Un dispositif encore méconnu en France, mais déjà opérationnel chez nos voisins espagnols : le « congé climatique ». Instauré en 2024, ce type de congé payé permet aux travailleurs de bénéficier d’une absence rémunérée en cas d’événements météorologiques extrêmes, comme le rapporte Le Monde. Une mesure qui s’inscrit dans la stratégie de protection des salariés face aux conséquences du changement climatique.
Ce qu'il faut retenir
- Le « congé climatique » est un congé payé spécifique, créé en Espagne en 2024.
- Il vise à protéger les salariés lors de phénomènes météorologiques dangereux.
- Les conditions d’application et les secteurs concernés sont encadrés par la loi espagnole.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de multiplication des événements climatiques extrêmes.
Un dispositif pensé pour les travailleurs exposés
Le « congé climatique » a été imaginé pour répondre à un besoin croissant : protéger les salariés dont l’activité est perturbée par des conditions météo dangereuses. Selon les textes espagnols, ce congé s’applique en cas de vagues de chaleur intenses, d’épisodes de froid polaire, d’inondations ou encore de tempêtes violentes. « Il s’agit de garantir la sécurité des travailleurs tout en évitant des pertes de salaire », a expliqué un porte-parole du ministère espagnol du Travail à Le Monde.
Ce dispositif s’adresse en priorité aux secteurs les plus exposés, comme la construction, l’agriculture ou le tourisme. Les employeurs sont tenus de respecter cette obligation sous peine de sanctions. En 2025, plus de 15 000 demandes de « congé climatique » avaient déjà été recensées dans le pays, selon les chiffres officiels.
Des conditions strictes pour un congé justifié
Pour bénéficier de ce congé, les salariés doivent apporter la preuve de la dangerosité des conditions météo. En Espagne, les autorités locales publient régulièrement des alertes météorologiques. Dès qu’une alerte de niveau orange ou rouge est déclenchée, les travailleurs concernés peuvent solliciter leur employeur pour en bénéficier. « La procédure est simple : le salarié informe son employeur et fournit un justificatif de l’alerte météo », précise une source syndicale citée par Le Monde.
Côté employeur, l’obligation de maintenir le salaire pendant ce congé reste un point central du dispositif. Une mesure qui vise à éviter les absences non déclarées ou les baisses de productivité liées aux intempéries. Les entreprises doivent aussi adapter leurs plannings pour les jours suivants, afin de rattraper les heures perdues.
Un modèle inspiré par l’aggravation des phénomènes climatiques
L’Espagne n’est pas le seul pays à explorer ce type de solution. D’autres États européens, comme l’Italie ou le Portugal, étudient des dispositifs similaires face à l’intensification des canicules et des tempêtes. « Le changement climatique rend ces mesures indispensables », a souligné un climatologue interrogé par Le Monde. En 2023, l’Europe a enregistré une hausse de 30 % des épisodes météo extrêmes par rapport à la décennie précédente.
En France, où les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, la question commence à émerger. La loi Climat et Résilience de 2021 a introduit la notion de « jours de canicule » pour les salariés, mais sans aller jusqu’à un congé rémunéré dédié. Certains syndicats réclament désormais un cadre plus large, à l’image du modèle espagnol.
Pour l’instant, aucun projet de loi français ne mentionne explicitement un « congé climatique ». Les associations de défense des droits des travailleurs appellent à une transposition rapide du modèle espagnol, surtout dans les régions les plus exposées comme le Sud-Est ou les zones littorales. À suivre, donc, dans les mois à venir.
Pour y avoir droit, un salarié doit prouver qu’une alerte météo de niveau orange ou rouge a été déclenchée dans sa zone. Les secteurs prioritaires incluent la construction, l’agriculture et le tourisme. L’employeur doit valider la demande et maintenir le salaire pendant l’absence.