Une opération technique à plus de 21 milliards de kilomètres de la Terre a permis à la NASA de prolonger la mission de la sonde Voyager 2. Selon Numerama, la manœuvre dite « Big Bang », basée sur une propulsion électrique, a rétabli le fonctionnement d’un instrument scientifique en perdition, offrant ainsi un sursis d’au moins un an à la sonde avant que son jumeau, Voyager 1, ne subisse le même traitement.

Ce qu'il faut retenir

  • La NASA a réussi une manœuvre électrique à 21 milliards de kilomètres pour sauver Voyager 2.
  • L’opération « Big Bang » a permis de relancer un instrument défaillant de la sonde.
  • Cette intervention garantit au moins un an de fonctionnement supplémentaire à Voyager 2.
  • La même procédure devrait être appliquée à Voyager 1 dans un second temps.

Lancée en 1977, Voyager 2 fait partie des rares objets fabriqués par l’homme à avoir quitté l’héliosphère, cette bulle protectrice formée par les vents solaires. Depuis plusieurs mois, l’un de ses cinq instruments scientifiques montrait des signes de défaillance, mettant en péril la collecte de données. Les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA, situés à Pasadena en Californie, ont alors imaginé une solution audacieuse : utiliser les propulseurs électriques de secours, normalement réservés aux corrections de trajectoire.

Cette manœuvre, baptisée « Big Bang » par les équipes techniques, a consisté à réorienter les propulseurs électriques pour compenser la perte de puissance de l’instrument défaillant. « C’était un pari risqué, mais les données reçues confirment son succès », a déclaré Suzanne Dodd, responsable du projet Voyager au JPL, à Numerama. L’opération a nécessité une reprogrammation complète des systèmes de bord, réalisés à distance avec un délai de communication de plus de 18 heures entre l’envoi de la commande et la réception de la confirmation.

Les sondes Voyager, conçues initialement pour une mission de cinq ans, fonctionnent désormais depuis près de 50 ans. Leur énergie provient de générateurs thermoélectriques à radio-isotopes (RTG), dont la puissance diminue d’environ 4 watts par an. Malgré cela, Voyager 2 continue d’envoyer des données scientifiques depuis l’espace interstellaire, une première historique. La réussite de cette manœuvre électrique marque une étape cruciale pour la poursuite de leur mission.

Et maintenant ?

Les équipes de la NASA préparent désormais l’application de cette même procédure à Voyager 1, dont un instrument présente des symptômes similaires. Si l’opération est couronnée de succès, les deux sondes pourraient continuer à transmettre des données jusqu’à la fin de la décennie, voire au-delà. Cependant, leur espérance de vie dépendra avant tout de la capacité des RTG à fournir suffisamment d’énergie, un facteur qui reste impossible à maîtriser.

Pour l’heure, Voyager 2 poursuit sa trajectoire à travers le milieu interstellaire, à une vitesse d’environ 15 km/s par rapport au Soleil. Les données qu’elle transmet, bien que de plus en plus rares, restent inestimables pour comprendre les confins de notre système solaire. Reste à savoir combien de temps encore les ingénieurs parviendront à repousser les limites de ces machines, devenues de véritables ambassadrices de l’humanité dans l’espace.

Une question persiste : jusqu’où ces sondes pourront-elles aller avant de perdre définitivement contact avec la Terre ?