Les salariés de La Redoute découvrent ce mercredi matin les contours d’un plan social qui va impacter directement 171 postes au sein de l’entreprise. Selon BFM Business, cette restructuration s’inscrit dans une volonté de « renouer avec une croissance durable », après plusieurs années de difficultés économiques et de perte de parts de marché face à la concurrence accrue des plateformes internationales.
Parmi les 171 emplois menacés, 138 concernent des postes situés en France, un chiffre à peine atténué par la création annoncée de 29 nouveaux postes. La direction évoque des « mesures contraintes » imposées par « les contraintes économiques d’un marché en tension », tout en insistant sur le recours prioritaire aux solutions de reclassement interne et à l’accompagnement des mobilités professionnelles. « Le projet fera l’objet d’une procédure d’information et de consultation des instances représentatives du personnel et de négociations avec les organisations syndicales », précise l’entreprise dans un communiqué.
Ce qu'il faut retenir
- La Redoute annonce la suppression de 171 postes, dont 138 en France, compensés par la création de 29 emplois.
- L’entreprise, filiale des Galeries Lafayette, justifie cette restructuration par « les contraintes économiques d’un marché en tension ».
- Le plan s’inscrit dans un contexte de perte de vitesse face aux plateformes étrangères comme Shein ou Temu.
- Le chiffre d’affaires de La Redoute est passé de plus d’1 milliard d’euros en 2022 à environ 800 millions en 2023 et 2024.
- En 2025, l’entreprise a enregistré une baisse supplémentaire de 5 % de son chiffre d’affaires, notamment en décoration.
- Béatriche Héricourt, directrice générale depuis 2025, pilote ce projet de redressement.
Un géant historique face à la concurrence internationale
Fondée il y a près de deux siècles, La Redoute occupait autrefois la troisième place des sites e-commerce dédiés à la mode et à la décoration en France. Pourtant, en 2025, l’entreprise a chuté à la cinquième position, selon ses propres données. Cette contre-performance s’explique en grande partie par l’évolution des habitudes de consommation et l’essor des géants asiatiques comme Shein, AliExpress ou Temu, qui captent une part croissante du marché.
Comme le rappelle BFM Business, ces plateformes ont su séduire une partie importante des consommateurs français. D’après l’Institut français de la mode, 40 % des Français ont déjà acheté des vêtements sur ces sites en 2026, représentant 19 % des achats en volume et 8 % en valeur sur le marché en ligne. Un phénomène qui illustre la pression exercée sur les acteurs traditionnels du secteur.
Un déclin progressif du chiffre d’affaires
Les difficultés de La Redoute ne datent pas d’hier. Après un pic à plus d’un milliard d’euros de ventes en 2022, les exercices suivants ont enregistré un net recul. En 2023 et 2024, le chiffre d’affaires s’est stabilisé autour de 800 millions d’euros, avant de subir une nouvelle baisse de 5 % en 2025. Le rayon décoration, autrefois pilier de l’entreprise avec 60 % des ventes, a particulièrement souffert, contribuant à fragiliser l’ensemble de l’activité.
Dans son communiqué, La Redoute évoque un « contexte marqué par l’évolution de la consommation, les changements structurels et technologiques de l’e-commerce, ainsi que la concurrence accrue des plateformes internationales ». Autant dire que l’équation à résoudre est complexe, d’autant que la période post-Covid, pourtant porteuse pour de nombreux acteurs du commerce en ligne, n’a pas permis à l’entreprise de rebondir.
« Le projet fera l’objet d’une procédure d’information et de consultation des instances représentatives du personnel et de négociations avec les organisations syndicales. »
Un plan de transformation sous haute tension
Pour tenter de redresser la barre, La Redoute mise sur un plan de transformation ambitieux, piloté par Béatriche Héricourt, nommée directrice générale en 2025. Cette dernière doit désormais mener une opération de restructuration qui, si elle est adoptée, marquera un tournant dans l’histoire de l’entreprise. Les négociations avec les syndicats et les représentants du personnel s’annoncent tendues, dans un contexte où les salariés redoutent pour leur avenir.
L’entreprise insiste sur les dispositifs d’accompagnement proposés : reclassement interne, mobilités professionnelles et, dans une moindre mesure, créations de postes. Pourtant, avec 138 emplois supprimés en France, l’impact social reste lourd, d’autant que le secteur de la distribution spécialisée traverse une période délicate depuis plusieurs années.
Reste à voir si ce virage suffira à redonner confiance aux consommateurs et à inverser la tendance face à une concurrence toujours plus agressive. Une chose est sûre : dans un marché aussi concurrentiel, chaque décision comptera.
La direction justifie ces suppressions par un contexte économique difficile, marqué par la baisse de la consommation, la concurrence accrue des plateformes étrangères et une perte de parts de marché. Selon BFM Business, l’entreprise fait face à des « contraintes économiques d’un marché en tension » et cherche à « renouer avec une croissance durable ».
La Redoute met en avant des solutions de reclassement interne et un accompagnement pour les mobilités professionnelles. L’entreprise précise que ces dispositifs seront prioritaires lors des négociations avec les syndicats, mais les détails concrets restent à préciser.