Chaque vendredi, l'émission « 13 Heures » en week-end de France 2 met en lumière une région française au travers d’un reportage. Ce 12 juin 2026, c’est la vallée des Éclusiers, située à la frontière entre l’Alsace et la Moselle, qui a été choisie pour son histoire industrielle et son renouveau touristique, comme le rapporte Franceinfo – Culture.

Ce qu'il faut retenir

  • La vallée des Éclusiers, en Moselle, était autrefois un axe majeur du trafic fluvial grâce à ses 17 écluses, permettant aux péniches de franchir le seuil des Vosges au XIXe et début XXe siècle.
  • Depuis plus de 50 ans, le canal est désaffecté pour la navigation commerciale, mais il s’est transformé en parcours cyclable et pédestre de 4 km entre forêt et falaises.
  • Le plan incliné d’Arzviller, un ascenseur à bateaux unique construit en 1969, permet désormais de franchir les 44 mètres de dénivelé en 4 minutes, contre 8 à 13 heures auparavant.
  • La vallée s’est aussi fait une spécialité des guimauves artisanales, comme celle produite depuis 10 ans par l’atelier « Douceurs des Rohans » à Lutzelbourg.

Ce territoire, façonné par l’activité fluviale passée, incarne aujourd’hui une reconversion réussie entre patrimoine industriel et attractivité touristique. Entre balades le long des anciennes écluses, découverte de l’ingénierie du plan incliné et dégustation de spécialités locales, la vallée des Éclusiers séduit par son mélange d’authenticité et d’innovation.

Un passé fluvial encore visible

La vallée des Éclusiers s’étend entre Henridorff et Lutzelbourg, en Moselle, à quelques kilomètres du Massif des Vosges. Au XIXe siècle, ce canal de la Marne au Rhin était un axe vital pour le transport de marchandises, avec ses 17 écluses permettant aux péniches de franchir les 44 mètres de dénivelé séparant la vallée de la plaine d’Alsace. « On sent que c’est une ancienne vallée qui a du vécu. Qu’il y a des gens qui ont travaillé ici », confie Armel Herbe, un riverain, lors d’une balade à vélo sur l’ancienne voie navigable.

Désaffecté pour le trafic commercial depuis plus de cinq décennies, le canal a perdu son rôle premier, mais ses infrastructures ont trouvé une seconde vie. Les anciennes maisons des éclusiers, autrefois résidences de familles ouvrières, sont désormais réhabilitées en gîtes ou en ateliers d’artistes. « C’est hyper inspirant. On rencontre plein de monde, des Allemands, des Hollandais, des Anglais », témoigne Valérie Maze-Wally, artiste peintre installée dans la région.

Le plan incliné d’Arzviller, joyau technique

Parmi les ouvrages les plus remarquables de la vallée figure le plan incliné d’Arzviller, construit en 1969 pour remplacer les 17 écluses. Ce système, unique en France, permet aux bateaux de franchir le dénivelé en seulement 4 minutes, contre 8 à 13 heures auparavant. « À l’époque, il fallait environ huit à treize heures pour passer l’ancienne échelle d’écluses. Donc, c’est une journée d’économisée pour un marinier », explique Jean-Michel Wilmouth, capitaine du bateau « Paris ».

Chaque année, des milliers de bateaux de plaisance empruntent cette voie, attirés par la prouesse technique et le cadre pittoresque. Les visiteurs ne tarissent pas d’éloges : « Je trouve que c’est extraordinaire d’avoir construit ça, parce que ça a dû être un gros chantier, qui a dû prendre du temps, je pense, parce que c’est énorme », déclare une passagère. « C’est magnifique, c’est fascinant, la technique de l’ascenseur », ajoute une autre.

Les guimauves artisanales, nouvelle star locale

Si la vallée des Éclusiers doit son essor touristique à son patrimoine fluvial, elle séduit aussi les visiteurs par ses spécialités culinaires. À Lutzelbourg, l’atelier « Douceurs des Rohans » perpétue depuis 10 ans l’art de la guimauve artisanale. Laurence De Almeida, co-fondatrice, a appris sur le tard les subtilités de cette confiserie : « Je suis autodidacte, j’ai essayé et essayé encore jusqu’à ce que je comprenne les subtilités de cette recette. »

L’atelier propose aujourd’hui une gamme variée de guimauves parfumées à la mirabelle, à la violette, à la rose ou à la cerise. « Elles sont bien meilleures, plus savoureuses », se réjouit un touriste, tandis que son accompagnatrice ajoute : « Plus moelleuses. Crémeuses, peut-être aussi. » Une dégustation qui résume l’alliance réussie entre tradition et modernité dans cette vallée en pleine renaissance.

Et maintenant ?

La vallée des Éclusiers mise sur la diversification de son offre pour attirer toujours plus de visiteurs. Plusieurs projets de valorisation du patrimoine fluvial sont à l’étude, notamment la création de nouveaux parcours pédagogiques autour des anciennes écluses. Par ailleurs, les artisans locaux, comme ceux de « Douceurs des Rohans », prévoient d’étendre leur gamme de produits pour inclure de nouvelles saveurs régionales. Une chose est sûre : ce territoire, qui allie histoire et gourmandise, devrait continuer à séduire les amateurs de découvertes authentiques.

Entre héritage industriel et renaissance touristique, la vallée des Éclusiers prouve qu’un passé peut se muer en atout, à condition de savoir le mettre en valeur. Des anciennes péniches aux gîtes réhabilités, en passant par les confiseries artisanales, chaque élément de ce territoire raconte une histoire – celle d’une reconversion réussie.

Oui, le plan incliné d’Arzviller est accessible aux visiteurs toute l’année. Les horaires d’ouverture varient selon la saison, avec des visites guidées proposées régulièrement. Pour plus d’informations, il est conseillé de consulter le site officiel de l’office de tourisme local.