La Banque des Règlements Internationaux (BRI) considère que la tokenisation des actifs financiers pourrait transformer les paiements transfrontaliers, selon une analyse publiée par Journal du Coin.

Ce qu'il faut retenir

  • La tokenisation des actifs financiers est présentée par la BRI comme un levier majeur pour moderniser les paiements internationaux.
  • Cette technologie pourrait réduire les coûts et accélérer les transactions, tout en améliorant la transparence des échanges.
  • Les actifs tokenisés (actions, obligations, immobilier) sont échangés via des registres distribués, comme la blockchain.

Dans son rapport, la BRI met en avant les avantages de la tokenisation pour les paiements transfrontaliers. Cette technique, qui consiste à représenter un actif sous forme de jeton numérique sur une blockchain, permettrait de simplifier les processus de validation et de règlement. « Les transactions pourraient être exécutées en temps réel, réduisant ainsi les délais et les coûts associés aux intermédiaires traditionnels », explique l’institution monétaire.

Selon les données citées par Journal du Coin, les paiements transfrontaliers représentent un marché annuel de plus de 150 000 milliards de dollars. Aujourd’hui, ces transactions sont souvent lentes et coûteuses, en raison des multiples intermédiaires impliqués. La tokenisation, en supprimant une partie de ces acteurs, pourrait donc fluidifier les échanges entre banques et institutions financières à l’échelle mondiale.

Un exemple concret est celui des obligations tokenisées. En 2025, plusieurs banques centrales ont émis des obligations souveraines sous forme numérique, permettant un règlement immédiat et sécurisé. La BRI souligne que ces initiatives pourraient servir de modèle pour d’autres types d’actifs, comme les actions ou les fonds immobiliers. « Ces expérimentations montrent que la tokenisation n’est plus une hypothèse, mais une réalité en marche », précise le rapport.

Cependant, des défis persistent. La régulation reste un point clé, chaque pays ayant ses propres règles sur les actifs numériques. La BRI rappelle que la collaboration internationale sera indispensable pour établir un cadre commun. « Sans harmonisation, les bénéfices de la tokenisation pourraient être limités », avertit l’institution.

Et maintenant ?

Plusieurs banques centrales et institutions financières devraient accélérer leurs projets pilotes d’ici fin 2026. La Banque centrale européenne (BCE) a déjà annoncé une phase de test pour une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) incluant des actifs tokenisés. D’autres pays, comme Singapour ou les Émirats arabes unis, suivent de près cette dynamique.

La tokenisation des actifs financiers pourrait donc redéfinir les infrastructures financières mondiales. Reste à voir si les régulateurs parviendront à s’accorder sur des standards communs, condition sine qua non pour une adoption massive. Une chose est sûre : cette technologie, encore émergente, s’annonce comme l’un des enjeux majeurs des années à venir.

Les principaux obstacles incluent le manque de cadre réglementaire harmonisé à l’échelle internationale, les risques de cyberattaques sur les infrastructures blockchain, et la résistance des acteurs traditionnels du secteur financier. La BRI insiste aussi sur la nécessité d’une interopérabilité entre les différentes blockchains utilisées.