Le Parlement argentin a définitivement adopté vendredi soir la réforme de flexibilisation du travail, un projet clef du président ultralibéral Javier Milei, selon nos confrères de BFM Business. Cette décision a été prise après de longues tractations parlementaires et de manifestations parfois émaillées de violences. La réforme vise à moderniser le cadre légal du travail en Argentine, datant des années 70, afin de doper l'emploi.
La nouvelle loi entérine la possibilité de payer les salaires en devise étrangère, tels que les dollars, ainsi qu'en nature, c'est-à-dire en alimentation, sous forme de logement ou autres biens et services. Elle introduit également le concept de salaire « dynamique », qui permet, moyennant négociation, y compris post-contrat, de lier la rémunération à un critère de performance ou de productivité de l'employé.
Ce qu'il faut retenir
- La réforme de flexibilisation du travail a été adoptée par le Parlement argentin.
- La loi permet de payer les salaires en devise étrangère ou en nature.
- Elle introduit le concept de salaire « dynamique » lié à la performance ou à la productivité.
- La journée de travail peut être étendue à 12 heures, dans le respect de limites hebdomadaires.
- Les congés peuvent être fractionnés en périodes ne pouvant être inférieures à 7 jours.
Les principes de la réforme
La réforme réduit les plafonds d'indemnités en cas de licenciement, excluant du calcul par exemple les congés payés, étrennes, primes. Elle fixe également un barème d'actualisation des indemnités, en partie lié à l'inflation, et dorénavant moins à la discrétion des juges du travail. L'échéancier de paiement des indemnités est étalé pour soulager la trésorerie des entreprises, des PME surtout.
Le président de l'Union industrielle, Martin Rappallini, a argumenté que ces mesures visent à combattre « le business des procès », une judiciarisation à outrance du monde du travail. Il a cité des statistiques juridiques de plus de 300 000 litiges en cours en Argentine, « soit 114 pour 10 000 travailleurs, contre à peine 6 (pour 10 000) au Chili, pays au niveau de sinistres du travail pourtant similaire ».
Les réactions des syndicats
Les syndicats ont dénoncé une loi « régressive », une « précarisation ». La CGT, principale centrale syndicale, a annoncé qu'elle saisirait la justice de l'inconstitutionnalité de la nouvelle loi. Cependant, selon Matias Cremonte, président de l'Association latino-américaine des avocats du travail, le contrôle de constitutionnalité en Argentine est « diffus », et « des années peuvent s'écouler avant qu'une jurisprudence ne se consolide et conclue à l'inconstitutionnalité ».
La situation sera à surveiller dans les prochains mois, notamment en ce qui concerne les possibles contestations judiciaires et les ajustements qui pourraient être apportés à la loi. Les réactions des syndicats et des entreprises seront cruciales pour comprendre les conséquences de cette réforme sur l'économie et la société argentine.
