Une enquête réalisée par le média russe indépendant 'Proekt' révèle que malgré l'abandon officiel de l'arme chimique par la Russie, les compétences, chercheurs et infrastructures associés n'ont jamais été supprimés, mais simplement réorientés. Cette investigation met en lumière un réseau de cinq instituts regroupant plus de 3 500 employés, impliqués à divers niveaux dans la recherche, la production, l'expérimentation et la gestion de substances hautement toxiques.
Ce qu'il faut retenir
- La Russie aurait maintenu des capacités en armes chimiques malgré son engagement à les abandonner publiquement.
- Plus de 3 500 employés seraient impliqués dans la recherche, la production et l'expérimentation de substances toxiques.
- Des instituts russes seraient toujours actifs dans le développement d'agents neurotoxiques de nouvelle génération.
- La Russie aurait continué de travailler sur des composés toxiques malgré la Convention sur l'interdiction des armes chimiques.
L'institut clé: GosNIIOKhT
Au cœur de cette activité se trouve le GosNIIOKhT, Institut d'État de recherche en chimie organique et technologie, employant environ 700 personnes. Cet institut, connu pour ses développements d'agents neurotoxiques, a été mis en lumière après les empoisonnements de Sergueï Skripal et d'Alexeï Navalny.
Le rôle de l'institut Signal
L'enquête mentionne également l'institut Signal à Moscou, regroupant environ 500 collaborateurs, capable de synthétiser des substances toxiques et de mettre au point leur mode de diffusion.
Les activités autour de Signal
Signal travaillerait sur des techniques comme la nanoencapsulation pour retarder l'action d'un poison. D'autres recherches portent sur la prédisposition génétique à certaines substances toxiques.
Essais sur des militaires volontaires
L'enquête révèle des essais menés sur des militaires volontaires à l'Institut de médecine militaire de Saint-Pétersbourg, visant à mesurer les effets physiologiques, neurologiques et cognitifs de l'exposition à des substances toxiques.
Préoccupations internationales
En réaction à ces révélations, la France, le Royaume-Uni, la Suède, les Pays-Bas et l'Allemagne ont exprimé leurs inquiétudes quant au non-respect par la Russie de ses engagements en matière de destruction de son arsenal chimique.
Conclusions
Cette enquête met en lumière la persistance des activités liées aux armes chimiques en Russie malgré les engagements internationaux contraires, soulevant ainsi des préoccupations au niveau mondial quant au respect des traités internationaux en la matière.