Kevin Warsh. Une prochaine réunion du FOMC, prévue début août 2026, pourrait apporter des éléments de réponse sur l’orientation future de la politique monétaire américaine.

Reste que la corrélation entre M2 et Bitcoin n’est pas automatique. Si l’or a déjà bénéficié de cette dynamique, le BTC devra convaincre par sa résilience face à un environnement macroéconomique toujours plus complexe. « Le timing et l’ampleur de cette hausse restent à confirmer », conclut Cryptoast.

L’agrégat M2 mesure la monnaie en circulation et les dépôts liquides, reflétant directement la liquidité disponible dans l’économie. Une hausse rapide de M2 est souvent associée à une politique monétaire accommodante, ce qui peut soutenir les actifs risqués comme les actions ou les cryptomonnaies, tout en alimentant les craintes d’inflation et de dépréciation monétaire.

Historiquement, oui, avec un décalage de plusieurs mois. Une liquidité abondante pousse les investisseurs vers des actifs perçus comme des couvertures contre la dépréciation monétaire, comme l’or ou le Bitcoin. Cependant, cette corrélation n’est ni immédiate ni systématique, et dépendra de facteurs comme l’inflation, les taux d’intérêt et la confiance des marchés dans le Bitcoin comme réserve de valeur.