Selon Top Santé, face à la pression constante, à la comparaison sociale et au sentiment persistant de ne jamais en faire assez, une approche alternative émerge pour transformer notre rapport aux objectifs. Le psychologue Oliver Burkeman, auteur du livre Four Thousand Weeks: Time Management for Mortals, propose une méthode intitulée la « reverse bucket list », ou liste de choses à faire à l’envers. Cette technique invite à lister non plus ce que l’on souhaite accomplir, mais bien ce que l’on ne veut surtout plus faire d’ici la fin de sa vie.
L’objectif ? Changer radicalement de perspective en se concentrant sur l’essentiel et en libérant l’individu du poids des attentes irréalistes. « On passe souvent notre temps à courir après des objectifs qui ne nous correspondent plus, sans jamais prendre le temps de nous demander ce qui nous pèse réellement », a déclaré Burkeman à Top Santé. Une réflexion qui résonne particulièrement dans une société où la productivité est souvent confondue avec la valeur personnelle.
Ce qu'il faut retenir
- La « reverse bucket list » inverse la logique des listes d’objectifs classiques en listant ce que l’on souhaite éviter plutôt que ce que l’on veut accomplir.
- Cette méthode est présentée par le psychologue Oliver Burkeman, auteur reconnu sur les questions de temps et de productivité.
- Elle vise à réduire la pression sociale et les attentes irréalistes en recentrant l’individu sur ses véritables priorités.
Une réponse à l’épuisement des listes traditionnelles
Les listes d’objectifs, qu’elles soient professionnelles, personnelles ou sportives, sont devenues un outil omniprésent dans notre quotidien. Pourtant, selon Top Santé, elles peuvent aussi devenir une source de stress et d’anxiété. Entre la pression de la performance et le sentiment de ne jamais être à la hauteur, nombreux sont ceux qui se sentent submergés. « Nos listes nous donnent l’illusion de contrôler notre temps, alors qu’elles finissent souvent par nous contrôler », a précisé Burkeman.
La « reverse bucket list » propose une alternative radicale : au lieu de se fixer des défis toujours plus ambitieux, on identifie ce qui nous empêche de vivre sereinement. Un voyage de trop ? Une réunion inutile ? Une habitude toxique ? Autant d’éléments qui, une fois listés, permettent de repenser ses priorités avec plus de clarté.
Comment construire sa propre liste inversée ?
Pour appliquer cette méthode, Burkeman suggère de commencer par un exercice simple : dresser une liste de cinq à dix choses que l’on ne souhaite absolument pas faire avant la fin de sa vie. Cela peut inclure des tâches professionnelles, des relations toxiques ou des projets sans importance. « L’idée n’est pas de tout supprimer, mais de prendre conscience de ce qui nous éloigne de ce qui compte vraiment », a expliqué le psychologue à Top Santé.
Une fois la liste établie, il est conseillé de l’affiner régulièrement. Certains y ajoutent des détails, comme les raisons pour lesquelles ces éléments sont indésirables ou les émotions qu’ils génèrent. D’autres préfèrent la classer par ordre de priorité, pour mieux cibler leurs efforts d’élimination. L’important, selon Burkeman, est de ne pas voir cette liste comme une contrainte, mais comme un outil de libération.
Un outil pour recentrer sa vie sur l’essentiel
Au-delà de la méthode elle-même, la « reverse bucket list » s’inscrit dans une réflexion plus large sur notre rapport au temps et à la réussite. Dans une société où l’on nous encourage sans cesse à « tout donner » et à « repousser nos limites », cette approche invite à un changement de paradigme. « Plutôt que de chercher à maximiser chaque instant, pourquoi ne pas apprendre à en éliminer certains ? », s’interroge Burkeman.
Cette idée rejoint d’ailleurs les travaux de plusieurs chercheurs en psychologie positive, qui soulignent l’importance de la « sobriété heureuse » pour améliorer le bien-être. En réduisant le nombre d’objectifs et en se concentrant sur ce qui compte vraiment, on peut ainsi gagner en sérénité et en efficacité. Selon Top Santé, cette méthode commence à gagner en popularité, notamment parmi les professionnels en quête de sens.
Reste à voir si cette approche s’imposera comme une alternative durable aux listes d’objectifs traditionnelles. Une chose est sûre : dans un monde où la pression est omniprésente, trouver des outils pour mieux vivre son temps est plus que jamais une priorité.
Contrairement à une liste de désirs non réalisés, qui se concentre sur des échecs ou des projets inaboutis, la « reverse bucket list » cible explicitement ce que l’on souhaite éviter. L’objectif n’est pas de regretter le passé, mais de se projeter dans l’avenir en identifiant ce qui nous pèse. « Ce n’est pas une liste de regrets, mais une liste de libérations », précise Burkeman selon Top Santé.