À partir de la session 2028 du baccalauréat, l’obtention d’un diplôme incluant une spécialité en langue régionale pourra être signalée par la mention « cursus bilingue », selon un décret publié ce mercredi. Cette mesure, annoncée par Ouest France, s’inscrit dans la continuité des efforts pour valoriser l’enseignement des langues régionales au lycée, une initiative qui prend désormais une forme concrète et officielle.

Ce qu'il faut retenir

  • La mention « cursus bilingue » sera inscrite sur les diplômes du baccalauréat à partir de 2028, selon un décret publié cette semaine.
  • Les élèves suivant une spécialité en langue régionale pourront passer l’épreuve correspondante dans cette langue.
  • Cette décision s’ajoute aux dispositifs existants visant à renforcer la place des langues régionales dans l’enseignement secondaire.

Une reconnaissance institutionnelle des langues régionales

Le décret publié mercredi par les autorités éducatives concrétise une volonté politique de longue date. Jusqu’à présent, les langues régionales pouvaient être enseignées dans le cadre des options facultatives ou des enseignements de spécialité, mais leur valorisation sur le diplôme restait limitée. Désormais, avec cette mention « cursus bilingue », les lycéens pourront faire reconnaître officiellement leur parcours bilingue, une avancée saluée par les défenseurs de ces langues.

Selon Ouest France, cette mesure s’inscrit dans une logique de promotion culturelle et linguistique. Elle répond aussi à une demande croissante des familles et des associations locales, notamment en Bretagne, en Occitanie ou en Alsace, où l’enseignement des langues régionales reste particulièrement dynamique. Pour autant, son application reste encadrée : seules les langues régionales reconnues par l’État pourront bénéficier de cette mention.

Un dispositif qui s’ajoute aux parcours existants

Cette nouvelle mention ne remplace pas les dispositifs actuels, mais les complète. Aujourd’hui, les langues régionales peuvent être choisies en tant qu’enseignements optionnels dès le collège, puis en spécialité au lycée. Certaines sections bilingues, comme celles en breton, basque ou occitan, permettent même d’enseigner plusieurs disciplines en langue régionale. Avec cette réforme, l’évaluation de ces spécialités sera désormais possible dans la langue concernée, une flexibilité qui devrait faciliter l’accès à cette mention pour les élèves.

Ouest France précise que le décret détaille également les modalités pratiques. Les élèves devront justifier d’un parcours scolaire incluant au moins deux années de spécialité en langue régionale. Les épreuves correspondantes, auparavant proposées uniquement en français, pourront désormais être passées dans la langue choisie, sous réserve de l’accord des correcteurs.

« Cette mesure donne une visibilité nouvelle aux langues régionales et encourage les élèves à s’engager dans leur apprentissage », a déclaré un responsable du ministère de l’Éducation nationale à Ouest France.

Quelles langues régionales sont concernées ?

Le décret ne cite pas explicitement la liste des langues éligibles, mais celles-ci sont traditionnellement définies par leur reconnaissance officielle dans les académies concernées. Parmi les principales langues régionales enseignées en France, on retrouve le breton, le basque, le catalan, l’occitan, le corse, l’alsacien, le flamand occidental ou encore le créole. Chaque académie établit ses propres critères en fonction de la demande locale et des ressources disponibles.

Pour les familles, cette réforme représente une opportunité de valoriser l’investissement de leurs enfants. Pour les établissements, elle implique une adaptation des moyens pédagogiques, notamment pour les épreuves orales et écrites en langue régionale. Certaines académies, comme celle de Rennes ou de Toulouse, disposent déjà d’une expérience solide en la matière, grâce à des réseaux d’enseignants et de locuteurs natifs.

Et maintenant ?

La mise en œuvre de cette mesure d’ici 2028 laisse un délai de préparation aux établissements scolaires. Les rectorats devront former les enseignants et adapter les sujets d’examen pour les épreuves en langue régionale. Par ailleurs, des ajustements pourraient intervenir en fonction des retours des premières promotions d’élèves concernés. Reste à voir si cette initiative suscitera un regain d’intérêt pour les langues régionales, ou si elle restera marginale dans les choix des lycéens.

En attendant, cette réforme s’ajoute à d’autres dispositifs visant à préserver le patrimoine linguistique français, comme les classes immersives ou les partenariats avec les médias locaux. Son impact réel ne pourra être mesuré qu’à partir de 2028, lorsque les premiers bacheliers concernés obtiendront leur diplôme.

Il faut avoir suivi au moins deux années de spécialité en langue régionale au lycée et réussir l’épreuve correspondante dans cette langue. Les langues concernées sont celles reconnues par l’État dans les académies où elles sont enseignées.