Cryptoast révèle qu’BNY, la plus ancienne banque des États-Unis, formerly Bank of New York Mellon, va proposer à ses clients institutionnels un service de staking pour les cryptomonnaies. Un partenariat technique avec Galaxy Digital, spécialiste des actifs numériques, permettra aux investisseurs de générer des rendements directement depuis les actifs conservés dans les coffres de BNY, sans avoir à les transférer vers un prestataire externe.

Ce qu'il faut retenir

  • BNY, fondée en 1784, lance un service de staking crypto pour ses clients institutionnels, sans transfert des actifs vers un tiers.
  • Le projet repose sur un partenariat avec Galaxy Digital, qui fournira l’infrastructure technique nécessaire.
  • Le lancement est conditionné à l’approbation des régulateurs américains, une étape clé pour l’adoption institutionnelle.
  • BNY gère déjà plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars d’actifs et accélère son virage blockchain.
  • La banque prévoit aussi de tester la tokenisation des bons du Trésor américain avant fin 2026, avec un déploiement 24/7 attendu en 2027.

Selon les informations communiquées ce 8 août 2026, BNY s’appuiera sur l’expertise de Galaxy Digital pour proposer un service de staking intégré à sa plateforme de conservation d’actifs numériques. Cette collaboration technique vise à offrir aux grands investisseurs une solution simplifiée, évitant les risques liés aux transferts externes. « Le staking institutionnel représente une évolution naturelle pour les banques traditionnelles », a indiqué un porte-parole de BNY.

L’annonce s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de la banque. Depuis 2022, BNY propose déjà des services de conservation crypto et administre un volume colossal d’actifs. En 2026, l’établissement a également confirmé son intention de migrer sa tenue de registres vers la blockchain, avec pour objectif de créer un registre unique de propriété « on-chain ».

Un partenaire de poids pour une infrastructure robuste

Galaxy Digital, coté en Bourse sous le ticker GLXY, intervient sur l’ensemble de la chaîne de valeur crypto : trading, gestion d’actifs, staking et minage. Dans le cadre de ce partenariat, la société ne se limitera pas à fournir une infrastructure technique. Elle participera aussi à la conception des futurs services blockchain de BNY, renforçant ainsi la crédibilité de l’initiative.

Pour les clients institutionnels, l’avantage est double. D’une part, la sécurité des actifs est garantie par le cadre bancaire traditionnel de BNY. D’autre part, l’intégration du staking au sein même de la plateforme évite les complexités opérationnelles liées aux transferts vers des protocoles décentralisés. « Le staking intégré réduit les frottements et améliore l’efficacité », a souligné un analyste spécialisé.

BNY rejoint le mouvement des banques traditionnelles vers les cryptos

Cette initiative s’ajoute à une tendance mondiale où les grandes banques intègrent progressivement les cryptomonnaies et la blockchain. Aux États-Unis, des acteurs comme JPMorgan, BlackRock ou Goldman Sachs ont déjà lancé des services similaires ou annoncé des projets ambitieux. En Europe, l’entrée en vigueur du règlement MiCA en 2024 a accéléré l’adoption, poussant les établissements financiers à se conformer aux nouvelles normes.

En France, le Crédit Agricole s’est particulièrement distingué. Sa filiale CACEIS, enregistrée en tant que PSAN depuis 2023, a obtenu en juin 2025 le premier agrément européen MiCA pour une banque française. Elle a également lancé en juillet 2025 son propre stablecoin, l’EURXT, adossé à l’euro et émis sur Ethereum. Selon des informations rapportées par CoinDesk, la banque serait même en négociations exclusives pour racheter Meria, une plateforme française de staking comptant 150 000 utilisateurs et 350 millions d’euros d’encours sous gestion.

Tokenisation et blockchain : les prochaines étapes de BNY

BNY ne s’arrête pas au staking. La banque a annoncé vouloir tester la tokenisation des bons du Trésor américain sur une blockchain privée d’ici la fin de l’année 2026. Un règlement en continu (24/7) est prévu pour 2027, ce qui marquerait une avancée majeure pour l’efficacité des marchés obligataires.

Par ailleurs, la migration de l’activité de tenue de registres vers une infrastructure blockchain est en cours. L’objectif est de créer un registre unique, transparent et infalsifiable pour les actifs financiers. « Ces projets s’inscrivent dans une logique d’innovation responsable », a précisé un responsable de BNY. « Nous devons accompagner l’évolution des marchés tout en garantissant la stabilité financière. »

Et maintenant ?

L’approbation des régulateurs américains, notamment de l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency) et de la SEC, sera déterminante pour le lancement du service de staking. Si elle est obtenue, BNY pourrait devenir un modèle pour les autres banques traditionnelles souhaitant intégrer les cryptos sans prendre de risques opérationnels. Par ailleurs, le succès de l’initiative dépendra de l’adoption par les grands investisseurs, qui devront être convaincus par la sécurité et la simplicité du dispositif.

Côté réglementaire, 2027 s’annonce comme une année charnière avec l’entrée en vigueur de nouvelles règles européennes et américaines sur les actifs numériques. BNY, en pionnière, pourrait ainsi influencer l’élaboration de ces cadres juridiques.

Les prochains mois seront donc cruciaux pour évaluer l’impact de cette initiative. Si elle se concrétise, elle pourrait accélérer l’adoption des cryptomonnaies par les acteurs institutionnels, un pas de plus vers une finance hybride où les technologies traditionnelles et décentralisées coexistent.

Selon les informations disponibles, BNY et Galaxy Digital n’ont pas encore précisé la liste exacte des cryptomonnaies éligibles. Cependant, le service devrait initialement cibler les actifs les plus liquides comme Bitcoin et Ethereum, avant d’étendre l’offre à d’autres tokens. La sélection dépendra aussi des exigences réglementaires en vigueur.

Le staking intégré permet aux investisseurs institutionnels de générer des rendements sur leurs cryptos sans quitter l’écosystème sécurisé d’une banque traditionnelle. Cela réduit les risques de transfert vers des protocoles externes et simplifie la gestion des actifs, un argument clé pour les grands investisseurs soucieux de conformité et de sécurité.