Face à l’augmentation continue des prix des carburants, l’agglomération de Laval, en Mayenne, a décidé de rendre les transports en commun plus accessibles. Selon Le Figaro, les élus ont adopté lundi 4 mai une baisse temporaire des tarifs des bus, applicable à partir du 11 mai. Une mesure inédite en France, conçue comme une alternative concrète pour les automobilistes touchés par la flambée des prix à la pompe.
Ce qu'il faut retenir
- Le ticket de bus à l’unité passe de 1,30 € à 50 centimes, soit une réduction de plus de 60 %.
- Le carnet de 10 tickets est désormais vendu 4 €, au lieu de 13 €, soit 40 centimes par trajet.
- La mesure, valable jusqu’au 31 août, coûtera 150 000 € à la collectivité, sur un budget transports de 25 millions d’euros.
- Florian Bercault, maire de Laval et président de l’agglomération, évoque la possibilité d’étendre la gratuité des transports le mercredi dès septembre.
- Les recettes de billetterie ne représentent que 2,5 millions d’euros par an, le financement reposant principalement sur le versement mobilité des entreprises.
La décision a été motivée par les retours des habitants lors de la dernière campagne électorale. « Le sujet des transports revenait beaucoup lors de la campagne électorale, et on voit tous que le prix du carburant est lourd à supporter », a déclaré Florian Bercault au Figaro. La baisse des tarifs vise à offrir une solution immédiate aux voyageurs occasionnels, tout en les incitant à adopter les transports en commun sur le long terme. « De quoi offrir une alternative abordable à la voiture pour des voyageurs occasionnels et pourquoi pas les convaincre à terme de se déplacer en bus plus souvent et de prendre un abonnement », a-t-il ajouté.
Un « choc de mobilité » pour réduire la dépendance à la voiture
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à transformer les habitudes de mobilité dans l’agglomération. Laval mise depuis plusieurs années sur des mesures incitatives pour réduire l’usage de la voiture individuelle. Dès 2025, la gratuité des transports en commun a été instaurée le week-end, une première dans la région. Florian Bercault, partisan « à titre personnel » de la gratuité totale, a annoncé son intention de proposer une extension de cette mesure au mercredi dès septembre 2026. « Ce « choc de mobilité » s’accompagnera également à plus long terme d’un renforcement de la flotte de vélos et de voitures partagés », a-t-il précisé.
La baisse des tarifs s’accompagne d’un budget supplémentaire de 150 000 €, financé par la collectivité. Ce montant, bien que conséquent, reste marginal au regard du budget global de 25 millions d’euros alloué aux transports. « Les recettes de billetterie ne représentent que 2,5 millions d’euros par an », a rappelé le président de l’agglomération, soulignant que le financement repose en grande partie sur le versement mobilité, une taxe prélevée auprès des entreprises. Ce dispositif permet de couvrir une partie importante des coûts des transports en commun, sans alourdir la charge des usagers.
Une mesure temporaire qui pourrait devenir permanente
La baisse des tarifs, initialement prévue jusqu’au 31 août 2026, sera évaluée à l’issue de cette période. Florian Bercault a indiqué que les élus feraient un « bilan » après cette date pour décider de la suite à donner. Si l’affluence augmente significativement, la mesure pourrait être prolongée, voire pérennisée. « On fera le bilan après le 31 août », a-t-il promis, sans écarter la possibilité de maintenir les tarifs réduits de manière définitive.
Cette initiative s’ajoute à d’autres dispositifs nationaux destinés à atténuer l’impact de la hausse des carburants. À partir du 27 mai 2026, une plateforme sera ouverte pour permettre aux grands rouleurs de bénéficier d’une indemnité carburant de 50 €. Par ailleurs, des discussions sont en cours au niveau gouvernemental pour explorer d’éventuelles mesures coercitives envers les distributeurs, comme une obligation de baisse des prix dans les stations-service.
Reste à voir si cette baisse des tarifs suffira à convaincre les automobilistes de modifier leurs habitudes. Les élus tablent sur un effet d’entraînement, en misant sur le pouvoir d’achat et la praticité. Pour l’heure, la mesure s’inscrit dans une dynamique plus large de transition écologique et de mobilité durable, portée par de nombreuses collectivités en France.
Oui, la réduction s’applique à l’ensemble du réseau de bus de l’agglomération lavalloise. Tous les usagers, occasionnels ou réguliers, peuvent en bénéficier pour leurs trajets en commun.
Le président de l’agglomération, Florian Bercault, a indiqué qu’un vote en conseil d’agglomération serait organisé pour étudier la gratuité le mercredi dès septembre 2026. Cette mesure devra encore être validée par les élus locaux.