À deux ans d’intervalle, l’atelier nantais Blam s’est imposé comme un acteur clé des scénographies événementielles en France. Après avoir marqué les Jeux olympiques de Paris en 2024 avec le cheval mécanique de la cérémonie d’ouverture, l’équipe s’attaque à un nouveau défi : concevoir un présentoir moderne pour exposer la tapisserie de Bayeux, un chef-d’œuvre médiéval de près de mille ans. Selon Le Figaro, cette table de 72 mètres de long, dont le prototype a été dévoilé en juin, doit permettre de présenter dans les meilleures conditions cette broderie normande lors de son retour en France, prévu en 2027.

Le Musée de la tapisserie de Bayeux, actuellement fermé pour travaux jusqu’en octobre 2027, prépare une refonte de son parcours de visite. Pendant ce temps, l’œuvre, classée monument historique depuis 1840, est prêtée pour un an au British Museum à Londres, dans le cadre des célébrations du millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant. Son transfert, achevé en juillet sans altération visible, s’est accompagné de précautions extrêmes pour préserver ce bien fragile, dégradé par les siècles : 30 déchirures et près de 10 000 trous émaillent son tissu.

Ce qu'il faut retenir

  • Une commande publique d’envergure : l’atelier Blam, basé à Nantes, a été choisi pour concevoir un présentoir de 72 mètres de long, soit trois mètres de plus que la tapisserie elle-même.
  • Une scénographie innovante : la table devra permettre de retourner mécaniquement la broderie pour faciliter les restaurations, une fonctionnalité absente de l’ancien dispositif des années 1980.
  • Un prêt historique : la tapisserie est actuellement exposée au British Museum dans le cadre d’un échange d’un an, décidé par le président Emmanuel Macron.
  • Un défi technique et pédagogique : le présentoir devra préserver l’intégrité de l’œuvre tout en accompagnant son récit à travers les siècles.
  • Un retour en France attendu pour 2027 : le Musée de Bayeux rouvrira ses portes après des travaux, tandis que la broderie effectuera son voyage retour depuis Londres.

De la flamme olympique au présentoir médiéval

L’atelier Blam s’est fait connaître du grand public en 2024 avec la vasque des Jeux olympiques de Paris et son cheval mécanique argenté, qui avait captivé les spectateurs lors de la cérémonie d’ouverture. Selon Le Figaro, cette notoriété récente a conduit les autorités à leur confier une nouvelle mission, tout aussi ambitieuse : concevoir un support adapté à la présentation de la tapisserie de Bayeux. Ce choix reflète une volonté de moderniser la mise en valeur des œuvres patrimoniales, en combinant sécurité et pédagogie.

Le prototype de la table, dévoilé en juin, illustre cette approche. Fabriquée en métal, elle doit répondre à des exigences strictes : ne pas déchirer ni altérer la broderie, tout en permettant une rotation mécanique pour les restaurations. « Plus qu’un simple support, elle explore les conditions de sa présentation et accompagne son récit à travers les siècles », indique l’atelier dans un communiqué. La fabrication définitive est programmée pour l’automne 2026.

Un chef-d’œuvre médiéval sous haute protection

Réalisée dans la seconde moitié du XIe siècle, la tapisserie de Bayeux raconte l’invasion de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Classée monument historique depuis 1840, elle est considérée comme l’un des joyaux du patrimoine français. Son prêt au British Museum, décidé par Emmanuel Macron, s’inscrit dans le cadre des célébrations du millénaire de la naissance du duc de Normandie. Cependant, son état de conservation reste fragile : 30 déchirures et près de 10 000 trous ont été recensés, nécessitant une surveillance constante.

Le transfert vers Londres, achevé en juillet 2026, a été réalisé avec une extrême précaution pour éviter toute dégradation. Selon Le Figaro, l’opération s’est déroulée sans altération visible, mais la question de sa préservation reste centrale. Le retour en France, prévu pour 2027, coïncidera avec la réouverture du Musée de Bayeux, actuellement en travaux jusqu’en octobre de cette même année.

Une table conçue pour l’avenir

La future table de 72 mètres, imaginée par Blam, ne se limite pas à un rôle de support passif. Elle intégrera un système mécanique permettant de retourner la tapisserie, une innovation absente de l’ancien dispositif du musée, datant des années 1980. Cette fonctionnalité facilitera les inspections et les restaurations futures, tout en garantissant la sécurité de l’œuvre.

« Cette table doit pouvoir supporter la tapisserie de Bayeux sans la déchirer, sans l’altérer », a déclaré Aurélien Meyer, fondateur de l’atelier Blam, à Ici Loire Océan. « Elle est faite de la manière la plus précise possible avec des détails qui sont tous précis, qui doivent respecter au maximum la tapisserie de Bayeux. » La fabrication définitive débutera à l’automne 2026, en vue d’une installation dans le nouveau parcours de visite du musée.

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à finaliser la fabrication du présentoir, dont la mise en place est prévue avant l’automne 2027. En parallèle, la tapisserie de Bayeux poursuivra son séjour au British Museum jusqu’en 2027, date à laquelle elle effectuera son voyage retour vers la France. Reste à savoir si cette collaboration entre les deux institutions culturelles donnera lieu à d’autres projets communs. Une chose est sûre : le retour de la broderie en Normandie promet d’attirer l’attention, tant pour son importance historique que pour son exposition repensée.

Si la table conçue par Blam suscite déjà l’intérêt, son efficacité ne pourra être pleinement évaluée qu’à l’ouverture du Musée de Bayeux, prévue pour octobre 2027. D’ici là, les regards seront tournés vers Londres, où la tapisserie continue de fasciner les visiteurs, avant de retrouver la Normandie et une présentation à la hauteur de son prestige.

Le prêt s’inscrit dans le cadre des célébrations du millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant, figure historique majeure. Ce transfert d’un an, décidé par le président Emmanuel Macron, vise à renforcer les échanges culturels entre la France et le Royaume-Uni, tout en offrant au public britannique l’opportunité de découvrir ce chef-d’œuvre médiéval.