Avec l’arrivée des fortes chaleurs, la salade tomates-burrata s’impose comme l’un des plats phares des menus estivaux. Pourtant, ce qui est souvent présenté comme une option légère et saine par les restaurants pourrait cacher un apport calorique bien plus conséquent qu’il n’y paraît. C’est ce que met en garde la médecin nutritionniste Magda Carlas, interrogée par Top Santé.

D’après cette spécialiste, la combinaison de la burrata, un fromage italien riche en matières grasses, avec les tomates et l’huile d’olive souvent ajoutée en abondance, en fait un plat bien moins diététique qu’on ne le croit généralement. « Quand on commande une salade tomates-burrata en terrasse, on a l’impression de faire un choix sain. Pourtant, entre la burrata, l’huile et les accompagnements, on dépasse facilement les 800 à 1 000 calories par portion », explique-t-elle. Un chiffre qui surprend, alors que les recommandations pour un repas équilibré tournent plutôt autour de 500 à 700 calories pour une femme et 600 à 800 pour un homme.

Ce qu'il faut retenir

  • La salade tomates-burrata, souvent présentée comme « healthy », peut dépasser 800 à 1 000 calories par portion selon la quantité de burrata et d’huile utilisée.
  • La burrata, fromage à pâte filée riche en lipides, représente l’essentiel de l’apport calorique de ce plat.
  • Magda Carlas, médecin nutritionniste, alerte sur cette illusion de repas léger, surtout en période de restriction alimentaire ou de régime.
  • Les portions servies en restaurant sont souvent généreuses, ce qui aggrave encore l’apport énergétique.

Une illusion de repas sain, renforcée par les tendances estivales

Le succès de la salade tomates-burrata ne doit rien au hasard. En pleine saison estivale, les restaurants misent sur des plats colorés et frais pour attirer une clientèle en quête de légèreté. « C’est un classique des cartes en juillet et août, car il donne une impression de fraîcheur et de vitalité », note Magda Carlas. Pourtant, cette perception est trompeuse. La burrata, avec ses 25 à 30 % de matières grasses, transforme ce qui semble être un plat simple en un repas riche et peu adapté aux régimes hypocaloriques.

« On associe souvent la tomate à un aliment peu calorique, ce qui est vrai, mais c’est la burrata qui domine le plat », précise la nutritionniste. Et le problème ne s’arrête pas là. Les restaurants ajoutent généralement de l’huile d’olive en abondance, parfois jusqu’à 20 à 30 grammes, ce qui représente à lui seul près de 200 calories supplémentaires. Sans compter les accompagnements comme le basilic, les pignons de pin ou les olives, qui, bien que minimes en quantité, ajoutent des calories non négligeables.

Des alternatives existent, mais la vigilance reste de mise

Face à ce constat, Magda Carlas recommande de limiter la consommation de burrata à 50 grammes maximum pour une portion raisonnable. « Si on veut vraiment profiter de ce plat sans excès, il faut soit réduire la quantité de fromage, soit l’accompagner de légumes supplémentaires comme des concombres ou des radis pour équilibrer », suggère-t-elle. Une autre option consiste à remplacer la burrata par de la mozzarella allégée ou du fromage blanc 0 %, bien moins caloriques.

Certains établissements commencent d’ailleurs à proposer des versions revisitées de ce classique. « Certains restaurants remplacent la burrata par de la ricotta ou ajoutent des légumes grillés pour réduire l’apport calorique », indique la nutritionniste. Une tendance qui pourrait s’accentuer sous la pression des clients soucieux de leur alimentation. « Les attentes des consommateurs évoluent, et les professionnels de la restauration l’ont bien compris », ajoute-t-elle.

Et maintenant ?

D’ici la fin de l’été, on pourrait assister à une adaptation des cartes des restaurants, avec l’apparition de versions allégées ou alternatives de la salade tomates-burrata. Magda Carlas estime que les établissements pourraient être incités à préciser davantage l’apport calorique de leurs plats, sous la pression des régimes et des applications de suivi alimentaire. Reste à voir si cette prise de conscience se généralisera, ou si l’illusion du « repas healthy » perdurera malgré les mises en garde.

En attendant, les consommateurs sont invités à la prudence. Comme le rappelle la nutritionniste : « Le meilleur moyen de ne pas se tromper reste de cuisiner soi-même. Une salade tomates-mozzarella allégée, préparée à la maison, reste la solution la plus sûre pour allier plaisir et équilibre alimentaire. »