Onze des dix-neuf pays d’Amérique latine sont désormais gouvernés par des forces politiques de droite, marquant un basculement historique après des décennies de domination de la gauche dans la région. Selon Le Figaro, ce mouvement s’étend du Salvador, où le président populiste Nayib Bukele a entamé un second mandat début 2026, jusqu’au Chili, où le candidat d’extrême droite José Antonio Kast a accédé au pouvoir en 2023. Cette « nouvelle droite », qui oscille entre centrisme modéré et populisme radical, redessine la carte politique du sous-continent.
Ce qu'il faut retenir
- Onze pays d’Amérique latine sont dirigés par des gouvernements de droite, selon Le Figaro.
- Cette vague conservatrice s’étend du Salvador au Chili, en passant par l’Argentine, le Brésil et la Bolivie.
- Les profils varient : du centriste Rodrigo Paz en Bolivie au libertarien Javier Milei en Argentine, en passant par le populiste Nayib Bukele.
- Au Pérou, Keiko Fujimori, candidate d’extrême droite, a remporté le premier tour de la présidentielle en avril 2026.
- Cette tendance pourrait se renforcer avec des scrutins à venir, notamment au Brésil et en Équateur.
Une lame de fond qui s’étend sur tout le sous-continent
Cette poussée de la droite sud-américaine s’inscrit dans un mouvement plus large, observable depuis le début des années 2020. Selon Le Figaro, elle s’appuie sur une lassitude des populations face à la gestion économique et sécuritaire des gouvernements de gauche, souvent accusés de corruption ou d’inefficacité. Au Chili, José Antonio Kast a remporté l’élection présidentielle de 2023 en promettant un retour à l’ordre et une réduction de l’intervention de l’État, après des années de gouvernance progressiste. Son succès a marqué un tournant dans un pays longtemps considéré comme un bastion de la gauche latino-américaine.
En Argentine, Javier Milei, figure emblématique du libertarianisme, a accédé à la présidence fin 2023. Son élection a été perçue comme un rejet des politiques économiques interventionnistes de ses prédécesseurs. Son mandat, déjà à mi-parcours, reste marqué par des réformes radicales visant à réduire l’inflation et à libéraliser l’économie. Au Brésil, bien que le président Lula da Silva (gauche) soit toujours en fonction, l’opposition de droite progresse, notamment dans les États clés comme São Paulo et Minas Gerais.
Des profils variés, mais une même rhétorique
Les gouvernements de cette « nouvelle droite » latino-américaine partagent des points communs, mais leurs profils diffèrent largement. Au Salvador, Nayib Bukele, réélu en février 2026 pour un second mandat, incarne un populisme sécuritaire. Sa politique de « mano dura » contre les gangs a réduit la criminalité, mais au prix d’une restriction des libertés individuelles et d’une concentration du pouvoir. Comme le rapporte Le Figaro, son modèle séduit une partie de l’électorat, y compris au-delà des frontières salvadoriennes.
À l’inverse, la Bolivie a basculé vers une droite plus modérée avec l’élection de Rodrigo Paz en octobre 2025. Ce centriste a mis fin à vingt ans de gouvernance socialiste, tout en promettant de ne pas remettre en cause les avancées sociales de ses prédécesseurs. Cette diversité de profils illustre la plasticité de cette nouvelle droite, capable de s’adapter aux attentes locales.
Le Pérou, prochain domino à tomber ?
Le Pérou pourrait rejoindre cette liste dans les prochains mois. Lors du premier tour de l’élection présidentielle d’avril 2026, Keiko Fujimori, fille de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori, est arrivée en tête. Son programme, axé sur la lutte contre la criminalité et l’expulsion des migrants en situation irrégulière, a séduit une partie de l’électorat. Elle affrontera au second tour un candidat de la gauche radicale, laissant présager une bataille politique serrée. Selon Le Figaro, ce scrutin est symptomatique de la polarisation qui traverse la région, où l’alternative à la gauche se cristallise souvent autour de figures conservatrices ou populistes.
Cette tendance n’est pas sans risques. Les critiques soulignent que certains de ces gouvernements, notamment ceux de Bukele et Fujimori, pourraient fragiliser les institutions démocratiques en concentrant le pouvoir ou en restreignant les libertés. D’autres, comme Milei en Argentine, misent sur des réformes économiques radicales qui pourraient, à court terme, aggraver les inégalités sociales.
Quel avenir pour la gauche latino-américaine ?
Ce basculement à droite interroge sur l’avenir de la gauche en Amérique latine. Après des années de domination, notamment avec les gouvernements de Lula da Silva au Brésil, d’Evo Morales en Bolivie ou de Michelle Bachelet au Chili, la gauche doit désormais composer avec une opposition puissante. Certains analystes estiment que cette défaite électorale pourrait la pousser à se réinventer, en recentrant son discours sur les classes populaires ou en proposant des alternatives plus pragmatiques.
D’autres, en revanche, y voient une tendance structurelle, liée à l’épuisement des modèles économiques traditionnels et à la montée des peurs sécuritaires. Quoi qu’il en soit, cette recomposition politique redessine les équilibres en Amérique latine, une région où les changements de cap sont souvent brutaux et imprévisibles.
Quelle que soit l’issue de cette transition, une certitude s’impose : l’Amérique latine reste un laboratoire politique où se jouent des modèles opposés de développement, entre libéralisme économique, populisme sécuritaire et social-démocratie.
Selon Le Figaro, onze pays sont dirigés par des gouvernements de droite en 2026 : le Salvador, le Chili, l’Argentine, la Bolivie, le Paraguay, l’Uruguay, l’Équateur, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua et le Costa Rica.
Nayib Bukele, réélu en février 2026, incarne un populisme sécuritaire. Il a mis en place une politique de « mano dura » contre les gangs, réduisant la criminalité mais au prix d’une concentration du pouvoir et de restrictions des libertés individuelles.
