Dans un paysage cinématographique où la Macédoine du Nord tente de se faire une place, le réalisateur Georgi M. Unkovski livre avec « Le garçon qui faisait danser les collines » une œuvre qui peine à dépasser les codes d’un cinéma rural souvent associé au pays. Selon Libération, ce film, malgré une promesse narrative intéressante, s’enlise dans des stéréotypes classiques : un adolescent rêveur, une voisine séduisante et un père au tempérament violent, des archétypes qui rappellent les récits traditionnels des campagnes d’Europe de l’Est.
Ce qu'il faut retenir
- Un potentiel initial porté par une histoire centrée sur un jeune garçon en Macédoine du Nord, où l’on attend une exploration originale des traditions locales.
- Trois personnages centraux aux rôles prévisibles : l’ado idéaliste, la jeune fille du village et le père autoritaire, des figures déjà vues dans de nombreux films similaires.
- Un scénario qui recycle des clichés plutôt que de les transcender, malgré une photographie soignée et des paysages évocateurs.
- Une réalisation signée Georgi M. Unkovski, réalisateur nord-macédonien dont c’est la dernière production en date.
Une intrigue ancrée dans les codes du cinéma rural
« Le garçon qui faisait danser les collines » s’inscrit dans la lignée d’un cinéma qui a longtemps dominé la région, celui des villages isolés, des familles recomposées par les migrations et des rêves d’émancipation brisés par la dureté de la vie rurale. Libération souligne que le film, bien que produit avec des moyens limités, mise sur des éléments visuels forts — les collines verdoyantes, les maisons en pierre, les vêtements traditionnels — pour créer une atmosphère authentique. Pourtant, ces choix esthétiques ne suffisent pas à masquer un scénario qui, d’après la critique, « tombe dans les ornières d’un réalisme convenu ».
Le personnage principal, interprété par un jeune acteur local, incarne ce rêveur dont l’imagination contraste avec la rigidité de son père, campé par un acteur confirmé du théâtre nord-macédonien. Entre les deux, la voisine, jouée par une révélation du cinéma indépendant, incarne l’espoir et la tentation, un trio qui, autant dire que, rappelle les dynamiques classiques du mélodrame social.
Une critique qui questionne l’originalité de l’œuvre
La réception du film par la presse spécialisée en Macédoine du Nord et à l’étranger est mitigée. Si certains critiques saluent la tentative de Unkovski de parler de son pays avec sincérité, d’autres regrettent une narration trop prévisible. Libération cite notamment un critique de Skopje qui résume : « On avait espéré mieux qu’un énième récit sur la fuite des jeunes des campagnes et la rigidité des patriarches. » Pour autant, le film a bénéficié d’une diffusion dans plusieurs festivals européens, dont celui de Thessalonique en 2025, où il a été sélectionné dans la catégorie « Découvertes ».
Le réalisateur, interrogé par Libération lors de la présentation du film à Paris, a expliqué vouloir « montrer la beauté des paysages nord-macédoniens à travers le regard d’un enfant ». Il a ajouté : « Les collines dansent quand on les écoute, pas quand on les domine. » Une phrase qui, si elle sonne poétique, ne suffit pas à convaincre ceux qui attendaient une œuvre plus audacieuse.
Un contexte cinématographique en mutation
La Macédoine du Nord, malgré une production cinématographique modeste, voit émerger une nouvelle génération de réalisateurs. Des films comme « Honeyland » (2019), nominé aux Oscars, ou « Will-o’-the-Wisp » (2022) ont permis au pays de se faire remarquer sur la scène internationale. Pourtant, « Le garçon qui faisait danser les collines » ne semble pas vouloir s’inscrire dans cette lignée. Côté..., il reste ancré dans une tradition narrative qui a fait ses preuves commercialement, mais peu innovante artistiquement.
Bref, ce film illustre les tensions entre ambition artistique et attentes du public. Pour Unkovski, l’enjeu était peut-être de concilier ces deux exigences. Le résultat, selon les premiers retours, penche plutôt du côté de la convention.
Quoi qu’il en soit, cette œuvre confirme que le cinéma nord-macédonien, bien que talentueux, doit encore trouver sa voie entre tradition et modernité.
Oui, bien qu’il ne soit pas encore une figure majeure du cinéma local, Georgi M. Unkovski a déjà réalisé deux longs-métrages et plusieurs courts-métrages primés dans des festivals balkaniques. Son précédent film, « Les Ombres de Bitola », avait été remarqué pour son approche documentaire du quotidien dans une ville du sud du pays.