Selon Euronews FR, la Russie exige que l'Arménie organise un référendum national d'ici décembre pour choisir entre l'Union européenne (UE) et l'Union économique eurasiatique (UEEA). Ce référendum est considéré comme un ultimatum, la Russie menaçant de couper les livraisons de pétrole et de gaz à l'Arménie si celle-ci ne se conforme pas à cette exigence.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, a justifié ce choix de date en raison de la réunion des membres de l'UEEA prévue en décembre. Lors de cette réunion, les dirigeants de la Russie, du Bélarus, du Kazakhstan et du Kirghizistan discuteront des conséquences possibles de la suspension, pour l'Arménie, de l'application du traité sur l'UEEA. Galouzine a déclaré que « si, d'ici là, l'appel à organiser un référendum n'est pas entendu, les dirigeants en tiendront compte lorsqu'ils définiront leurs prochaines actions conjointes ».

Ce qu'il faut retenir

  • L'Arménie est sommée d'organiser un référendum national d'ici décembre pour choisir entre l'UE et l'UEEA.
  • La Russie menace de couper les livraisons de pétrole et de gaz à l'Arménie si celle-ci ne se conforme pas à cette exigence.
  • Le référendum est justifié par la réunion des membres de l'UEEA prévue en décembre.

Contexte et réactions

Le député du parti au pouvoir en Arménie, Contrat civil, Sargis Khandanyan, a affirmé qu'un tel référendum ne pouvait pas être organisé « sur une question qui, tout simplement, ne se pose pas ». Il a souligné que « l'appartenance de l'Arménie sert les intérêts de notre pays comme ceux des États membres de l'UEEA », et que « l'Arménie continuera de contribuer politiquement et financièrement à son fonctionnement ».

Au printemps dernier, le Parlement arménien a adopté un texte lançant le processus d'adhésion à l'Union européenne. Cependant, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a précisé que ces projets restent « théoriques » et que l'Arménie compte rester au sein de l'UEEA aussi longtemps que possible.

Conséquences et perspectives

Les perspectives d'adhésion de l'Arménie au bloc européen restent floues, l'économie de la république demeurant étroitement liée aux accords de l'UEE sur le commerce et l'accès aux marchés des pays membres du bloc. Le Kremlin tente de ramener son ancien allié stratégique dans sa sphère d'influence.

La Russie a commencé à introduire progressivement des « restrictions temporaires » sur les importations de produits arméniens, mesures critiquées comme contraires au cadre juridique régissant les relations entre les deux pays. Nikol Pachinian a estimé que ces mesures « alimentent une perception négative de l'UEE » dans son pays.

Et maintenant ?

Les prochaines mesures de Moscou pourraient viser les liaisons aériennes et les flux touristiques entre les deux pays, ainsi qu'un durcissement de la politique migratoire à l'égard des citoyens arméniens. La situation reste tendue et les conséquences de la décision de l'Arménie seront étroitement surveillées.