Plus d’un mois après la disparition de l’agricultrice Manon Relandeau, toujours introuvable malgré les recherches en cours, les investigations ont pris une nouvelle tournure. Selon Le Figaro, un chauffeur de taxi franco-algérien de 41 ans, mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et « modification de l’état des lieux d’une scène de crime », a sollicité sa remise en liberté. Sa demande sera examinée jeudi devant la chambre de l’instruction de Rennes.

Ce qu’il faut retenir

  • Manon Relandeau, une agricultrice et mère de famille, a disparu fin mars à Saint-Étienne-de-Montluc, près de Nantes.
  • Son conjoint, Abdelkarim B., interpellé en Algérie début mai, est le principal suspect.
  • Un chauffeur de taxi, transportant à plusieurs reprises Abdelkarim B., a été mis en examen et placé en détention provisoire.
  • L’homme conteste toute implication et a demandé sa remise en liberté, évoquant une situation « ubuesque ».
  • Une femme de ménage et le chauffeur de taxi ont été mis en examen le 23 avril pour des liens supposés avec Abdelkarim B.
  • Le chauffeur de taxi aurait fourni une clé de véhicule utilisée par le suspect pour rejoindre l’aéroport de Nantes.

Un chauffeur de taxi mis en cause malgré son absence d’antécédents

Le chauffeur de taxi, inconnu des services de police avant cette affaire, a été placé en garde à vue après s’être présenté spontanément au commissariat central de Nantes le 20 avril. Son avocat, Me Théo Barrière, souligne qu’il s’agit d’un « monsieur Tout-le-monde qui voulait juste témoigner ». Selon l’avocat, son client a été surpris par les descriptions du conjoint de Manon Relandeau dans la presse locale, un homme qu’il avait transporté à plusieurs reprises.

« Je suis assez surpris. Je trouve la situation ubuesque », a déclaré Me Barrière au Figaro, en insistant sur le fait que son client n’a « jamais rencontré Manon Relandeau ». L’avocat dénonce également les conditions de sa garde à vue, réalisée dans un contexte de grève des avocats, ce qui a empêché son client d’être assisté pendant les auditions. « On a estimé que ses déclarations étaient confuses, mais c’est logique quand on ne s’attend pas à être en garde à vue. Cela (les faits, NDLR) remontait à plus d’un mois », explique-t-il.

Un lien contesté avec le principal suspect

Les enquêteurs s’interrogent sur les liens entre le chauffeur de taxi et Abdelkarim B., notamment après la remise d’une clé de véhicule aux gendarmes. Selon l’avocat, il s’agirait d’une simple relation professionnelle : « C’est une relation de client-taxi, bien qu’on essaye de lui prêter des accointances encore plus proches. » Pourtant, l’homme aurait ramené la femme de ménage de la plateforme aéroportuaire à Saint-Étienne-de-Montluc, où vivait le couple. Une information confirmée par RTL, qui précise que le chauffeur conteste avoir emmené Abdelkarim B. à l’aéroport.

L’arrestation d’Abdelkarim B. en Algérie a, semble-t-il, rassuré le chauffeur de taxi. « Il s’est dit qu’il allait peut-être être dédouané », confie Me Barrière. Pour l’heure, les soupçons pèsent toujours sur le conjoint de l’agricultrice, interpellé à l’étranger et dont les propos en ligne avant son arrestation avaient alimenté les interrogations. Le 25 avril, il avait republié l’appel à témoins de la gendarmerie sur TikTok en commentant : « Je suis innnocent et il faut libéré la femme de ménage elle a rien fait a part elle a pa de papier (sic) ».

Des mises en examen qui s’enchaînent autour du couple

Outre le chauffeur de taxi, une femme de ménage de 26 ans a également été mise en examen et placée en détention provisoire le 23 avril pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ». Son profil et ses liens supposés avec Abdelkarim B. restent au cœur des investigations. Selon Ouest France, ce dernier avait participé à plusieurs reprises à des vidéos en direct sur TikTok avant son interpellation, un élément qui ajoute une dimension médiatique à une affaire déjà complexe.

Les recherches pour retrouver Manon Relandeau se poursuivent activement près de Nantes, où elle résidait avec son conjoint. Les gendarmes mènent des investigations approfondies autour de la pension pour chevaux qu’elle gérait à Saint-Étienne-de-Montluc, une piste parmi d’autres dans ce dossier toujours en cours.

Et maintenant ?

La chambre de l’instruction de Rennes examinera jeudi la demande de remise en liberté du chauffeur de taxi. Cette audience pourrait marquer une étape décisive dans le dossier, alors que les soupçons continuent de peser sur Abdelkarim B., toujours détenu en Algérie. Les prochaines décisions judiciaires, notamment concernant la femme de ménage, devraient également influencer l’évolution de l’enquête. Pour l’heure, les autorités restent discrètes sur les avancées éventuelles, alors que les proches de Manon Relandeau attendent toujours des réponses.

Cette affaire, marquée par des mises en examen successives et des zones d’ombre persistantes, rappelle l’importance des investigations minutieuses dans les dossiers de disparition. Les prochaines semaines pourraient apporter des éclaircissements majeurs, tant sur le sort de Manon Relandeau que sur le rôle exact des personnes mises en cause.

Le chauffeur de taxi a été mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et « modification de l’état des lieux d’une scène de crime ». Les enquêteurs estiment qu’il aurait pu jouer un rôle dans la préparation ou l concealment d’un acte criminel, notamment en fournissant une clé de véhicule utilisée par Abdelkarim B.

Abdelkarim B., conjoint de Manon Relandeau et principal suspect, a été interpellé en Algérie début mai. Il est détenu et fait l’objet d’une procédure judiciaire dans le cadre de cette disparition. Ses déclarations publiques avant son interpellation, notamment sur TikTok, ont alimenté les spéculations autour de son implication.