Le 28 mars 1966, trois mois avant le coup d’envoi de la Coupe du monde de football en Angleterre, le trophée Jules Rimet, symbole du sacre des champions du monde, est volé à Londres. C’est un colley noir et blanc de trois ans, nommé Pickles, qui en assure la découverte, selon Courrier International qui relaie l’information du journal suisse Le Temps.
Ce qu'il faut retenir
- La coupe Jules Rimet, trophée en vermeil de 4 kg, est volée le 20 mars 1966 à Londres, alors qu’elle est exposée au Central Hall de Westminster.
- Le voleur réclame une rançon de 15 000 livres sterling (soit environ 45 000 euros actuels), mais la police l’arrête lors de l’échange sans retrouver la coupe.
- Une semaine plus tard, le 28 mars, Pickles, le chien de David Corbett, la découvre enveloppée dans du papier journal derrière une voiture à Beulah Hill, dans le sud de Londres.
- L’Angleterre remporte la Coupe du monde 1966 et Pickles, devenu une célébrité, est décoré et récompensé.
- La coupe Jules Rimet, gagnée par le Brésil en 1970, est définitivement volée en 1983 et jamais retrouvée.
Un vol rocambolesque qui défie la logique
Quelques semaines seulement avant l’ouverture de la Coupe du monde 1966 en Angleterre, le trophée Jules Rimet disparaît lors d’une exposition au Central Hall de Westminster, en plein cœur de Londres. À l’époque, un tel vol semble impensable : aujourd’hui, on imagine mal un trophée aussi prestigieux voyager sans escorte armée et malle blindée. Pourtant, le voleur, un homme qui contacte Scotland Yard par téléphone, ne s’intéresse qu’à la statuette en vermeil pesant 4 kg, ignorant délibérément les timbres rares, bien plus précieux, exposés à ses côtés.
Le malfaiteur exige une rançon de 15 000 livres sterling (l’équivalent de 45 000 euros en 2026) et envoie par courrier une partie amovible du trophée pour prouver sa bonne foi. La police intercepte l’individu lors de l’échange, mais celui-ci affirme n’être qu’un intermédiaire. La coupe, elle, reste introuvable, plongeant le pays dans l’embarras à quelques mois de l’événement sportif le plus suivi au monde.
Pickles, l’inattendu sauveur à quatre pattes
C’est dans ce contexte tendu qu’intervient Pickles, un colley noir et blanc âgé de trois ou quatre ans, propriété de David Corbett, un marin travaillant sur la Tamise. Le 28 mars 1966, lors d’une promenade dans le quartier de Beulah Hill, dans le sud de Londres, le chien flaire une odeur suspecte et se met à gratter frénétiquement derrière la roue avant d’une voiture garée. Après quelques secondes d’hésitation, Corbett comprend que son animal vient de découvrir le trophée, soigneusement enveloppé dans du papier journal.
L’information fait rapidement le tour de l’Angleterre. Pickles, dont le nom évoque un cornichon (en référence à sa couleur), devient en quelques heures une célébrité nationale. Scotland Yard, qui l’avait brièvement soupçonné d’être impliqué dans le vol avant de l’innocenter, confirme officiellement la découverte. La Coupe du monde peut enfin être exposée en toute sécurité avant le début de la compétition.
Une reconnaissance immédiate et des honneurs durables
Pour l’Angleterre, la nouvelle tombe à point nommé. La sélection nationale, qui remportera finalement la Coupe du monde en battant l’Allemagne 4-2 en finale, peut désormais se concentrer sur sa préparation. Pickles et David Corbett sont conviés au banquet officiel organisé après la victoire, un honneur rare pour un simple citoyen et son chien. En guise de récompense, Corbett reçoit la somme de 5 000 livres sterling, une somme bien supérieure à celle perçue par les joueurs anglais (1 000 livres chacun). Il utilise cet argent pour acheter une maison.
Le colley, lui, est décoré de la médaille d’argent de la National Canine Defence League et nommé « chien de l’année » en 1966. Il reçoit également une année de croquettes gratuites. Pickles enchaîne ensuite les apparitions médiatiques, notamment dans un film d’espionnage intitulé Un micro dans le nez (1966), et participe à plusieurs émissions télévisées. Son statut de héros national est désormais acquis.
Le sort tragique de Pickles et le destin du trophée
Le destin de Pickles prend cependant un tour tragique. L’année suivante, en 1967, il meurt accidentellement en s’étranglant avec son collier, accroché à une branche d’arbre alors qu’il poursuivait un chat. Sa disparition est largement relayée dans la presse britannique, marquant la fin d’une histoire qui avait marqué l’histoire du football mondial.
Côté trophée, l’histoire est moins heureuse. Après avoir été remporté par le Brésil en 1970, la coupe Jules Rimet est définitivement volée en 1983 au Brésil et n’a jamais été retrouvée. Aujourd’hui, seule une réplique est exposée au siège de la FIFA à Zurich. Le vol de 1966 reste donc comme l’un des épisodes les plus insolites de l’histoire du football, mêlant maladresse, chance et un colley au flair exceptionnel.
Le vol du trophée Jules Rimet en 1966 et sa redécouverte par Pickles rappellent aussi l’importance des archives sportives. Avec la numérisation croissante des documents historiques, les fédérations pourraient-elles un jour résoudre d’autres énigmes liées à des trophées disparus ? L’avenir le dira.
Le voleur, dont l’identité n’a jamais été clairement établie, semble avoir agi par défi ou par intérêt financier. Il a réclamé une rançon de 15 000 livres sterling et ignoré les timbres rares exposés à proximité, suggérant un geste impulsif plutôt qu’un plan méticuleux. Scotland Yard n’a jamais élucidé les motivations exactes du malfaiteur, d’après les archives rapportées par Le Temps.
Non, mais son cas reste l’un des plus célèbres. Les chiens renifleurs sont régulièrement utilisés dans des enquêtes policières, mais rarement pour des objets aussi symboliques. Pickles a bénéficié d’une couverture médiatique exceptionnelle, devenant une icône nationale grâce à cette découverte.