Selon Ouest France, une société suisse spécialisée dans l’analyse de texte a annoncé avoir identifié l’artiste derrière le pseudonyme Banksy. OrphAnalytics, une entreprise basée à Genève, affirme avoir utilisé une méthode d’analyse stylométrique pour attribuer à Robin Gunningham, artiste britannique né à Bristol, la paternité des œuvres signées Banksy. Ces conclusions, transmises en exclusivité à Ouest France, confirment les résultats d’une enquête publiée en mars 2026 par Reuters.

Ce qu'il faut retenir

  • OrphAnalytics, une société suisse, a mené une analyse stylométrique pour identifier Banksy.
  • Les conclusions de l’étude, confiées à Ouest France, pointent vers Robin Gunningham, artiste britannique né à Bristol.
  • Ces résultats corroborent ceux d’une enquête publiée en mars 2026 par Reuters.
  • L’analyse se base non pas sur le style graphique, mais sur la structure des phrases et le vocabulaire utilisé.

Une méthode d’analyse innovante pour percer l’anonymat de Banksy

Contrairement aux approches traditionnelles qui se concentrent sur les techniques de peinture ou les motifs récurrents, OrphAnalytics a adopté une stratégie différente. L’entreprise genevoise a analysé le style d’écriture des messages accompagnant les œuvres de Banksy. En comparant les textes attribués à l’artiste anonyme avec ceux de Robin Gunningham, les experts ont identifié des correspondances stylistiques suffisamment précises pour établir un lien. « Nous ne cherchons pas à analyser le trait, mais la phrase », a expliqué un porte-parole de l’entreprise, soulignant la rigueur scientifique de leur démarche.

Cette approche s’inscrit dans le cadre des avancées récentes en matière de stylométrie, une discipline qui étudie les caractéristiques linguistiques d’un auteur pour déterminer son identité. OrphAnalytics, qui collabore régulièrement avec des institutions académiques et des médias, a déjà utilisé cette méthode pour résoudre des énigmes littéraires et des litiges d’attribution. Pour Banksy, l’entreprise affirme avoir obtenu des résultats « définitifs et convergents », renforçant ainsi la crédibilité de ses conclusions.

Les preuves accablantes pointent vers Robin Gunningham

Les éléments rassemblés par OrphAnalytics rejoignent ceux révélés par Reuters en mars 2026. Plusieurs sources, dont des proches de l’artiste, avaient alors confirmé que Banksy n’était autre que Robin Gunningham, un artiste né en 1973 à Bristol. Ces témoignages, combinés à des analyses documentaires, avaient déjà permis à Reuters d’avancer cette hypothèse. « Les éléments que nous avons recueillis sont suffisamment solides pour exclure toute autre piste », avait alors déclaré une source anonyme proche de l’enquête.

Parmi les indices avancés figuraient des témoignages de camarades de classe de Gunningham, qui décrivaient déjà à l’époque ses talents artistiques et son humour subversif, deux traits souvent associés à l’œuvre de Banksy. Par ailleurs, des documents administratifs et des archives locales avaient révélé que Gunningham avait vécu dans la région de Bristol, un fief historique des activités de Banksy. OrphAnalytics a donc pu affiner ces éléments en y ajoutant une analyse linguistique rigoureuse, offrant ainsi une preuve supplémentaire à charge.

La réaction de l’artiste et du monde de l’art

Interrogé par Ouest France, un représentant d’OrphAnalytics a précisé que l’entreprise n’avait pas communiqué directement avec Robin Gunningham, respectant ainsi une éthique de discrétion. « Notre rôle est de fournir des éléments factuels, pas de nous immiscer dans les affaires personnelles », a-t-il indiqué. De son côté, le monde de l’art reste en attente d’une réaction officielle de la part de Banksy ou de son entourage. Pour l’instant, ni l’artiste ni sa fondation n’ont réagi publiquement à ces révélations.

Certains critiques d’art, comme Sarah Thompson, spécialiste des mouvements street art, estiment que ces révélations pourraient impacter la perception des œuvres de Banksy. « Si l’identité de l’artiste est confirmée, cela pourrait modifier la manière dont on interprète son travail, notamment son engagement politique et social », a-t-elle déclaré. D’autres, comme Marc Dubois, professeur à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, soulignent que l’anonymat a toujours fait partie de la légende de Banksy, et que cette révélation pourrait même renforcer son aura.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront largement de la réaction de Robin Gunningham et de son équipe. Si l’artiste confirme son identité, il pourrait choisir de lever officiellement le voile sur son anonymat, comme l’a fait Banksy lui-même dans le passé avec des œuvres comme *Exit Through the Gift Shop*. Une conférence de presse ou un communiqué officiel pourrait être organisé dans les prochaines semaines. Par ailleurs, les musées et galeries qui exposent des œuvres de Banksy pourraient être amenés à réviser la présentation de ces pièces, en mentionnant désormais clairement leur auteur. Enfin, OrphAnalytics pourrait publier une étude détaillée de sa méthode, afin d’offrir une transparence totale sur les résultats obtenus.

Reste à voir si cette révélation mettra fin à des années de spéculations ou, au contraire, alimentera de nouveaux débats sur l’identité et la légitimité de l’artiste. Une chose est sûre : l’énigme Banksy, qui a traversé près de trois décennies, semble enfin sur le point d’être résolue.

L’analyse stylométrique est une méthode scientifique qui étudie les caractéristiques linguistiques d’un texte — comme la longueur des phrases, le vocabulaire utilisé, la syntaxe ou les tics de langage — pour en identifier l’auteur. Elle est souvent utilisée en littérature pour attribuer des œuvres anonymes ou pour résoudre des litiges d’attribution. Dans le cas de Banksy, OrphAnalytics a comparé les messages accompagnant les œuvres avec ceux écrits par Robin Gunningham, afin d’y déceler des correspondances stylistiques.