Près de cinq mois après son annonce, le CLARITY Act – ce projet de loi visant à encadrer les cryptomonnaies aux États-Unis – reste au cœur des débats politiques et économiques. Selon Journal du Coin, ce texte, porté initialement par une volonté bipartisane, peine à trouver une issue législative claire, notamment en raison des tensions persistantes au Sénat et des déclarations contrastées de l’administration Trump sur le sujet.

Le projet, présenté comme une avancée majeure pour la régulation des actifs numériques, a été salué en janvier 2026 par certains acteurs du secteur pour sa volonté de clarifier le cadre juridique. Pourtant, son parcours législatif s’est rapidement heurté à des obstacles, tant techniques que politiques. Journal du Coin révèle que les discussions en commission sénatoriale, où le texte est actuellement bloqué, pourraient aboutir à des amendements significatifs, voire à un report sine die.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CLARITY Act, annoncé en janvier 2026, a pour objectif de clarifier la régulation des cryptomonnaies aux États-Unis, un secteur jusqu’ici soumis à une mosaïque de règles fédérales et étatiques.
  • Le texte est actuellement en discussion au Sénat américain, mais son adoption reste incertaine en raison de divisions politiques et de désaccords sur certains de ses articles.
  • L’administration Trump a multiplié les déclarations ambiguës sur le sujet, tantôt favorable à une régulation stricte, tantôt ouvertement critique envers les cryptos, compliquant le processus législatif.
  • Les acteurs du secteur, comme l’exchange Kraken ou le wallet Bitstack, surveillent de près l’évolution du texte, qui pourrait impacter leur activité aux États-Unis.
  • Si le projet est adopté, il devrait entrer en vigueur progressivement d’ici fin 2027, avec une période de transition pour les entreprises déjà en activité.

Un texte né dans un contexte de forte volatilité du marché crypto

Le CLARITY Act a été présenté en janvier 2026, alors que le marché des cryptomonnaies connaissait une phase de rebond après la crise de 2024. Selon Journal du Coin, son objectif affiché était de mettre fin à l’incertitude juridique qui pèse sur les entreprises du secteur, notamment celles souhaitant s’implanter aux États-Unis. Pour rappel, les États-Unis représentent près de 20 % du volume mondial des transactions crypto, un marché que le législateur entend désormais structurer.

Pourtant, le texte a rapidement suscité des critiques. Certains sénateurs, comme la démocrate Elizabeth Warren, ont pointé du doigt le manque de protection des investisseurs, tandis que des républicains, traditionnellement favorables à une régulation minimaliste, ont dénoncé une ingérence fédérale dans un domaine qu’ils jugent relever de la compétence des États. Journal du Coin indique que ces divergences ont conduit à une série de compromis fragiles, dont certains pourraient être revus en séance plénière.

Trump, les cryptos et l’effet « va-et-vient » sur le projet

L’attitude de l’administration Trump à l’égard des cryptomonnaies a ajouté une couche d’incertitude supplémentaire. Le président américain, qui avait dans un premier temps évoqué un soutien « pragmatique » au CLARITY Act, a multiplié les déclarations contradictoires en 2026. En mars, il avait affirmé lors d’un discours à Miami que les cryptos étaient « une opportunité pour l’Amérique », avant de revenir en juin sur ses propos en qualifiant le secteur de « menace pour la stabilité financière ».

Cette position « en dents de scie » a été soulignée par plusieurs observateurs, dont l’économiste de la Brookings Institution, Sarah Hammer, qui a déclaré : « « Le manque de cohérence de l’exécutif complique la tâche des législateurs. On ne sait pas si le CLARITY Act sera soutenu ou sabordé ». » Selon Journal du Coin, cette incertitude a poussé certains acteurs du secteur à reporter leurs investissements aux États-Unis, en attendant une clarification.

Les cryptos en attente : quelles conséquences pour les entreprises ?

Pour les entreprises du secteur, le statu quo actuel est coûteux. Kraken, l’un des principaux exchanges américains, a déjà annoncé qu’il pourrait réduire ses effectifs de 15 % si le texte n’était pas adopté d’ici la fin de l’année. De son côté, Bitstack, une plateforme d’épargne crypto, a suspendu son expansion sur le sol américain jusqu’à ce que le cadre légal soit défini. Journal du Coin précise que ces décisions reflètent une tendance plus large : de nombreuses startups crypto, notamment celles spécialisées dans la DeFi, envisagent de délocaliser une partie de leurs activités vers des juridictions plus claires, comme Singapour ou l’Union européenne.

Côté régulateurs, la Securities and Exchange Commission (SEC) a maintenu sa ligne dure. Son directeur, Gary Gensler, a rappelé en juillet que « « tout actif non conforme aux lois sur les titres sera poursuivi ». » Cette position, combinée à l’attentisme du Congrès, laisse planer un risque juridique pour les entreprises qui opèrent dans une zone grise.

Et maintenant ?

La prochaine étape clé aura lieu le 20 août 2026, date à laquelle la commission sénatoriale doit examiner un nouvel amendement visant à élargir les pouvoirs de la SEC sur les stablecoins. Si ce texte est adopté, il pourrait relancer les négociations sur le CLARITY Act, mais aussi exacerber les tensions avec les États fédérés, certains gouverneurs républicains menaçant de contester cette extension de compétences.

Dans l’immédiat, les acteurs du secteur restent en attente. Une adoption partielle du CLARITY Act d’ici la fin 2026 permettrait d’éviter un exode massif des entreprises crypto, tandis qu’un échec prolongerait l’incertitude, au risque de freiner l’innovation dans un pays historiquement leader sur le sujet.

Reste à voir si le Sénat parviendra à trancher une question qui dépasse désormais le cadre technique : celle de la place des cryptomonnaies dans l’économie américaine, entre opportunité industrielle et risque systémique.

Le texte est notamment critiqué pour son manque de protection des investisseurs, son approche jugée trop centralisée par certains États, et son absence de clarté sur le statut des stablecoins. Des sénateurs comme Elizabeth Warren dénoncent aussi un risque de concentration du pouvoir entre les mains de la SEC.