Depuis plus de vingt ans, l'orbite terrestre est restée constamment peuplée d'une poignée d'astronautes se relayant à bord de la Station spatiale internationale (ISS), selon Numerama. Mais les astronautes pourraient aussi se faire eux-mêmes à manger. Jusque-là, leurs capacités en botanique les ont amenés à faire pousser quelques salades, mais pas encore de repas complet.

Un manque auquel l'agence spatiale française (Cnes) espère remédier avec un appel à contribution sur la construction d'une cuisine taillée pour la conquête spatiale. Disponible sur la plateforme des marchés publics du Cnes, le formulaire demande le design et la fabrication d'une maquette de démonstration en vue de construire une cuisine embarquée pour l'exploration spatiale.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Cnes lance un appel à projets pour concevoir une cuisine embarquée afin de renforcer l'autonomie alimentaire des astronautes lors de missions au long cours.
  • Une maquette de démonstration sera d'abord réalisée et exposée au sol à Toulouse, avant toute version opérationnelle en orbite.
  • Le cahier des charges exige un système compact, sûr et adapté à la microgravité, doté d'une automatisation de type IA pour gérer stocks et recettes au-delà des rations préemballées.

Les défis de la nourriture dans l'espace

Le système actuel permettant aux astronautes de se nourrir n'est pas adapté à des missions plus longues, selon le Cnes. Il repose surtout sur des rations déjà emballées, soit en conserve, soit en poudre. C'est adapté pour des missions de quelques mois, mais pas pour des voyages de deux ou trois ans.

Or, avoir des aliments frais peut, selon le Cnes, « aider à maintenir la santé des astronautes et améliorer significativement le moral, les performances cognitives et la cohésion d'équipe. Ce sont des facteurs clés pour la réussite des missions ».

Les critères pour la cuisine spatiale

Les participants à cet appel auront de nombreuses contraintes à prendre en compte. Les outils doivent être adaptés à la microgravité, notamment dans la gestion des liquides. Un design compact est également nécessaire afin de prendre le moins de place possible dans un habitat déjà très réduit.

Un système fiable et sécurisé est également exigé afin de ne pas faciliter le développement de microbes et de bactéries. Enfin, le système doit être capable d'automatiser la gestion des stocks et optimiser les recettes en fonction des ressources disponibles et des besoins.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à sélectionner les projets les plus prometteurs et à les faire évoluer vers une version opérationnelle. Le Cnes espère que cette initiative contribuera à améliorer la qualité de vie des astronautes lors de missions au long cours et à renforcer l'autonomie alimentaire de l'exploration spatiale.

En conclusion, le lancement de cet appel à projets par le Cnes marque une étape importante dans le développement de l'exploration spatiale. Il reste à voir comment les participants répondront aux défis posés et si les solutions proposées seront en mesure de répondre aux besoins des astronautes lors de missions au long cours.