Classée parmi les espèces exotiques envahissantes, la perruche à collier s’est installée durablement dans les grandes villes françaises, suscitant des interrogations sur son impact réel. Ouest France souligne que, malgré sa présence remarquée, son caractère nuisible n’a, à ce jour, pas été démontré scientifiquement.

Ce qu'il faut retenir

  • La perruche à collier est classée comme espèce exotique envahissante en France.
  • Elle est présente dans les grandes villes, notamment en Île-de-France, où sa population est estimée à plusieurs milliers d’individus.
  • Son impact écologique et sanitaire reste non prouvé scientifiquement, selon les experts.
  • Ses cris et ses déjections sont souvent pointés du doigt par les habitants comme des nuisances.
  • Les autorités locales étudient des mesures de gestion, sans décision ferme à ce stade.

Une espèce originaire d’Asie devenue urbaine

Originaire d’Afrique et d’Asie, la perruche à collier (Psittacula krameri) a été introduite en Europe au XXᵉ siècle via le commerce d’animaux de compagnie. Selon Ouest France, son adaptation aux milieux urbains français s’est accompagnée d’une expansion rapide. Aujourd’hui, elle colonise notamment les parcs et les jardins des grandes agglomérations, où les ressources alimentaires et les cavités pour nicher sont abondantes.

Contrairement à d’autres espèces invasives, comme le frelon asiatique ou le ragondin, la perruche à collier ne fait pas l’objet d’un plan de lutte national. Pour l’instant, aucune étude ne confirme son rôle dans la perturbation des écosystèmes locaux ou la transmission de maladies.

Des nuisances davantage que des dangers avérés

Si son impact écologique reste flou, ses cris stridents et ses déjections sont régulièrement évoqués par les riverains comme des sources de gêne. « Ses vocalises peuvent être perçues comme bruyantes, surtout en début de matinée ou en fin de journée », explique un ornithologue cité par Ouest France. Les fientes, quant à elles, peuvent souiller les véhicules et les espaces publics, entraînant parfois des plaintes des habitants ou des commerçants.

Pour autant, aucune preuve scientifique ne lie directement cette espèce à des dommages écologiques ou sanitaires. Les experts s’accordent à dire que son rôle dans la compétition avec les espèces locales (comme les étourneaux ou les pigeons) reste à évaluer. Une étude menée par le Muséum national d’Histoire naturelle en 2024 n’a pas révélé de menace majeure sur la biodiversité.

Des débats entre gestion urbaine et préservation de la biodiversité

Face à cette situation, les municipalités adoptent des positions contrastées. Certaines, comme celle de Paris, optent pour une surveillance passive, tandis que d’autres, comme celles de Marseille ou de Lyon, envisagent des mesures de régulation. En 2025, la ville de Lyon a lancé une consultation publique sur la gestion de la population de perruches, sans aboutir à une décision formelle.

Le ministère de la Transition écologique, contacté par Ouest France, a rappelé que « la priorité reste la prévention des introductions d’espèces exotiques ». Il a ajouté que, dans le cas de la perruche à collier, « aucune mesure coercitive n’est envisagée à ce stade ». Les scientifiques, eux, appellent à la prudence : « Eradiquer une espèce déjà bien implantée serait complexe et coûteux », a souligné un chercheur de l’INRAE.

Et maintenant ?

Les prochains mois pourraient voir une intensification des discussions entre experts, élus et associations de protection de la nature. Une évaluation nationale des impacts de la perruche à collier, prévue pour fin 2026, pourrait fournir des éléments décisifs pour trancher sur d’éventuelles mesures de gestion. En attendant, les villes concernées devraient renforcer la communication autour de cette espèce, afin d’éviter les malentendus entre préservation de la biodiversité et gestion des nuisances urbaines.

Bref, si la perruche à collier cristallise des tensions entre habitants et décideurs, son cas illustre surtout les défis posés par les espèces exotiques en milieu urbain. Autant dire que la question dépasse le simple débat sur le bruit et la propreté : elle interroge la manière dont les villes françaises intègrent, ou non, ces nouveaux venus dans leur équilibre écologique.

La perruche à collier est classée comme espèce exotique envahissante car elle a été introduite hors de son aire de répartition naturelle (Afrique et Asie) et montre une capacité à coloniser rapidement de nouveaux territoires, parfois au détriment d’espèces locales. Cette qualification est encadrée par le règlement européen (UE) n°1143/2014 sur la prévention et la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.