Selon Le Monde, la Slovaquie a adopté une position ferme en refusant d’enregistrer les mariages homosexuels conclus à l’étranger, malgré un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) datant de novembre 2025. Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre certains États membres et les exigences juridiques européennes en matière de droits LGBTQ+.

Ce qu'il faut retenir

  • En novembre 2025, la Cour de justice de l’Union européenne a statué que les pays membres doivent reconnaître les unions homosexuelles conclues dans un autre État membre.
  • La Slovaquie refuse désormais d’enregistrer ces mariages, malgré cette obligation juridique.
  • Cette position pourrait être contestée devant les instances européennes, au nom du respect du droit communautaire.
  • D’autres pays d’Europe centrale, comme la Hongrie ou la Pologne, partagent des positions similaires sur cette question.

Un arrêt de la CJUE qui fait jurisprudence

L’arrêt rendu par la Cour de justice de l’Union européenne en novembre 2025 a marqué un tournant dans la reconnaissance des droits des couples homosexuels au sein de l’UE. Selon Le Monde, les juges européens ont estimé que tout pays membre était tenu de reconnaître une union entre personnes de même sexe conclue dans un autre État membre, même si sa législation nationale ne prévoit pas le mariage homosexuel.

Cette décision s’appuyait sur les principes de libre circulation et de non-discrimination au sein du marché intérieur. Pourtant, certains gouvernements, comme celui de Bratislava, choisissent de contourner cette obligation en refusant purement et simplement d’enregistrer ces unions, comme le rapporte Le Monde.

La Slovaquie face à ses obligations européennes

La Slovaquie, dirigée par un gouvernement conservateur, a toujours adopté une posture réticente envers les droits LGBTQ+. Le ministre de la Justice slovaque, Marek Antal, a justifié cette décision en invoquant la souveraineté nationale et les « valeurs chrétiennes » du pays. « Nous respectons les décisions de la CJUE, mais nous ne pouvons pas aller à l’encontre de notre Constitution », a-t-il déclaré à la presse locale.

Pourtant, cette position expose Bratislava à un risque de procédure d’infraction de la part de la Commission européenne, qui pourrait saisir la CJUE pour non-respect du droit de l’UE. Selon Le Monde, plusieurs associations de défense des droits humains, comme Human Rights Watch, ont déjà annoncé leur intention de porter l’affaire devant les tribunaux européens.

Un débat qui dépasse les frontières slovaques

La question divise l’Europe. Si des pays comme les Pays-Bas, la Suède ou l’Espagne reconnaissent pleinement le mariage homosexuel, d’autres, notamment en Europe centrale, freinent des quatre fers. La Hongrie, par exemple, a adopté en 2020 une loi limitant la reconnaissance des droits des personnes transgenres, tandis que la Pologne multiplie les « zones sans idéologie LGBT » depuis 2019.

Cette fragmentation juridique crée une insécurité pour les couples homosexuels circulant dans l’UE. Un citoyen slovaque marié à un partenaire allemand, par exemple, pourrait se voir refuser la reconnaissance de son union à son retour en Slovaquie, malgré son statut légal en Allemagne. « C’est une situation absurde qui pénalise les familles », s’insurge Eva Michalkova, porte-parole de Inakost, une ONG slovaque de défense des droits LGBTQ+.

Et maintenant ?

La Commission européenne devrait prochainement examiner la position slovaque. Une décision formelle pourrait être rendue d’ici la fin de l’année 2026, avec un possible renvoi devant la CJUE. En attendant, les couples concernés pourraient multiplier les recours juridiques nationaux, tandis que les associations appellent à une harmonisation plus forte des législations au niveau européen.

Reste à voir si Bratislava cédera sous la pression institutionnelle ou si elle maintiendra sa ligne dure, quitte à s’isoler davantage au sein de l’UE.

Cette affaire illustre les tensions persistantes entre souveraineté nationale et intégration européenne, un débat qui devrait encore s’intensifier dans les mois à venir.

Le gouvernement slovaque invoque la Constitution du pays, qui ne reconnaît pas le mariage homosexuel, ainsi que des « valeurs chrétiennes » qu’il juge incompatibles avec cette reconnaissance. Cette position s’inscrit dans une stratégie politique plus large de résistance aux normes progressistes venues de Bruxelles, selon les observateurs.