Selon Le Figaro, le 16 novembre 1897 marque un tournant dans l'affaire Dreyfus, avec la publication d'un article intitulé « L'affaire Dreyfus – un coup de théâtre ». Ce quotidien conservateur et libéral reproduit la lettre du frère du capitaine Dreyfus, Mathieu, adressée la veille au ministre de la Guerre, affirmant que le véritable auteur de l'unique pièce à conviction, un bordereau, qui a conduit à la condamnation de son frère, est un autre officier, le commandant Esterhazy.
C'est le début de l'Affaire Dreyfus, qui va passionner et diviser la France pendant neuf ans. Le capitaine Dreyfus, un officier français juif, a été accusé à tort d'espionnage au profit de l'Allemagne et condamné à la dégradation militaire ainsi qu'à la déportation à perpétuité dans une enceinte fortifiée. Mais à partir de l'automne 1897, ses premiers défenseurs réussissent à se faire entendre et affirment son innocence.
Ce qu'il faut retenir
- Le Figaro publie un article intitulé « L'affaire Dreyfus – un coup de théâtre » le 16 novembre 1897.
- La lettre de Mathieu Dreyfus, frère du capitaine Dreyfus, est reproduite dans l'article, affirmant que le commandant Esterhazy est le véritable auteur du bordereau.
- L'affaire Dreyfus va durer neuf ans et diviser la France.
Le contexte de l'affaire
Le Figaro avait d'abord accueilli en une un long texte très dur de Léon Daudet sur la dégradation publique de l'officier dans la cour des Invalides, intitulé « Le châtiment » (6 janvier 1895). Mais le journal change ensuite de position et publie en une un texte d'Émile Zola intitulé « Pour les Juifs » (16 mai 1896), qui fustige l'antisémitisme.
À l'automne 1897, Le Figaro engage une véritable campagne de presse en faveur du capitaine Dreyfus, reproduisant les déclarations du vice-président du Sénat, Auguste Scheurer-Kestner, qui se dit convaincu de l'innocence de Dreyfus.
La campagne de presse du Figaro
Le journal publie ensuite « le dossier de M. Scheurer-Kestner » (14 novembre 1897) et donne la parole à Mathieu Dreyfus, qui interpelle ainsi publiquement le ministre de la Guerre de l'époque, le général Billot.
Le Figaro se procure et publie des lettres d'Esterhazy où celui-ci exprime son mépris et sa haine pour les Français, ainsi que son estime pour les soldats allemands (28 novembre 1897).
Les conséquences de la campagne
La détermination du Figaro à défendre Dreyfus étonne et lui vaut beaucoup d'attaques. Le journal est accusé d'être vendu à un « syndicat juif » qui s'activerait en coulisse et achèterait les journalistes afin de les rendre favorables au capitaine.
Le Figaro répond aux attaques en publiant un nouveau texte de Zola intitulé « Le Syndicat », qui tourne en ridicule ce poncif antisémite.
En conclusion, l'affaire Dreyfus est un exemple de la lutte pour la vérité et la justice, et le rôle important que peuvent jouer les médias dans la révélation de l'erreur judiciaire.