L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alerte une nouvelle fois sur les dangers d’une consommation excessive de thon en conserve. Dans ses dernières recommandations, l’autorité sanitaire fixe une limite hebdomadaire à respecter pour limiter l’exposition au mercure, un métal lourd présent dans certaines espèces de poissons. Selon nos confrères de Top Santé, ces conseils s’adressent en particulier aux populations les plus vulnérables, dont les femmes enceintes et les jeunes enfants.
Ce qu'il faut retenir
- L’Anses recommande de ne pas dépasser 200 grammes de thon en boîte par semaine pour un adulte, soit environ deux boîtes standard de 80 à 100 grammes.
- Cette limite vise à réduire l’exposition au mercure, un contaminant présent dans certains poissons, dont le thon.
- Les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les enfants de moins de 30 mois sont considérés comme les populations les plus à risque.
- Le mercure, sous sa forme organique (méthylmercure), peut affecter le développement neurologique du fœtus et du jeune enfant.
- L’Anses rappelle que le thon en boîte reste une source importante de protéines et d’oméga-3, mais son consommation doit être modérée.
Pourquoi l’Anses met-elle en garde contre le thon en boîte ?
Le thon, notamment les espèces comme le thon rouge ou le thon obèse, concentre naturellement du mercure dans ses tissus. Ce métal lourd, issu de la pollution industrielle et des activités humaines, s’accumule dans la chaîne alimentaire marine. Le mercure organique, ou méthylmercure, est particulièrement préoccupant car il traverse facilement la barrière placentaire et la barrière hémato-encéphalique, explique l’Anses dans son rapport. D’après Top Santé, cette contamination peut entraîner, chez les populations sensibles, des troubles neurologiques ou des retards de développement chez l’enfant.
L’autorité sanitaire souligne que le risque dépend non seulement de la quantité consommée, mais aussi de la fréquence. Une consommation ponctuelle de thon en boîte n’est pas dangereuse pour un adulte en bonne santé, mais une exposition régulière peut, à long terme, dépasser les seuils tolérés. Autant dire que la modération reste de mise, surtout pour les plus vulnérables.
Quelles sont les recommandations précises de l’Anses ?
L’Anses a établi des seuils hebdomadaires adaptés à chaque catégorie de population. Pour un adulte, la dose maximale recommandée est fixée à 200 grammes par semaine, soit l’équivalent de deux petites boîtes de thon standard. Pour les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que pour les enfants de moins de 30 mois, la limite descend à 100 grammes par semaine. Ces quantités incluent l’ensemble des produits à base de thon, qu’il soit en boîte, frais ou surgelé.
L’agence rappelle également que d’autres poissons, comme le saumon ou les sardines, présentent un profil nutritionnel plus favorable grâce à leur teneur réduite en mercure. « Il est conseillé de varier les sources de protéines et de privilégier les poissons à faible teneur en contaminants », a indiqué un porte-parole de l’Anses à Top Santé. Une recommandation qui s’inscrit dans une démarche de santé publique visant à équilibrer les apports nutritionnels tout en limitant les risques.
Quels sont les symptômes d’une intoxication au mercure ?
L’exposition chronique au mercure, même à des doses modérées, peut provoquer des symptômes variés. Chez l’adulte, les signes les plus fréquents incluent des troubles de la mémoire, des maux de tête persistants, des fourmillements dans les extrémités ou une fatigue inhabituelle. Pour les enfants, les risques sont plus graves : retard psychomoteur, difficultés d’apprentissage ou troubles du comportement peuvent survenir en cas d’exposition prolongée. Le mercure organique est particulièrement toxique pour le système nerveux en développement, rappelle l’Anses.
Selon Top Santé, les cas d’intoxication aiguë restent rares en France, mais les effets d’une exposition prolongée, même faible, sont aujourd’hui mieux documentés. L’agence insiste sur l’importance d’une surveillance régulière, notamment pour les populations à risque, et recommande de consulter un professionnel de santé en cas de doute sur sa consommation de poisson.
Reste à voir si ces mises en garde seront suivies d’effets, tant les habitudes de consommation de thon en boîte restent ancrées dans les pratiques alimentaires. Une chose est sûre : en matière de santé, la prudence est toujours de mise.