Selon BFM Business, l'Allemagne pourrait bientôt supprimer les 3 jours d'absence autorisés sans certificat médical. Cette mesure, qui fait partie d'un ensemble de réformes visant à relancer l'activité économique, pourrait être mise en place pour lutter contre l'absentéisme croissant dans le pays. Cependant, des chercheurs estiment que cette mesure ne réglera pas les problèmes de santé mentale et de détérioration des conditions de travail qui sont à l'origine de l'absentéisme.
Ce qu'il faut retenir
- Les employeurs allemands pourront bientôt exiger des certificats médicaux dès le premier jour d'absence.
- Les chercheurs estiment que cette mesure ne réglera pas les problèmes de santé mentale et de détérioration des conditions de travail.
- Les secteurs de la santé, de l'éducation et des services sociaux présentent généralement la plus forte proportion de diagnostics liés à la santé mentale.
Les causes de l'absentéisme
Les salariés allemands ont pris en moyenne environ 22 jours de congé maladie en 2024, soit l'un des niveaux les plus élevés au niveau international. Ce chiffre, fourni par l'association des caisses d'assurance maladie d'entreprise (BKK), a fortement augmenté en 2022 après la mise en place de la déclaration électronique des arrêts maladie.
Les chercheurs spécialisés dans l'étude des maladies, de la santé mentale et du marché du travail font le lien entre l'existence de problèmes graves et les professions où l'absentéisme est élevé, telles que les soins infirmiers, les services d'aide à la personne et l'enseignement. Ils citent ainsi le manque chronique de personnel, les faibles salaires, les perspectives de carrière limitées et une forte implication émotionnelle liée à la nature de leur métier comme facteurs de risque pour la santé mentale dans ces professions.
Les réactions
Le syndicat des services Verdi a estimé que la proposition du gouvernement illustrait une "culture de la méfiance" envers les travailleurs. Les associations de médecins ont quant à elles déclaré que la mesure serait "absolument désastreuse" pour les cabinets médicaux déjà surchargés.
La situation reste à suivre de près pour voir comment les choses évolueront dans les prochaines semaines et mois.