La part du dollar américain dans les réserves de change mondiales a enregistré un recul significatif ces derniers mois, tandis que celle de l’or a progressé, comme le rapporte Journal du Coin. Cette tendance, confirmée par les dernières données disponibles, marque un tournant dans la composition des actifs détenus par les banques centrales à l’échelle internationale. Autant dire que le billet vert, pilier du système monétaire mondial depuis des décennies, voit son hégémonie légèrement ébranlée.

Ce qu'il faut retenir

  • La part du dollar dans les réserves mondiales est passée sous la barre des 58 %, son niveau le plus bas depuis plus de deux décennies.
  • L’or représente désormais plus de 1 % des réserves totales, une progression notable après des années de stagnation.
  • Cette évolution coïncide avec une diversification accrue des portefeuilles des banques centrales, notamment en Asie et au Moyen-Orient.
  • Les analystes y voient le signe d’une méfiance croissante envers les monnaies fiduciaires, dans un contexte de tensions géopolitiques et d’inflation persistante.

Un recul historique du dollar dans les coffres des banques centrales

Les dernières statistiques compilées par le Fonds monétaire international (FMI) et relayées par Journal du Coin montrent que la part du dollar américain dans les réserves de change mondiales a chuté à 57,8 % au premier trimestre 2026, contre près de 60 % en 2023. Ce recul, bien que progressif, s’inscrit dans une tendance de long terme. Les banques centrales, notamment celles de Chine et d’Arabie saoudite, ont significativement réduit leurs avoirs en dollars au profit d’autres devises et de l’or. « Cette diversification reflète une volonté de limiter les risques liés à la dépendance exclusive au billet vert », a expliqué un économiste interrogé par Journal du Coin.

L’or, nouvelle star des actifs de réserve ?

Dans le même temps, la part de l’or dans les réserves mondiales a atteint 1,2 %, un niveau inédit depuis 2010. Les achats massifs de métal jaune par les banques centrales en 2024 et 2025 expliquent en grande partie cette hausse. Les pays émergents, en particulier, ont massivement augmenté leurs stocks d’or pour se prémunir contre les fluctuations des monnaies fiduciaires. « L’or reste un actif refuge, surtout dans un contexte où les taux d’intérêt réels restent bas et où l’inflation menace la valeur des devises », a souligné un analyste cité par Journal du Coin.

Cette tendance n’est pas anodine : elle intervient après des années de domination sans partage du dollar dans les réserves mondiales, où il représentait encore 70 % du total en 2000. Aujourd’hui, les banques centrales semblent moins enclines à privilégier une seule monnaie au détriment des autres.

Quelles conséquences pour l’économie mondiale ?

Ce basculement, même s’il reste modéré, pourrait avoir des répercussions sur la stabilité du système monétaire international. Une moindre demande pour le dollar pourrait en effet peser sur sa valeur, avec des conséquences pour les pays endettés en dollars ou dépendants des exportations vers les États-Unis. « Une baisse durable de la demande pour le dollar pourrait fragiliser sa position de monnaie de réserve dominante, surtout si d’autres devises comme le yuan ou l’euro gagnent en attractivité », a précisé un expert en géopolitique économique.

Pour autant, les spécialistes s’accordent à dire que le dollar conserve des atouts majeurs : sa liquidité, la profondeur de ses marchés financiers et la confiance des investisseurs en font encore l’actif le plus recherché. « Le dollar reste irremplaçable à court terme, mais sa part relative pourrait continuer à décliner si les tendances actuelles persistent », a conclu l’économiste interrogé par Journal du Coin.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour confirmer ou infirmer cette tendance. Les décisions des banques centrales d’Asie et du Moyen-Orient, qui détiennent ensemble près de 40 % des réserves mondiales, pourraient accélérer ou freiner ce mouvement. Une prochaine réunion du FMI, prévue en septembre 2026, devrait fournir de nouvelles données sur l’évolution des réserves. Dans l’immédiat, les observateurs surveillent de près les annonces des grandes institutions financières, qui pourraient ajuster leurs stratégies en fonction de cette dynamique.

Une chose est sûre : la diversification des réserves mondiales n’est plus une hypothèse, mais une réalité en marche. Reste à savoir si cette évolution conduira à un système monétaire plus multipolaire ou simplement à un rééquilibrage des risques.

Les banques centrales, notamment celles des pays émergents, augmentent leurs réserves d’or pour se protéger contre l’inflation et les risques de dévaluation des monnaies fiduciaires. L’or est considéré comme un actif refuge, car il conserve sa valeur dans le temps et n’est pas soumis aux politiques monétaires des États. Cette stratégie permet aussi de réduire la dépendance au dollar américain, dont la domination est perçue comme un risque géopolitique.