Pour sa toute première participation à une Coupe du monde, le Cap-Vert crée l'exploit. Malgré un statut d'outsider, les Requins bleus ont tenu en échec l'Espagne puis l'Uruguay, et pourraient bien décrocher leur ticket pour les huitièmes de finale dès leur premier Mondial, selon Franceinfo - Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Premier match historique : les Cap-Verdiens ont obtenu le point du nul (0-0) face à l'Espagne, favorite du groupe, le 15 juin 2026 à Atlanta.
  • Deuxième exploit : ils récidivent le 21 juin face à l'Uruguay (2-2), 18e nation mondiale, avec des buts de Kevin Pina et Hélio Varela.
  • Objectif qualification : avec deux points en deux matchs, le Cap-Vert peut encore se qualifier pour les 16es de finale s'il bat l'Arabie saoudite et que l'Espagne ne s'incline pas face à l'Uruguay dans la nuit du 26 au 27 juin 2026.
  • Histoire familiale : le gardien Vozinha a pu compter sur la présence de sa mère, Ana Candida Evora, en tribunes après l'intervention d'un élu démocrate américain pour débloquer son visa.
  • Origines de l'équipe : composée de joueurs de la diaspora (notamment aux États-Unis) et de locaux, l'équipe incarne l'unité d'un pays de 525 000 habitants.
  • Performance historique : première équipe à éviter la défaite lors de ses deux premiers matchs en Coupe du monde depuis le Sénégal en 2002.

Une entrée en lice historique face aux ténors du football mondial

Qualifié pour la première fois de son histoire à une Coupe du monde, le Cap-Vert, nation insulaire de l'Atlantique nord, a immédiatement marqué les esprits. Dans un groupe réputé difficile aux côtés de l'Espagne, de l'Uruguay et de l'Arabie saoudite, les Requins bleus ont prouvé que leur statut d'outsider ne rimait pas avec amateurisme. À Atlanta, le 15 juin 2026, ils ont résisté à une équipe espagnole privée de ses stars Lamine Yamal et Nico Williams, et ont obtenu un match nul (0-0) historique. Une performance saluée par les observateurs, d'autant que l'Espagne reste l'une des favorites pour le titre final.

Trois jours plus tard, le 21 juin, le Cap-Vert récidive face à l'Uruguay, double champion du monde (1930, 1950) et 18e nation au classement FIFA. Menés au score, les Cap-Verdiens égalisent grâce à Kevin Pina et Hélio Varela, avant de concéder un nouveau nul (2-2). Avec deux points en deux matchs, ils deviennent la première équipe à éviter la défaite lors de ses deux premiers matchs en Coupe du monde depuis le Sénégal en 2002. Autant dire que, quelle que soit l'issue de leur dernier match face à l'Arabie saoudite, ils entreront déjà dans l'histoire.

Une équipe unie par l'émotion et la fierté nationale

Derrière les performances sportives, l'histoire du Cap-Vert en Coupe du monde est aussi celle d'une équipe soudée par des liens familiaux et une fierté collective. Le gardien Vozinha, héros du match contre l'Espagne, a partagé l'émotion qui a traversé le pays après son appel à l'aide pour faire venir sa mère, Ana Candida Evora, au stade. Bloquée au Cap-Vert faute de visa, celle-ci a finalement pu rejoindre Miami grâce à l'intervention d'un élu démocrate américain, permettant à son fils de jouer sous ses yeux. Un moment symbolique, retransmis sur les réseaux sociaux, qui a renforcé l'image d'une équipe porteuse de valeurs d'unité et de détermination.

Le capitaine Ryan Mendes, passé par Le Havre et Lille, a résumé l'état d'esprit de la sélection : « Tout le monde est tellement heureux, tout un peuple, que ce soit au Cap-Vert ou dans la diaspora. Rien que d'en parler, ça me donne la chair de poule. » Une déclaration qui illustre l'engouement suscité par cette première mondiale, bien au-delà des frontières de l'archipel.

Des origines variées pour une équipe soudée

Comme d'autres sélections africaines, le Cap-Vert s'appuie sur une base solide de joueurs issus de la diaspora, notamment française. Steven Moreira et Logan Costa, nés en France, évoluent aux côtés de Cap-Verdiens ayant grandi sur place. Une diversité qui reflète la répartition de la population cap-verdienne, avec une forte communauté installée aux États-Unis. Pour son match face à l'Arabie saoudite dans la nuit du 26 au 27 juin à Miami, l'équipe jouera ainsi presque à domicile, devant une foule de supporters émigrés.

Cette mixité se retrouve dans le discours des dirigeants. Mario Semedo, président de la Fédération cap-verdienne de football (fondée en 1982, sept ans après l'indépendance du pays), a fixé un objectif clair dès le début de la compétition : « Nous voulons au moins passer la première phase, c'est le grand objectif. J'ai dit aux joueurs que c'est un moment dont on doit profiter, sans avoir peur de rien. Allons-y avec le sens des réalités, mais avec un objectif ambitieux. » Une approche pragmatique, partagée par l'entraîneur Pedro Leitao Brito, dit « Bubista », ancien capitaine des Requins bleus : « Nous ne sommes pas venus que pour participer. Nous voulons jouer les matchs, démontrer que nous sommes au niveau et affronter les meilleures équipes du monde. »

Un parcours qualificatif surprise pour une nation novice

La qualification du Cap-Vert pour le Mondial 2026 reste l'un des faits marquants des éliminatoires africains. Dans un groupe composé de la Libye et du Cameroun, les Requins bleus ont terminé en tête avec sept victoires en dix matchs, devançant les Camerounais de quatre points. Une performance qui a surpris les observateurs, d'autant que le Cameroun était considéré comme le favori régional. Pour une fédération fondée en 1982 et un pays indépendant depuis 1975, cette première mondiale est bien plus qu'un exploit sportif : c'est une reconnaissance internationale.

Sur le terrain, le Cap-Vert a su s'appuyer sur une défense compacte et une organisation rigoureuse. Face à l'Espagne, souvent critiquée pour son manque d'efficacité offensive, les Cap-Verdiens ont su verrouiller leur surface de réparation. Contre l'Uruguay, ils ont même ouvert le score, prouvant leur capacité à marquer face aux meilleurs. Une solidité qui pourrait leur permettre de réaliser l'exploit en cas de victoire face à l'Arabie saoudite, combinée à un résultat favorable de l'Espagne face à l'Uruguay.

Et maintenant ?

La qualification pour les huitièmes de finale dépendra des résultats de la dernière journée. Le Cap-Vert affronte l'Arabie saoudite le 27 juin à Miami, tandis que l'Espagne et l'Uruguay s'affrontent simultanément. Pour les Requins bleus, une victoire leur assurerait la deuxième place du groupe et une place en 16es de finale. Même en cas de défaite, une troisième place pourrait encore permettre une qualification si les autres matchs du groupe le permettent. Une chose est sûre : quel que soit l'issue, le Cap-Vert a déjà marqué l'histoire du football mondial.

Cette épopée cap-verdienne soulève aussi des questions plus larges sur le football africain. Dans un continent où les sélections de l'Afrique du Nord et de l'Afrique de l'Ouest dominent traditionnellement, le Cap-Vert prouve que la qualité ne se mesure pas toujours au classement FIFA. Une performance qui pourrait inspirer d'autres nations émergentes à croire en leurs chances, et qui rappelle que le football reste avant tout une histoire d'ambition et de persévérance.

Le Cap-Vert affronte l'Arabie saoudite lors de la dernière journée de la phase de groupes, dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin 2026 à Miami. Ce match sera décisif pour leur qualification en 16es de finale.

Les Requins bleus ont terminé en tête de leur groupe des éliminatoires africains avec sept victoires en dix matchs, devançant notamment le Cameroun et la Libye. Leur parcours a été marqué par une défense solide et une grande cohésion collective.