Une immersion dans les paysages mystiques et les mémoires réprimées de l’Asie centrale : c’est ce que propose l’exposition « Amanat, la forêt sacrée », conçue par l’artiste ouzbèke Saodat Ismailova au LUMA Arles. Selon Libération, cette création hybride mêle installations filmiques, sculptures et photographies pour rendre hommage à un patrimoine naturel et culturel souvent méconnu.

Ce qu'il faut retenir

  • L’exposition « Amanat, la forêt sacrée » de Saodat Ismailova est présentée au LUMA Arles.
  • Elle associe installations filmiques, sculptures et photographies pour explorer les racines de l’Asie centrale.
  • L’artiste met en lumière les ancêtres réprimés et les paysages mystiques de son pays d’origine, l’Ouzbékistan.
  • Cette création s’inscrit dans une démarche de réhabilitation culturelle et mémorielle.

Une exposition hybride entre art et mémoire

Saodat Ismailova, figure majeure de la scène artistique contemporaine, propose avec « Amanat, la forêt sacrée » une œuvre à la fois visuelle et conceptuelle. Selon Libération, cette exposition se distingue par sa diversité formelle : des projections cinématographiques côtoient des installations sculpturales et des séries photographiques. L’artiste, née en 1981 en Ouzbékistan, s’appuie sur des archives familiales et des récits oraux pour reconstituer une histoire souvent occultée. « Ces paysages ne sont pas seulement des décors, ils portent les traces d’une mémoire collective », a-t-elle déclaré lors de l’inauguration.

L’Ouzbékistan, un territoire de contrastes et de mystères

L’exposition puise son inspiration dans les steppes, les déserts et les forêts sacrées d’Asie centrale, des lieux chargés de symboles pour les peuples turciques et persans. D’après Libération, Ismailova explore notamment les traditions chamaniques et les cultes des ancêtres, souvent réprimés sous les régimes soviétiques. « La forêt sacrée n’est pas un simple motif, c’est un espace de résistance et de transmission », précise l’artiste. Les œuvres présentées à Arles s’appuient sur des recherches ethnographiques menées sur plusieurs années, entre Ouzbékistan, Kirghizistan et Kazakhstan.

Un hommage aux ancêtres et aux paysages disparus

Au cœur de « Amanat, la forêt sacrée » se trouve une réflexion sur la perte et la résilience. Les installations évoquent des sites naturels aujourd’hui menacés par l’urbanisation ou l’industrialisation, comme la forêt de **Zarafshan**, jadis considérée comme sacrée par les anciens peuples sogdiens. « Ces lieux sont des archives à ciel ouvert, des témoins silencieux de civilisations englouties », souligne Ismailova. L’exposition inclut également des objets rituels et des textiles traditionnels, prêtés par des musées ouzbeks, qui dialoguent avec les créations contemporaines de l’artiste.

Et maintenant ?

L’exposition « Amanat, la forêt sacrée » est visible au LUMA Arles jusqu’au 12 octobre 2026. Après cette date, elle pourrait être présentée dans d’autres institutions européennes, bien que rien ne soit encore confirmé. Le LUMA, centre dédié à l’art contemporain en Provence, mise sur ce type de projets pour attirer un public international et questionner les liens entre art, histoire et environnement.

Pour prolonger l’expérience, le LUMA Arles organise le 15 septembre 2026 une rencontre avec Saodat Ismailova, suivie d’une projection de son film « 40 Days of Silence » (2020), qui explore les silences imposés par l’histoire coloniale. Une occasion d’approfondir les thèmes abordés dans l’exposition.

Autant dire que cette création d’Ismailova s’inscrit dans un courant artistique engagé, où l’esthétique le dispute à la transmission d’un héritage longtemps marginalisé.

Saodat Ismailova est une artiste ouzbèke née en 1981, reconnue pour ses installations, films et photographies explorant les thèmes de la mémoire, de l’identité et des paysages culturels d’Asie centrale. Elle a étudié à l’Académie des arts de Tachkent avant de s’installer en Europe.

Le LUMA Arles est un centre culturel et artistique situé à Arles, dédié à la création contemporaine. Inauguré en 2021, il abrite des expositions, des résidences d’artistes et des espaces de recherche, dans un bâtiment conçu par Frank Gehry.