Depuis février 2026, le psychologue et psychanalyste Jérémy Pouilloux propose un dispositif inédit à Paris : la pingthérapie. Cette méthode thérapeutique originale combine des séances de tennis de table avec des échanges verbaux, visant à lever les blocages psychologiques de certains patients. Autant dire que l’initiative séduit autant qu’elle interroge dans le paysage des thérapies alternatives.
Ce qu'il faut retenir
- Une séance de pingthérapie associe 10 000 pas et plus, soit une activité physique soutenue, à un travail thérapeutique
- Le dispositif est proposé par le psychologue Jérémy Pouilloux depuis février 2026, à Paris
- L’objectif est de « débloquer les réticences » de patients en combinant sport et parole, comme le précise le praticien
- Cette approche s’inscrit dans une tendance croissante des thérapies in motu, où le mouvement physique accompagne la réflexion psychologique
Une thérapie qui mise sur le corps et l’esprit
Le principe de la pingthérapie repose sur un constat simple : lier l’effort physique à l’exploration psychique. Concrètement, chaque séance se structure autour de deux volets indissociables. D’un côté, une pratique sportive intensive – ici, le tennis de table – censée libérer des endorphines et réduire les tensions. De l’autre, un dialogue thérapeutique où le patient est invité à verbaliser ses émotions, ses blocages ou ses angoisses. « On part du principe que le corps parle avant même que les mots ne surgissent », explique Jérémy Pouilloux au Monde.
Contrairement aux thérapies traditionnelles où le patient reste souvent assis face à son thérapeute, cette méthode place l’individu en mouvement. L’idée ? Créer un environnement moins formel, voire ludique, pour faciliter l’expression des non-dits. Selon le psychologue, cette dynamique permettrait de contourner certaines résistances psychologiques, notamment chez les personnes réticentes à l’introspection classique.
Pour qui et pourquoi cette approche ?
La pingthérapie s’adresse à un public varié, mais cible en priorité les patients en quête d’une alternative aux méthodes conventionnelles. « Certains profils, notamment les adolescents ou les adultes en burn-out, trouvent difficile de se confier dans un cadre strictement verbal », note Pouilloux. En intégrant une activité physique exigeante, la séance devient à la fois un exutoire et un catalyseur de parole. « Le tennis de table demande une concentration intense. Une fois cette phase passée, l’esprit est plus disponible pour aborder des sujets plus profonds » ajoute-t-il.
Autre avantage revendiqué : la réduction du stress. Plusieurs études récentes soulignent l’impact positif de l’exercice physique sur la santé mentale, avec une baisse notable du cortisol, l’hormone du stress. En combinant sport et thérapie, la pingthérapie mise donc sur un double effet : physique et psychologique. Pour l’instant, le dispositif reste confidentiel, mais Pouilloux envisage d’élargir son offre dans les mois à venir.
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large où la santé mentale se conjugue avec le corps. Les thérapies par l’art, la danse ou même l’équitation ne sont plus des exceptions. Reste à voir si la pingthérapie parviendra à s’imposer comme une référence dans ce paysage en mutation. Une chose est sûre : l’innovation thérapeutique, qu’elle soit audacieuse ou surprenante, continue de faire ses preuves.
D’après le dispositif proposé par Jérémy Pouilloux, chaque séance dure environ 90 minutes. Elle se divise en deux parties : une heure de tennis de table suivie de 30 minutes d’échange thérapeutique, le tout sur un rythme soutenu.
Pour l’instant, la pingthérapie n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie. Elle relève d’une pratique privée, facturée entre 60 et 80 euros la séance selon les profils. Certains mutuelles pourraient néanmoins la rembourser dans le cadre de forfaits « bien-être » d’ici 2027.