Des diplomates et des scientifiques du monde entier vont se réunir à Versailles pour statuer sur le sort d'un réglage des horloges mondiales, qui menace les infrastructures informatiques de graves dysfonctionnements, selon BFM Business. La plupart d'entre eux sont d'accord pour réformer ce système rapidement, sauf la Russie de Vladimir Poutine.
Les maîtres du temps sont appelés à se réunir à Versailles, près du château du Roi Soleil. Du 13 au 15 octobre, des diplomates et des scientifiques russes, européens, américains ou chinois sont conviés à la 28e réunion de la Conférence générale des poids et mesures (CGPM), dont la mission est de fixer les règles mondiales du système d'unités de mesure, pour qu'elles soient les mêmes dans tous les pays.
Ce qu'il faut retenir
- La Terre tourne plus vite et on risque de devoir enlever une seconde à nos horloges.
- La réforme du temps est nécessaire pour éviter un bug à 300 milliards de dollars.
- La Russie est réticente à adopter cette réforme.
- La Conférence générale des poids et mesures se réunira à Versailles du 13 au 15 octobre.
Le contexte
Historiquement, l'heure était fixée en regardant vers le ciel, en fonction de notre position par rapport au Soleil, et donc via l'astronomie. Midi correspond ainsi au moment où le Soleil est au plus haut dans le ciel. Cependant, la Terre ne tourne pas toujours au même rythme. De manière générale, elle a tendance à ralentir, mais sa rotation est irrégulière.
Cet obstacle a été contourné grâce aux horloges atomiques développées après la Seconde guerre mondiale. Celles-ci utilisent les vibrations des atomes et leur fréquence s'est révélée beaucoup plus précise et extrêmement stable. « La physique a surpassé l'astronomie. Dans les années 1960, on a donc basculé d'une définition astronomique du temps à une définition fondée sur les horloges atomiques », explique Frédéric Meynadier, physicien au Bureau international des poids et des mesures (BIPM).
Le problème
Au début, la seconde intercalaire ne posait pas beaucoup de problème. Mais les choses ont commencé à se gâter à mesure que les infrastructures informatiques se sont développées. Celles-ci ne réagissent pas très bien à ces changements. Certains systèmes arrivent à s'adapter, d'autres plantent. Et il est très difficile de savoir à l'avance où les problèmes vont se situer.
En 2012, l'ajustement avait ainsi provoqué un bug majeur du système Linux, le forum Reddit avait été en rade pendant près d'une heure, Mozilla avait été perturbé, et le système informatique de la compagnie aérienne Qantas était tombé en panne, retardant plusieurs dizaines de vols.
La réforme
La solution envisagée consiste donc à changer complètement d'échelle. Aujourd'hui, dès que l'heure atomique (UTC) risque de s'écarter de plus de 0,9 seconde de l'heure déterminée par la rotation de la Terre, il faut la corriger avec une seconde intercalaire. C'est précisément cette opération qui pose problème aux systèmes informatiques.
Le BIPM propose donc de laisser ces deux horloges s'éloigner beaucoup plus longtemps l'une de l'autre : au lieu d'intervenir à partir de 0,9 seconde d'écart, on accepterait désormais un décalage pouvant aller jusqu'à une heure, soit 3.600 secondes. « Cela veut dire qu’on n'aurait plus de questions à se poser pendant des centaines, voire des milliers d’années », poursuit le chercheur.
En conclusion, la réforme du temps est un sujet complexe et important qui nécessite l'accord de tous les pays. Il est essentiel de surveiller les prochaines échéances et les décisions qui seront prises pour éviter un bug à 300 milliards de dollars.