La Monnaie de Paris, institution historique chargée de la frappe des pièces françaises, annonce le lancement d’une nouvelle offre d’investissement en or pur : le « Marianne-or ». Selon BFM Business, cette initiative vise à « démocratiser et moderniser le marché de l’or en France », comme l’a expliqué Marc Schwartz, son PDG, lors d’une conférence de presse. Commercialisé à partir du 12 juin pour ses abonnés, puis ouvert au grand public le 16 juin, ce bullion se décline en quatre formats, tous en or 24 carats, allant de l’once (31,10 grammes) au dixième d’once (3,11 grammes).

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre formats disponibles : once, demi-once, quart d’once et dixième d’once, tous en or pur 24 carats.
  • Deux options de détention : physique (livraison du bullion) ou numérique (e-bullion sécurisé par la Monnaie de Paris).
  • Prix indexé sur le cours de l’or au moment de l’achat, avec possibilité de rachat au cours du jour.
  • Commercialisation en ligne, avec frais de commission, d’envoi ou de garde selon l’option choisie.
  • Rappel historique : en France, les investisseurs se tournaient jusqu’ici vers des pièces de collection comme les Louis d’or ou Napoléons, dont la frappe a cessé il y a un siècle.
  • Cours actuel de l’or : environ 4 500 dollars l’once, après une hausse de 65 % en 2025.

Une offre innovante pour répondre aux attentes des investisseurs

Le « Marianne-or » s’inscrit dans une démarche de modernisation du marché de l’or en France, un secteur jusqu’ici dominé par des transactions d’occasion ou des pièces de collection. Selon Marc Schwartz, cité par BFM Business, cette initiative répond à une demande croissante pour des actifs tangibles et sécurisés, notamment dans un contexte de volatilité économique. « L’or reste un valeur refuge, et cette nouvelle offre permet d’y accéder plus facilement, sous forme physique ou dématérialisée », a-t-il précisé. La Monnaie de Paris mise ainsi sur la flexibilité, en proposant aux investisseurs de choisir entre la détention d’un bullion tangible ou d’un e-bullion, stocké de manière sécurisée par l’institution.

Pour les particuliers, l’avantage réside dans la possibilité de convertir à tout moment leur e-bullion en un Marianne-or physique, ou inversement. Cette option hybride pourrait séduire ceux qui hésitent entre la sécurité d’un actif tangible et la praticité d’un placement dématérialisé. Les frais associés restent un élément clé : une commission est prélevée à l’achat, tandis que des frais d’envoi ou de garde s’appliquent selon le mode de détention choisi.

Un bullion aux caractéristiques bien précises

Le « Marianne-or » se distingue par son design, frappé d’une Marianne au recto et d’une carte des territoires français au verso. Une esthétique qui s’inspire directement des symboles républicains, tout en s’adaptant aux standards internationaux des monnaies d’investissement. Comme le rappelle BFM Business, plusieurs bullions existent déjà sur le marché mondial, tels que le Kruggerand sud-africain ou le Maple Leaf canadien. Pourtant, en France, l’offre se limitait jusqu’ici à des pièces de collection comme les Louis d’or ou les Napoléons, dont la production a cessé en 1914.

Les quatre formats proposés couvrent un large éventail de budgets, du plus accessible (dixième d’once, soit 3,11 grammes) au plus conséquent (once complète). Le prix d’achat sera directement indexé sur le cours de l’or au moment de la transaction, reflétant ainsi la valeur réelle du métal précieux. Un mécanisme qui permet aux investisseurs de bénéficier d’une transparence totale sur le coût de leur placement. « Le cours de l’or oscille en fonction de l’offre et de la demande, mais il reste un actif stable sur le long terme », souligne un analyste du secteur, cité par BFM Business.

Un marché en mutation, entre tradition et innovation

L’arrivée du « Marianne-or » s’inscrit dans un contexte où l’or continue d’attirer les investisseurs, malgré les fluctuations du marché. En 2025, le cours de l’or a connu une progression spectaculaire de 65 %, passant sous la barre des 4 500 dollars l’once ces derniers jours. Une tendance qui s’explique par plusieurs facteurs : l’inflation persistante, les tensions géopolitiques et la recherche de valeurs refuges en période d’incertitude économique. Pourtant, comme le rappelle BFM Business, l’or peut aussi connaître des phases de baisse, liées à l’évolution des marchés financiers ou à des changements dans les politiques monétaires.

Pour la Monnaie de Paris, cette initiative représente une diversification de ses activités, traditionnellement centrées sur la frappe de médailles et de pièces de collection. « Nous voulons montrer que l’or peut être un placement accessible, sans nécessiter l’achat de pièces anciennes ou de lingots », explique Marc Schwartz. L’institution mise ainsi sur la démocratisation de l’investissement en or, en s’appuyant sur sa réputation et sa expertise historique. Une stratégie qui pourrait inspirer d’autres pays européens, où le marché des bullions reste encore peu développé.

Et maintenant ?

Le lancement du « Marianne-or » le 16 juin pourrait marquer un tournant pour les investisseurs français, en leur offrant une alternative aux solutions existantes. À plus long terme, cette initiative pourrait inciter d’autres acteurs du marché à proposer des offres similaires, voire à développer des partenariats avec la Monnaie de Paris. Reste à voir si cette nouvelle monnaie d’investissement parviendra à s’imposer face à la concurrence internationale, notamment celle des bullions sud-africains ou canadiens. D’ici là, les prochains mois seront cruciaux pour évaluer l’engouement des particuliers et des professionnels pour cette offre innovante.

Avec le « Marianne-or », la Monnaie de Paris mise sur un double pari : moderniser l’accès à l’or en France tout en capitalisant sur la demande croissante pour des actifs tangibles. Une stratégie qui pourrait, si elle réussit, redéfinir les habitudes d’investissement des Français sur le marché des métaux précieux.

L’achat d’un bullion physique ou numérique donne lieu au paiement d’une commission par la Monnaie de Paris, ainsi que de frais d’envoi (pour la version physique) ou de garde (pour l’e-bullion). Ces frais varient selon l’option choisie et ne sont pas précisés dans l’annonce initiale.

Oui. La Monnaie de Paris s’engage à racheter l’e-bullion au cours du jour lors de la revente, garantissant ainsi la liquidité du placement. Les modalités exactes de rachat ne sont pas détaillées dans l’annonce.