À moins de vingt-quatre heures de l’arrivée prévue à Pornichet, la deuxième étape de la Solitaire du Figaro Paprec s’annonce comme un exercice d’endurance sous des conditions météorologiques particulièrement exigeantes. Selon Le Figaro, les 36 skippers encore en lice se retrouvent piégés dans une vaste zone de vents faibles, à moins de 80 milles nautiques de la ligne d’arrivée. Après une traversée marquée par des orages et une brume dense, cette dernière ligne droite se transforme en une épreuve d’attente où chaque souffle de vent devient une denrée rare.

Ce qu'il faut retenir

  • Les trois premiers du classement se relaient en tête au soir du 26 mai, avec Adrien Hardy en première position devant Paul Loiseau et Marie Gendron.
  • La flotte navigue à moins de 80 milles de Pornichet, mais les vents faibles transforment l’arrivée en une course d’usure.
  • L’écart entre les premiers et les derniers du classement est de 40 milles, tandis que 13 skippers se tiennent en moins de 5 milles.
  • Le départ de la troisième étape, initialement prévu plus tôt, a été reporté à dimanche soir pour permettre aux marins de récupérer.
  • Les conditions météo ont déjà éprouvé les équipages, avec des nuits blanches et des difficultés à maintenir une stratégie claire.

Le classement provisoire, établi à 20 heures ce mardi 26 mai, reflète cette bataille d’usure. Adrien Hardy a repris la tête de la course devant Paul Loiseau et Marie Gendron. Derrière eux, Nicolas Lunven (PRB) occupe la quatrième place, suivi de près par Elie Driver (STEM on the Water) et François Jambou (Yuman). Tom Dolan, leader du classement général provisoire, pointe à la septième position, tandis que Eliaz Morineau (Demain sans HPV) complète le top 8. Ces positions pourraient encore évoluer d’ici l’arrivée, les écarts restant serrés en tête de flotte.

Côté stratégie, les skippers naviguent dans une incertitude totale. Les prévisions météo, marquées par une alternance de passages venteux et de zones calmes, rendent toute anticipation impossible. Yoann Richomme, consultant pour la course, a livré son analyse ce mardi : « La fin de parcours va être tout aussi compliquée que ce qu’ils vivent quasiment depuis le début. Il y a eu une alternance de passages avec un petit peu de vent et un vent quasi absent. Donc c’est très dur de savoir dire de quel côté ça va passer. Si je me mouille un peu, je donnerais un petit avantage à ceux du nord. Mais bon, ça reste quand même peu évident à déchiffrer. » Selon lui, cette situation est source de tension même à terre, où suivre l’évolution de la course relève du casse-tête. « Je suis cette course avec énormément d’attention, mais là, elle est déjà dure à suivre à terre nerveusement. Alors en mer, je n’imagine même pas. Ils vont revenir de là vraiment usés. J’espère pour eux qu’ils arriveront en fin de journée jeudi. »

Richomme a également pointé du doigt les skippers en difficulté, comme Loïs Berrehar (Banque Populaire), qui accuse un retard de 12 milles. « Ça peut s’annoncer compliqué pour lui. » Une remarque qui illustre l’écart croissant entre les têtes de flotte et ceux qui peinent à trouver leur rythme dans ces conditions capricieuses.

Sur l’eau, les marins tentent de garder leur moral intact malgré l’épreuve. Les échanges par VHF rythment les heures, entre discussions techniques et observations de la faune marine. Dauphins, globicéphales et même un requin peau bleue ont été repérés, offrant une distraction bienvenue. « Tous sont logés à la même enseigne », rappelle un skipper, soulignant la solidarité qui unit les concurrents dans cette traversée du calme avant la tempête.

L’axe de navigation reste orienté nord-ouest / sud-est, mais chaque skipper scrute l’horizon en quête du moindre souffle. L’écart entre les extrêmes du classement atteint 40 milles, un fossé qui pourrait se réduire ou s’élargir selon les zones de vent rencontrées. Treize concurrents se tiennent toujours en moins de 5 milles, une proximité qui promet des rebondissements jusqu’à l’arrivée.

« Ce serait très bien de ne pas passer deux nuits supplémentaires en mer. J’ai l’impression d’être quand même assez déterminant pour la suite de l’épreuve. Au classement, au temps, il peut y avoir des surprises. »
Yoann Richomme, consultant pour la Solitaire du Figaro Paprec

Cette deuxième étape, déjà éprouvante, marque un tournant dans la course. Les marins, épuisés par des nuits sans sommeil et une navigation à l’aveugle, attendent avec impatience l’arrivée à Pornichet. Le report du départ de la troisième étape, désormais fixé à dimanche soir, leur offre un répit bien mérité. « Un soulagement pour eux qui vont pouvoir se reposer un peu plus », confie un observateur. Une trêve bienvenue avant la suite du parcours.

Et maintenant ?

L’arrivée à Pornichet est prévue pour jeudi en fin de journée, si les conditions météo le permettent. Une fois la deuxième étape terminée, les skippers auront deux jours pour récupérer avant le départ de la troisième étape, reprogrammée dimanche soir. Les écarts au classement pourraient encore se resserrer ou se creuser selon les stratégies adoptées dans les prochaines heures. La météo, toujours incertaine, reste le principal facteur d’incertitude pour la suite de l’épreuve.

Cette deuxième étape de la Solitaire du Figaro Paprec s’achèvera donc sur une note d’attente et d’effort continu. Les marins, habitués aux défis, savent que chaque mille compte dans cette course d’endurance. Une chose est sûre : l’arrivée à Pornichet ne marquera pas la fin des épreuves pour les plus fatigués d’entre eux.

Au soir du 26 mai, Adrien Hardy mène la flotte devant Paul Loiseau et Marie Gendron. Nicolas Lunven (PRB) est quatrième, suivi d’Elie Driver (STEM on the Water) et François Jambou (Yuman). Tom Dolan, leader du classement général provisoire, est septième, tandis qu’Eliaz Morineau complète le top 8.

Le départ de la troisième étape a été décalé à dimanche soir pour permettre aux skippers de récupérer après cette deuxième étape éprouvante sous vents faibles et conditions météo difficiles.