Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu samedi 24 mai 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Selon Ouest France, cette visite s’inscrit dans le cadre de l’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement l’est du pays, considérée comme l’une des plus graves de ces dernières années.
L’Ituri, région frontalière avec l’Ouganda, est désormais l’épicentre de cette flambée épidémique. Le déplacement du patron de l’OMS intervient alors que les autorités sanitaires locales et internationales multiplient les efforts pour enrayer la propagation du virus. Ouest France précise que l’arrivée du Dr Tedros a été constatée par un journaliste de l’AFP sur place.
Ce qu’il faut retenir
- Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, s’est rendu samedi 24 mai 2026 à Bunia, en Ituri (RDC).
- Cette visite intervient dans un contexte d’épidémie d’Ebola en progression dans l’est de la RDC.
- L’Ituri est désormais l’épicentre de cette flambée épidémique.
- La présence du patron de l’OMS a été confirmée par un journaliste de l’AFP sur place.
- Cette épidémie est considérée comme l’une des plus graves des dernières années dans la région.
Une épidémie d’Ebola particulièrement virulente en RDC
Depuis plusieurs mois, l’est de la RDC fait face à une résurgence de la maladie à virus Ebola. Les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, déjà touchées par des conflits armés et une insécurité chronique, voient la situation sanitaire se dégrader rapidement. Selon les dernières données de l’OMS, plus de 3 200 cas ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie, avec un taux de létalité avoisinant les 65 %. Ces chiffres placent cette flambée parmi les plus meurtrières de ces dix dernières années.
L’accès limité aux soins dans certaines zones en raison de l’insécurité complique considérablement la riposte sanitaire. Les équipes médicales doivent souvent intervenir sous haute protection, tandis que les mouvements de population liés aux conflits exacerbent le risque de contamination. « La combinaison de l’insécurité, de la méfiance des populations et de la propagation rapide du virus rend cette épidémie particulièrement difficile à contrôler », a expliqué un responsable de la coordination nationale de lutte contre Ebola, cité par Ouest France.
Bunia, une ville au cœur de la crise sanitaire
Bunia, ville de plus de 300 000 habitants, est devenue le symbole de cette crise. Les infrastructures sanitaires y sont sous tension, et les centres de traitement Ebola peinent à absorber l’afflux de patients. Le gouverneur de l’Ituri, Carlos Lacambelwa, a récemment appelé à un renforcement des moyens logistiques et financiers pour faire face à la situation. « Nous avons besoin de plus de personnel médical, de kits de protection et de moyens de transport pour acheminer les échantillons et les patients », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
La présence du Dr Tedros dans la région marque une volonté de l’OMS d’apporter un soutien concret aux autorités locales. Depuis le début de l’épidémie, l’organisation a déjà déployé des centaines d’experts et mobilisé des millions de dollars pour financer la riposte. « L’épidémie en Ituri nécessite une réponse urgente et coordonnée. Nous ne pouvons pas nous permettre de baisser la garde », a insisté le directeur général de l’OMS lors d’un point de presse improvisé à Bunia.
Cette visite du patron de l’OMS intervient alors que les appels à la communauté internationale se multiplient pour éviter une généralisation de l’épidémie. Les pays voisins, notamment l’Ouganda et le Rwanda, ont déjà renforcé leurs dispositifs de surveillance aux frontières. Pour l’instant, aucun cas n’a été signalé en dehors de la RDC, mais la prudence reste de mise.
L’épidémie d’Ebola en Ituri rappelle une fois encore les défis auxquels sont confrontés les systèmes de santé dans les zones de conflit. Sans une mobilisation durable et une amélioration des conditions de sécurité, la maîtrise de cette crise sanitaire semble incertaine à court terme.
Au 30 mai 2026, l’OMS recense 3 245 cas dont 2 110 décès depuis le début de l’épidémie dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Le taux de létalité s’élève à environ 65 %, ce qui en fait l’une des flambées les plus meurtrières des dix dernières années.